vendredi 30 octobre 2009

11 septembre : 5 Objets du Scandale




11 septembre : 5 Objets du Scandale

Le 30 septembre 2009, dans son émission « L’objet du scandale » sur France 2, Guillaume Durand organisait un débat sur les attentats du 11 septembre 2001 intitulé : « 11 SEPTEMBRE : POURQUOI LES STARS DOUTENT ».

Ce débat faisait suite aux déclarations du réalisateur Mathieu Kassovitz, qui avait exprimé, dans différents médias, ses doutes sur la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Un véritable lynchage médiatique s’en était suivi, certains commentateurs allant jusqu’à qualifier Kassovitz de « Faurisson du 11 septembre », ce qui entraina une levée de boucliers sur Internet et le dépôt de plaintes pour insulte par l’acteur.

Pour comprendre ce qui peut que se passer dans la tête des gens qui ne croient plus à la version officielle du 11 Septembre, Guillaume Durand avait invité quatre intervenants censés expliquer aux téléspectateurs de France 2 en quoi les doutes des sceptiques étaient absolument sans fondement.

Il ne s’agissait donc pas d’un débat contradictoire, la version officielle du 11 Septembre étant d’emblée considérée comme acquise.

Guillaume Durand avait choisi d’aborder 5 points régulièrement contestés par les sceptiques de la version officielle.

L'association citoyenne ReOpen911, qui milite en France pour la réouverture de l'enquête sur les attentats du 11 septtembre 2001, a choisi de se pencher à son tour sur 5 points de l’émission de Guillaume Durand qui, pour chacun d’entre eux, pourraient bien représenter un « objet du scandale »…

Dans cette vidéo, les enquêteurs citoyens procèdent à un démontage objectif de quelques contre-vérités flagrantes, et portent à la connaissance du public un certain nombre d'éléments factuels et vérifiables, mais souvent passés sous silence par les grands médias.

L'analyse de ReOpen911 réussit là où les experts de Guillaume Durand échouent, et l'on comprend effectivement mieux au terme des 25 minutes de cette vidéo pourquoi non seulement les stars, mais aussi des dizaines de millions de personnes à travers le monde, ne croient plus à la version officielle du 11 Septembre.

1gus pour ReOpen911

vendredi 23 octobre 2009

11 septembre : pourquoi tant de gens se posent des questions ?

Retour sur les commentaires et interviews en direct à la télévision le 11 septembre 2001.
Les médias ont tout vu, les témoins ont tout dit.

samedi 17 octobre 2009

Elvis Presley est plus vivant aujourd'hui qu'Oussama Ben Laden


Reprise d'un article paru le 11 septembre 2009 dans le quotidien londonien "The Daily Mail", dans l'excellente traduction de Mounadil Al Djazaïri.

Comme le dit très bien le blogueur de Vénissieux, l'interrogation sur la mort probable de Ben Laden depuis de longues années prend de l'ampleur dans le monde anglo-saxon, même si elle n'est absolument pas relayée par les médias français :

" L'époque où la propagande néoconservatrice tendait à dominer toute la sphère médiatique tend vers sa fin. C'est du moins ainsi que je comprends la parution d'un certain nombre d'articles (pas en France je vous rassure) qui remettent en cause des vérités qu'on pouvait croire officielles.

Le Daily Mail de Londres semble être en pointe dans ce domaine et la raison est à rechercher dans la situation politique britannique elle-même. Traditionnellement proche du parti Conservateur, le Mail participe bien volontiers à l'opération de tri des reliquats du blairisme, cette forme de travaillisme ou social-démocratie qui a fait alliance corps (ceux des cadavres des soldats britanniques) et âme (celle de Tony Blair) avec les néoconservateurs US et le sionisme.

Gordon Brown, le successeur de M. Blair, n'a pas l'âme justement d'un prophète du néoconservateur et son assise politique est d'ailleurs chancelante. Les conservateurs Britanniques ont peut-être compris qu'il était temps de sortir des pièges dans lesquels le Royaume Uni s'est fourvoyé, des pièges coûteux en hommes, en argent sans parler d'une armée qui peine à faire face aux desiderata des Etats Unis.

Quoi qu'il en soit, le Daily Mail nous livre un article informé sur la qualité de vivant ou de mort d'Oussama Ben Laden."

Mounadil Al Djazaïri


Oussama Ben Laden est-il mort il y a sept ans – et les USA et la Grande-Bretagne ne cachent-ils pas ce fait pour continuer la guerre contre la terreur ?

(Has Osama Bin Laden been dead for seven years - and are the U.S. and Britain covering it up to continue war on terror ?)

Par SUE REID - Daily Mail (Royaume-Uni) - Dernière mise à jour à 10:59, le 11 septembre 2009 - Traduit de l'anglais par Djazaïri

La dernière fois que nous l'avons entendu grincer des dents, c'était le 3 juin de cette année.

Le plus célèbre des terroristes internationaux avait damé le pion à l'Amérique en diffusant un message de menaces au moment où Air Force One atterrissait sur le sol d'Arabie Saoudite pour le début de la première tournée si applaudie de Barack Obama au Moyen Orient.

Avant même que le nouveau président pose le pied à l'aéroport de Riad pour serrer la main du Prince Abdullah, les paroles de Ben Laden étaient retransmises à la radio, à la télévision et par Internet sur tous les continents.

Photo authentifiée : Oussama Ben Laden en Octobre 2001

C'était un nouvel effet de propagande pour le chef d'al Qaïda âgé de 52 ans. Dans la bande audio transmise à la chaîne d'informations arabe Al Jazeera, Ben Laden disait que l'Amérique et ses alliés occidentaux étaient en train de semer les germes de la haine dans le monde musulman et méritaient d'en subir les conséquences désastreuses.

C'était le genre de diatribe que nous avions déjà entendu de sa part, et la réponse des services de renseignements britanniques et étatsuniens était toute aussi prévisible.

Ils mettaient l'accent sur le fait que des détails de l'enregistrement, sur la visite présidentielle et d'autres événements contemporains, prouvaient que le cerveau du 11 septembre, la pire atrocité terroriste jamais subie par les USA, était encore vivant – et que sa traque devait continuer.

Ben Laden a toujours été accusé d'avoir orchestré l'horrible attentat – qui a coûté la vie à près de 3000 personnes – depuis huit ans cette semaine. Le président George W. Bush avait fait de sa capture une priorité nationale, promettant honteusement comme à la belle époque de l'ouest sauvage de le prendre "mort ou vif".

Le Département d'Etat US offrait une récompense de 50 millions de dollars pour connaître son repaire. Le FBI l'avait désigné comme un des dix fugitifs les "plus recherchés", demandant à la population de faire attention à un homme à la barbe grisonnante, gaucher et qui marche avec une canne.

Ce maître du terrorisme reste pourtant insaisissable. Il a échappé à la plus vaste et coûteuse chasse à l'homme de l'Histoire, qui s'est étirée à travers le Waziristan, ces 2500 km de terres montagneuses inhospitalières aux confins de l'Afghanistan et du Pakistan.

Sans se décourager, Barack Obama a lancé une nouvelle opération pour le trouver. Travaillant avec l'armée pakistanaise, des unités d'élite étatsuniennes et des forces spéciales britanniques ont été envoyées au Waziristan cet été pour "traquer et tuer" ce personnage flou que ces agents du renseignement désignent toujours comme "le principal objectif" de la guerre contre la terreur.

Cette nouvelle offensive est basée, bien entendu, sur la prémisse que le terroriste du 11 septembre est vivant. Après tout, il y a pléthore "d'enregistrements de Ben Laden" pour le prouver.

Et si cependant ce n'était pas le cas ? S'il était mort depuis des années et que les services secrets britanniques et étasuniens nous jouaient en réalité un double bluff ?

Et si tout ce que nous avons vu ou entendu de lui sur des bandes sonores ou vidéos depuis les premiers jours d'après le 11 septembre était faux – et que les alliés occidentaux le maintenaient en "vie" pour encourager le soutien à la guerre contre la terreur ?

C'est incroyable, mais c'est la théorie ahurissante qui gagne du terrain chez les commentateurs politiques, chez de respectables universitaires et même auprès de spécialistes du terrorisme.

Certes, il y a eu plusieurs théories conspirationnistes au sujet du 11 septembre, et ce pourrait en être une de plus.

Mais le poids des opinions qui penchent maintenant pour l'hypothèse que Ben Laden soit mort – et l'accumulation des indices qui la soutiennent – rend cette notion au moins digne d'examen.

La théorie avait d'abord été rendue publique au début de cette année par le magazine American Spectator et l'affirmation sans appel d'Angelo M. Codevilla, le rédacteur en chef, professeur de relations internationales à l'université de Boston et ancien officier du renseignement : "Tout suggère qu'Elvis Presley est plus vivant aujourd'hui qu'Oussama Ben Laden."

Bin Laden a initialement insisté dans ses déclarations officielles n'avoir joué aucun rôle dans le 11 septembre

Le professeur Codevilla soulignait des incohérences dans les vidéos et affirmait qu'on n'avait aucun élément d'observation fiable sur Ben Laden depuis des années (par exemple, toutes les interceptions de communications du chef d'al Qaïda ont soudainement cessé en 2001).

Le professeur Codevilla assurait : "Les bandes sonores et vidéos attribuées à Oussama n'ont jamais convaincu l'observateur impartial. Le type [sur les vidéos, NdT] ne ressemble tout simplement pas à Oussama. Certaines vidéos le montrent avec un nez sémitique, aquilin, tandis que d'autres le montrent avec un nez plus court et plus large. A côté de ça, les différences de couleurs et de styles de barbes ne sont que des broutilles."

Il y a d'autres sceptiques. Le plus grand spécialiste de Ben Laden, le professeur Bruce Lawrence, chef du département d'études religieuses de l'université de Duke, soutient que le langage de plus en plus profane dans les bandes sonores et vidéos d'Oussama (ses premières étaient truffées de références à Dieu et au prophète Mohamed) ne cadre pas avec le caractère strict de son Islam, le Wahhabisme.

Il note que, dans une vidéo, Ben Laden porte des bagues en or sur les doigts, un ornement prohibé chez les adeptes du wahhabisme.




Ben Laden en 1998 (l) et, soit-disant, en 2002 : les sceptiques ont mis en évidence un nez plus épais et la bague sur sa main droite comme les preuves qu'il s'agit d'un imposteur.








De nouvelles questions ont été soulevées cette semaine avec la publication aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne d'un livre intitulé "Oussama Ben Laden : mort ou vivant ?"

Ecrit par le professeur David Ray Griffin, philosophe et essayiste politique, ancien professeur émérite à la faculté de théologie de Claremont en Californie, il provoque une onde de choc – car il examine dans tous ses détails la mort supposée de Ben Laden et suggère qu'il y a eu dissimulation par l'Occident.

Le livre affirme que Ben Laden est mort d'une défaillance rénale ou d'une affection en rapport le 13 décembre 2001 alors qu'il vivait dans les montagnes afghanes de Tora Bora près de la frontière avec le Waziristan.

Son enterrement a eu lieu dans les 24 heures, conformément au rite musulman, et dans une tombe anonyme, ce qui est la coutume wahhabite.

L'auteur insiste pour dire que de nombreux enregistrements de Ben Laden réalisés depuis cette date ont été concoctés par l'Occident pour que le monde croie que Ben Laden est vivant. Le but ? Relancer un soutien déclinant à la guerre contre la terreur en Irak et en Afghanistan.

Pour comprendre la thèse de Griffin, nous devons nous remémorer la réaction de l'Occident au 11 septembre, cette journée ensoleillée fatidique de 2001. En l'espace d'un mois, les USA et le Royaume-Uni avaient lancé des représailles aériennes massives dans la région de Tora Bora où, selon eux, Ben Laden vivait en tant que "invité de l'Afghanistan".

Cette offensive militaire ignorait le fait que Ben Laden avait auparavant dit nettement et à quatre reprises dans des déclarations officielles d'al Qaïda à la presse arabe qu'il n'avait joué aucun rôle dans le 11 septembre.

En fait, à la quatrième occasion, le 28 septembre, une quinzaine de jours après l'atrocité, il avait déclaré avec force : "J'ai déjà dit ne pas être impliqué. En tant que Musulman, je fais de mon mieux pour éviter de dire un mensonge. Je n'en ai pas eu connaissance... Je ne considère pas non plus le fait de tuer des enfants, des femmes et d'autres êtres humains innocents comme un acte digne d'estime."

Dans les heures du 7 octobre marquées par les bombardements US sur Tora Bora, Ben Laden fit, pour la première fois, son apparition sur une bande vidéo. Habillé en treillis militaire et portant une coiffe islamique, un fusil d'assaut était posé derrière lui, dans une cache montagnarde bien éclairée. Fait significatif, il avait l'air pâle et amaigri.

Même s'il avait qualifié le président George W. Bush de "chef des infidèles" et avait vilipendé les Etats Unis, il avait une fois encore rejeté toute responsabilité pour le 11 septembre.

'L'Amérique a été frappée par Dieu dans un de ses points les plus sensibles. L'Amérique est emplie de crainte, du nord au sud, d'est en ouest. Dieu en soit remercié."

Puis vint une nouvelle bande vidéo le 3 novembre 2001. A nouveau, un Ben Laden affaibli fustigeait les Etats Unis. Il demandait instamment aux vrais Musulmans de célébrer les attentats – mais ne reconnaissait à aucun moment avoir été impliqué dans cette atrocité.

Puis ce fut le silence jusqu'au 13 décembre 2001 – date à laquelle Ben Laden est décédé selon Griffin. Le même jour, le gouvernement US diffusait une nouvelle vidéo du chef terroriste. Dans l'enregistrement, Ben Laden contredisait ses dénégations précédentes et admettait soudain son implication dans les atrocités du 11 septembre.

On rapporte que l'enregistrement avait été trouvé par des soldats US au domicile d'un particulier à Jalalabad en Afghanistan après la prise de la ville par des forces anti-Talibans. Une étiquette fixée dessus la datait du 9 novembre 2001.

La bande montre Ben Laden en conversation avec un cheikh de passage. Il y affirme clairement que non seulement il était au courant à l'avance des atrocités du 11 septembre mais qu'il en avait planifié les moindres détails personnellement.

Quelle aubaine pour les autorités occidentales ! Le terroriste se repositionnait dans le schéma du 11 septembre. Le Washington Post citait des officiels Etasuniens qui affirmaient que la vidéo "apporte la preuve la plus convaincante d'un lien entre Ben Laden et les attentats du 11 septembre."

Un président Bush euphorique ajoutait : "Quant à ceux qui voient cet enregistrement, ils réalisent que non seulement il est coupable d'un meurtre incroyable, mais qu'il est dépourvu de conscience et d'âme."

A Londres, Downing Street affirmait que la vidéo était une "preuve concluante de son implication." Le ministre des affaires étrangères de l'époque, Jack Straw, ajoutait : "Nul doute que c'est la pure vérité. Les gens peuvent y voir Ben Laden reconnaître absolument froidement sa culpabilité pour l'organisation des atrocités du 11 septembre."

Pourtant, le professeur Griffin affirme que cette vidéo "confession" pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses. Pour commencer, Ben Laden dans ce témoignage filmé capital a l'air différent.

C'est un homme corpulent à la barbe noire, pas grisonnante. Son teint pâle est devenu tout à coup plus mat, et son nez a une forme différente. Ses mains d'artistes, aux doigts effilés se sont transformées en celles d'un boxeur. Il a l'air en trop bonne santé.

En outre, on peut y voir Ben Laden écrire un mot de la main droite alors qu'il est gaucher. Tout aussi bizarre, il fait des déclarations sur le 11 septembre qui, selon Griffin, n'auraient jamais pu sortir de la bouche du véritable Ben Laden – un homme diplôme en ingénierie qui a fait fortune (avant d'évoluer vers le terrorisme) dans l'industrie du bâtiment au Moyen Orient.

Par exemple, le chef d'al Qaïda claironne que beaucoup plus de personnes ont péri le 11 septembre qu'il ne l'avait prévu. Il poursuit : "En raison de mon expérience dans ce domaine, je pensais que l'explosion du carburant de l'avion ferait fondre la structure de fer de l'immeuble et s'effondrer seulement la zone d'impact de l'avion et les étages situés au dessus. C'était tout ce que nous espérions." (en réalité, les tours jumelles se sont complètement effondrées).

Des paroles du vrai Ben Laden ? Non, déclare Griffin. "Compte tenu de son expérience dans le BTP, il aurait dû savoir que les tours jumelles avaient une structure en acier, pas en fer", dit-il.

"Il aurait dû aussi savoir que l'acier et le fer ne fondent pas à moins de 1538 degrés Celsius. Encore qu'un incendie d'immeuble alimenté par du carburant d'avion est un feu hydro carbonique qui ne pourrait pas atteindre plus de 982 degrés Celsius."

Dans son livre explosif, Griffin affirme que cet enregistrement est un faux, et il va encore plus loin.

"Une raison pour soupçonner que tous les enregistrements post-2001 de Ben Laden sont des fabrications est qu'elles sont souvent apparues à des moments qui redonnaient du tonus à la présidence de Bush où renforçaient une déclaration du premier ministre britannique Tony Blair, son allié dans la "guerre contre la terreur"."

"L'enregistrement confession était arrivé juste au moment où Bush et Blair avaient échoué à prouver la responsabilité de Ben Laden pour le 11 septembre alors que les deux hommes tentaient de rallier le soutien de l'opinion publique internationale, notamment dans le monde musulman, à la campagne anti-terroriste."

Griffin suggère que les gouvernements occidentaux ont utilisé des technologies d'effets spéciaux très sophistiqués pour mettre en séquences des images et des enregistrements sonores de Ben Laden.

Alors, si ce sont des faux, pourquoi al Qaïda est-elle restée silencieuse à ce sujet ? Et qu'est-il arrivé exactement au véritable Ben Laden ?

La réponse à la première question peut être que l'organisation terroriste informe est heureuse de mener sa propre guerre de propagande alors que ses soutiens déclinent – et profite du mythe selon lequel son dirigeant charismatique est encore vivant pour encourager des ralliements à sa cause.

Quant à ce qu'il est advenu de lui, des allusions à l'insuffisance rénale de ben Laden, où à l'éventualité qu'il soit mort, apparurent le 19 janvier 2002, quatre mois après le 11 septembre.

C'était quand le président pakistanais Pervez Musharraf a déclaré sur la chaîne américaine d'informations CNN : "Franchement, je pense maintenant qu'il est mort car il est malade des reins. Les images le montrent extrêmement affaibli."

Dans son livre, le professeur Griffin approuve également cette théorie. Il explique que Ben Laden avait été soigné pour une infection urinaire, souvent associée à une maladie rénale, à l'hôpital américain de Dubaï en juillet 2001, deux mois avant le 11 septembre. Dans le même temps, il avait commandé une machine de dialyse à livrer en Afghanistan.

Comment Ben Laden, en fuite dans des grottes au milieu de montagnes enneigées, aurait-il pu utiliser la machine que beaucoup s'accordent à considérer comme essentielle pour le maintenir en vie ? Des médecins cités par Griffin sur ce sujet pensent que ce devait être impossible.

Il aurait fallu qu'il reste dans un lieu avec une équipe médicale, des conditions d'hygiène et un programme de maintenance régulier pour l'unité de dialyse elle-même.

Et quid de cette info, une brève parue le 26 décembre 2001 dans le journal égyptien Al-Wafd ? Elle disait qu'un haut responsable du gouvernement taliban afghan avait annoncé qu'Oussama Ben Laden avait été enterré le 13 décembre ou vers cette date.

"Il souffrait de graves complications et il est décédé d'une mort naturelle et paisible. Il a été enterré à Tora Bora, en présence de trente miliciens d'al Qaïda, de proches parents et d'amis talibans. Selon la coutume wahhabite, aucun signe distinctif n'a été laissé sur la tombe." disait l'article.

Le responsable Taliban, dont le nom n'était pas cité, déclarait triomphalement avoir vu le visage de Ben Laden dans son linceul. "Il avait l'air pâle mais calme, détendu et confiant."

C'était Noël à Washington et à Londres, et l'article fut à peine mentionné. Depuis, des enregistrements de Ben Laden sont sortis avec la régularité d'un métronome et des centaines de millions ont été dépensés et beaucoup de sang versé dans la traque dont il fait l'objet.

Ben Laden a été l'élément central de la "guerre [de l'occident] contre la terreur". Serait-il possible que, depuis des années, il n'ait été qu'un écran de fumée ?

samedi 10 octobre 2009

Les Confessions d'un Terroriste Anglais

Un texte de John Le Carré, paru dans Le Monde en 2003.
Malheureusement, toujours d'actualité...

Confessions d'un terroriste
par John Le Carré

LE MONDE | 18.01.03 | 14h34

Point de vue


L'accès de folie que connaît l'Amérique est, à mes yeux, le pire de tous ceux qui jalonnent son histoire : pire que le maccarthysme, pire que la baie des Cochons, et potentiellement plus catastrophique à long terme que la guerre du Vietnam.

La réaction au 11 septembre 2001 doit dépasser les espoirs les plus fous d'Oussama : comme à l'époque de McCarthy, les droits et les libertés publiques que le monde entier envie à l'Amérique se voient systématiquement grignotés.

La traque des ressortissants étrangers sur le sol américain se poursuit sans fléchir. Les "permis de séjour" d'origine nord-coréenne et moyen-orientale disparaissent dans des prisons secrètes sur des accusations secrètes émises en secret par des juges. Les Palestiniens résidant aux Etats-Unis, jadis déclarés apatrides et donc non extradables, sont aujourd'hui remis à Israël pour "réimplantation" à Gaza et en Cisjordanie, où ils n'avaient peut-être jamais mis les pieds.

La Grande-Bretagne joue-t-elle le même jeu ? C'est fort probable. Une petite trentaine d'années, et nous finirons par avoir le droit de savoir.

Une fois encore, la complaisance des médias américains conjuguée au souci de certains intérêts commerciaux fait qu'un débat qui devrait faire rage sur chaque place de village se trouve relégué dans les colonnes élitistes de la presse de la Côte est : "Voyez le cahier A, page 27, si vous arrivez à la trouver et à la comprendre."

Jamais gouvernement américain n'a si farouchement caché son jeu. Faut-il que le secret soit bien gardé pour que les services de renseignement eux-mêmes soient dans le noir (rappelez-vous : c'est à ces organisations que nous devons le plus cuisant échec de l'histoire du renseignement : le 11 septembre 2001) !

La guerre qui menace a beau avoir été planifiée des années avant qu'Oussama Ben Laden ait frappé, c'est néanmoins lui qui l'a rendue possible. Sans lui, la junte bushienne en serait encore à tenter de se justifier sur des sujets aussi épineux que le mystère de son élection, pour commencer ; l'affaire Enron ; son favoritisme honteux à l'égard des déjà-trop-riches ; son indifférence irresponsable envers les pauvres du monde entier, l'environnement et une pléiade de traités internationaux abrogés unilatéralement ; sans compter la caution apportée aux incessantes violations des résolutions de l'ONU par Israël.

Mais Oussama a balayé tout cela sous le tapis fort commodément. Les pro-Bush ont le vent en poupe. 88 % des Américains veulent la guerre, paraît-il. Après une nouvelle rallonge de 60 milliards, le budget de la défense américain atteint les 360 milliards de dollars. Une merveilleuse nouvelle génération d'armes nucléaires américaines est en gestation, conçue pour répliquer aux armes nucléaires, chimiques ou biologiques détenues par les "Etats voyous". Donc, nous pouvons tous respirer.

Non contente de décider unilatéralement de qui peut ou non détenir ces armes, l'Amérique s'est adjugé le droit de déployer à son gré ses armes nucléaires, où et quand ses intérêts, ses amis ou ses alliés lui semblent menacés.

Reste à savoir qui ces amis et alliés seront dans les années à venir, et, comme souvent en politique, cela est loin d'être évident. On se fait de gentils amis et alliés, donc on les arme jusqu'aux dents, et puis, un jour, ils cessent d'être des amis et alliés, alors on leur balance une bombe atomique.

Il convient d'avoir à l'esprit la lenteur et la pondération avec lesquelles le gouvernement américain a soupesé l'option de bombarder l'Afghanistan au lendemain du 11 septembre. Heureusement pour nous tous, mais surtout pour les Afghans, dont la complicité dans les attentats était bien moindre que celle du Pakistan, il s'est restreint à 25 000 tonnes de bombes antipersonnel "conventionnelles", qui, au total, n'ont guère fait plus de dégâts qu'une petite bombe atomique, de l'avis général.

Mais, la prochaine fois, ce sera du sérieux.

Cette guerre que disent soutenir 88 % des Américains est de nature beaucoup plus délicate à cerner. Une guerre de quelle durée, je vous prie ? A quel coût en vies américaines ? A quel coût pour le contribuable américain ? A quel coût (car la plupart de ces 88 % d'Américains sont parfaitement respectables et humanistes) en vies irakiennes ? Même s'il s'agit sans doute aujourd'hui d'un secret d'Etat, l'opération "Tempête du désert" a coûté à l'Irak deux fois plus de vies humaines que toute la guerre du Vietnam à l'Amérique.

Que Bush et sa clique aient réussi à détourner la colère des Américains d'Oussama Ben Laden sur Saddam Hussein constitue l'un des plus beaux tours de passepasse de l'histoire de la communication. Succès total. Selon un récent sondage, un Américain sur deux tient aujourd'hui Saddam Hussein pour responsable de l'attentat contre le World Trade Center.

Ainsi manipulée, mais aussi menacée, intimidée, harcelée, maintenue dans un état permanent d'ignorance et de peur, la population américaine s'assujettit aux autorités. Avec un peu de chance, cette névrose savamment orchestrée devrait offrir les prochaines élections sur un plateau à Bush et à ses affidés.

Tous ceux qui ne sont pas avec M. Bush sont contre lui. Pis encore (cf. son discours du 3 janvier), ils sont avec l'ennemi. Ce qui est bizarre, parce que je suis aussi farouchement opposé à Bush qu'impatient de voir tomber Saddam – mais pas selon les conditions et les méthodes de Bush. Et pas sous la bannière d'une hypocrisie aussi éhontée.

Le colonialisme américain à l'ancienne est sur le point de déployer ses ailes d'acier au-dessus de nos têtes. Les "Américains bien tranquilles" infiltrant des communautés sans méfiance sont plus nombreux qu'au plus fort de la guerre froide.

L'aspect le plus écœurant de cette surréaliste guerre annoncée est peut-être la tartuferie religieuse qui enverra les troupes américaines au combat. Bush a la mainmise sur Dieu.

Et Dieu a des opinions politiques bien précises.

Dieu a confié à l'Amérique le soin de sauver le monde par tout moyen qu'elle jugera bon.

Dieu a fait d'Israël la clef de voûte de la politique américaine au Moyen-Orient, et quiconque y trouve à redire est :

a) antisémite ;

b) antiaméricain ;

c) avec l'ennemi et

d) terroriste.

Dieu a aussi de méchantes relations. En Amérique, où tous les hommes sont égaux à Ses yeux sinon aux yeux les uns des autres, la famille Bush compte un président, un ex-président, un ancien chef de la CIA, le gouverneur actuel de la Floride et l'ancien gouverneur du Texas. Bush senior a quelques bonnes guerres à son actif et la réputation méritée d'avoir frappé les pays satellites désobéissants de la foudre de l'Amérique. Parmi les petites guerres qu'il a lancées de sa propre initiative, celle contre son ancien copain de la CIA, Manuel Noriega du Panama, qui l'avait bien servi pendant la guerre froide mais a fini par prendre la grosse tête.

Voilà ce qu'on appelle le pouvoir à l'état brut, et les Américains le savent.

Quelques indices ?

George W. Bush, 1978-1984 : cadre supérieur dans la société pétrolière Arbusto-Bush Exploration. 1986-1990 : cadre supérieur dans la société pétrolière Harken.

Dick Cheney, 1995-2000 : président-directeur général de la société pétrolière Halliburton.

Condoleezza Rice, 1991-2000 : cadre supérieur dans la société pétrolière Chevron, qui a donné son nom à un pétrolier.

Et cetera.

Mais aucune de ces petites collusions n'entache l'intégrité de l'œuvre de Dieu. On ne plaisante pas avec les vraies valeurs. Et on sait où vos enfants vont à l'école.

En 1993, l'ancien président George Bush séjournait en libérateur dans l'émirat si démocratique du Koweït pour y collecter les remerciements quand quelqu'un a essayé de l'assassiner. Or, selon la CIA, ce "quelqu'un" était Saddam Hussein. D'où le cri de Bush junior : "Le monsieur, il a voulu tuer mon papa."

Mais cette guerre n'en est pas pour autant personnelle, non ! Elle est nécessaire, elle constitue l'œuvre de Dieu et elle vise à apporter la liberté et la démocratie au pauvre peuple irakien opprimé.

Pour devenir un membre acceptable de l'équipe Bush, il faut aussi croire au Bien absolu et au Mal absolu, apparemment, et Bush, efficacement secondé par ses amis, sa famille et Dieu, est là pour nous aider à distinguer l'un de l'autre. (Il me semble d'ailleurs que c'est Mal d'avoir écrit cette remarque, mais il faudrait que je vérifie.)

Ce que Bush se refuse à nous dire, en revanche, c'est la véritable raison pour laquelle nous partons en guerre. L'enjeu n'est pas l'Axe du mal, c'est le pétrole, l'argent et des vies humaines. Saddam, pour son malheur, est assis sur le deuxième plus grand champ pétrolifère du monde. Son voisin l'Iran posséderait les plus grandes réserves mondiales de gaz naturel. Or, Bush veut mettre la main sur les deux, et ceux qui l'y aideront recevront leur part du gâteau. Pas les autres.

Si Saddam n'avait pas de pétrole, il pourrait torturer et assassiner ses compatriotes à sa guise. D'autres dirigeants le font tous les jours (pensez à la Turquie, à la Syrie, à l'Egypte, au Pakistan), mais eux sont nos amis et alliés.

Je soupçonne fort que Bagdad ne représente en fait aucun "danger immédiat" pour ses voisins, et encore moins pour l'Amérique et la Grande-Bretagne. Les armes de destruction massive, si Saddam en possède encore, ne feront pas le poids face aux jolis joujoux qu'Israël ou l'Amérique peuvent lui expédier en moins de cinq minutes.

L'enjeu n'est pas une menace militaire ou terroriste imminente, mais l'impératif économique de la croissance américaine.

L'enjeu est le besoin qu'éprouve l'Amérique de faire la démonstration de sa suprême puissance militaire à nous tous – à l'Europe, la Russie et la Chine, à la pauvre petite Corée du Nord prise de folie et au Moyen-Orient –, le besoin de montrer qui gouverne l'Amérique au pays et qui doit être gouverné par l'Amérique à l'étranger.

L'analyse la plus charitable du rôle joué par Tony Blair dans toute cette histoire est qu'il ait cru pouvoir chevaucher le tigre à seule fin de le manœuvrer. Peine perdue. Au lieu de cela, il lui a donné une légitimité factice et une voix douce. Et je crains que ce même tigre ne l'ait désormais acculé dans un coin pour de bon. Ironie du sort, George W. lui-même se sent peut-être un petit peu dans la même situation.

Dans la Grande-Bretagne à parti unique, Blair a été élu aux plus hautes fonctions de l'Etat par environ un quart de l'électorat en raison d'une participation médiocre. A supposer la même apathie citoyenne et la même prestation lamentable des partis d'opposition aux prochaines élections, Blair ou son successeur obtiendront de nouveau le pouvoir absolu avec une proportion encore plus faible des inscrits.

Summum du ridicule : alors même que le discours de Blair l'a envoyé dans les cordes, aucun des deux leaders de l'opposition britannique ne peut lui porter le moindre coup. C'est là le drame de la Grande-Bretagne autant que celui de l'Amérique : le gouvernement saborde sa crédibilité à force de mensonges et de boniments, la prétendue alternance parlementaire se contente de briguer sa casquette, et les électeurs, eux, leur tournent tout simplement le dos. Les politiciens sont incapables d'admettre que nous ne sommes pas dupes.

En Grande-Bretagne, la question n'est donc pas de savoir quel parti formera un gouvernement après le désastre qui s'annonce, mais qui en sera le chef.

Pour Blair, point de survie politique possible hors une mobilisation internationale et un sursaut improbable de l'ONU à la dernière minute qui forceraient Bush à rengainer sans coup férir. Mais qu'arrivera-t-il si le plus grand cow-boy du monde rentre bredouille, sans la tête du tyran ?

La pire hypothèse pour Blair serait que, avec ou sans l'ONU, il nous entraîne dans une guerre qui aurait pu être évitée, si tant est que la volonté de négocier sérieusement ait jamais existé – une guerre qui n'a pas plus fait l'objet d'un débat démocratique en Grande-Bretagne qu'en Amérique.

Ce faisant, Blair aura contribué à provoquer des représailles d'une ampleur imprévisible, de profondes dissensions en Angleterre et des troubles dans tout le Moyen-Orient, mais il aura aussi détérioré pour des décennies à venir nos relations avec l'Union européenne et le Moyen-Orient. Vive la politique étrangère éthique !

Il y a bien une solution intermédiaire, mais elle n'est pas facile : Bush fonce sans l'approbation de l'ONU et Blair reste au vestiaire. Et là, adieu la "relation spéciale" !

Les remugles de pharisaïsme qui empestent l'Amérique ne sont pas sans rappeler les plus tristes heures de l'Empire britannique, et j'ai honte quand j'entends mon premier ministre justifier par d'onctueux sophismes de premier de la classe une expédition ouvertement colonialiste.

Si cette guerre se déclare, nous la mènerons dans le but de protéger la feuille de vigne de notre relation spéciale avec l'Amérique et de récupérer notre part du gâteau pétrolier, mais aussi parce que, après toutes ces démonstrations publiques d'affection à Washington et Camp David, Blair ne peut pas se défiler devant l'autel.

"Mais Papa, est-ce qu'on va gagner ?

– Bien sûr, mon enfant. Ce sera fini avant même que tu te réveilles.

– Pourquoi ?

– Parce que, sinon, ça va énerver les électeurs de M. Bush et ils risqueraient de ne pas voter pour lui, finalement.

– Mais est-ce qu'il y aura des morts, Papa ?

– Personne que tu connaisses, mon chéri. Rien que des étrangers.

– Je pourrai tout regarder à la télévision ?

– Seulement si M. Bush est d'accord.

– Et après, tout redeviendra normal ? Personne ne fera plus jamais de choses horribles ?

– Chut, mon enfant. Dors."

Vendredi dernier en Californie, un de mes amis américains s'est rendu en voiture au supermarché du coin, avec sur son pare-chocs un autocollant qui disait : "La paix, c'est patriotique aussi". Le temps qu'il ait fait ses courses, l'autocollant avait été arraché.

Traduit de l'anglais par

Isabelle Perrin

©David Cornwell 2003.


John Le Carré est écrivain.
Ce texte est la version augmentée d'une intervention dans le débat sur la crise irakienne publiée sur le site d'openDemocracy : http://www.opendemocracy.net/

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19.01.03


jeudi 24 septembre 2009

Le 11-Septembre et la Spirale du Silence


Par Taïké Eilée


Le huitième anniversaire du 11-Septembre fut marqué, comme
le précédent, du sceau de la polémique, et Mathieu Kassovitz fut, cette année, notre victime expiatoire. Sacrifiée pour l’exemple. Dans le même temps, le journaliste Bruce Toussaint nous laissa entendre qu’il avait tout compris du 11-Septembre. On l’appelle désormais l’Oracle de Canal. Kassovitz n’avait qu’à le consulter avant d’aller l’ouvrir chez Taddeï... Plus sérieusement, comment comprendre la sévérité de nos médias face à la sortie du sceptique Kassovitz ? Quel mécanisme permet d’en rendre compte ? Et quelle attitude, justement, les sceptiques doivent-ils adopter s’ils veulent sortir de ce conflit, qui les oppose aux médias, par le haut ? Ces derniers jours nous ont permis de nourrir une petite analyse à ce propos.

La critique qui suit n’épargne aucun camp, et seuls ceux qui n’ont pas la vérité comme seul horizon en seront, j’imagine, irrités.



La sortie du livre d’Eric Raynaud sur les Vérités cachées du 11-Septembre aurait pu être l’occasion d’un grand débat en France, à la manière dont la télévision russe en avait organisé un l’an dernier. En guise de débat, nous eûmes droit - c’est une habitude - à de la polémique stérile. Et à une formidable chasse aux sorcières dont, cette année, après Marion Cotillard et Jean-Marie Bigard, le réalisateur Mathieu Kassovitz fit les frais. Son crime : avoir considéré, en direct sur France 3, que l’on devait continuer à se questionner sur le 11-Septembre, au regard de nombreuses bizarreries et zones d’ombre, et que ce travail devait se faire à la télévision, et pas seulement sur Internet.


"C’est votre droit de ne pas nous le répéter"

Inutile de revenir en détail sur le lynchage dont le cinéaste fut l’objet (une compilation vidéo en fait déjà le tour). On en soulignera simplement le caractère odieux lorsque les journalistes Renaud Revel (L’Express) et Nathalie Levy (France 5) comparèrent Mathieu Kassovitz au négationniste Robert Faurisson.

On n’oubliera pas non plus comment Nicolas Poincaré (France Info) essaya de piéger Frédéric Taddeï, l’animateur de Ce Soir ou jamais, lieu du "scandale", en tentant de lui faire dire - en vain - qu’il était d’accord avec son invité : "Merci Frédéric Taddeï, même si vous n’avez pas voulu nous dire le fond de votre pensée, moi j’avais l’impression en vous regardant un peu, que vous aviez l’air un peu d’accord avec Mathieu Kassovitz, mais c’est votre droit de ne pas nous le répéter". Cette remarque fait inévitablement penser à l’oeil de Big Brother dans 1984 de George Orwell, sur le point de mettre à nu un crime par la pensée... On imagine que la carrière de Taddeï aurait pu s’arrêter sur-le-champ s’il avait laissé échapper la moindre parole hétérodoxe.


Bruce Tout-Puissant : omniscient...

Ce qui fut le plus frappant ces derniers jours, dans les réactions médiatiques au pseudo "dérapage" de Kassovitz, c’est l’ignorance crasse de nos journalistes sur le "sujet interdit". Certes, on le savait déjà, mais c’est encore plus flagrant aujourd’hui. La Palme de l’Ignorance revenant sans conteste à Bruce Toussaint, animateur de L’Edition spéciale sur Canal Plus, qui déclara le 17 septembre, accrochez-vous, ne pas savoir où se situeraient les soi-disant "zones d’ombre" du 11-Septembre, auxquelles faisaient référence les internautes qui, durant son émission, le submergeaient de mails.






Cette déclaration, sortie de la bouche d’un journaliste de ce niveau, est absolument surréaliste. Pour Bruce Toussaint, le 11-Septembre ne comporte aucune zone d’ombre. C’est ce même journaliste qui, rappelons-le, avait mis en scène l’an dernier dans un "vrai-faux JT", Breaking News, une fausse arrestation de Ben Laden, dans le "but de créer une interrogation sur le pouvoir des images", "sur la vérité des images que l’on peut détourner si facilement".


Comme je suis charitable, je le renverrai à un seul livre : La Face cachée du 11-Septembre du grand reporter Eric Laurent, où il en découvrira un certain nombre, de zones d’ombre... Le 11 septembre 2006, Eric Laurent était l’invité de 2000 ans d’histoire sur France Inter pour discuter de son livre. En moins de 30 minutes, Bruce Toussaint pourra acquérir un peu plus de lucidité.









Les joies de la caricature

Il est intéressant justement de s’arrêter sur le cas d’Eric Laurent. Car il incarne une forme de contestation de l’histoire officielle qui refuse en même temps le "conspirationnisme", tel qu’il est dénoncé dans nos médias. Voici ce qu’il écrivait, il y a trois ans, sur AgoraVox : "Cinq ans après les attentats du 11 septembre, les nombreux mensonges et silences officiels qui entourent cette tragédie n’ont toujours pas été levés. Désormais, deux lectures de l’événement dominent. La première (...) reprend sans sourciller la version officielle, sur une grave lacune des services de renseignements américains dûment avertis de l’imminence d’un attentat mais incapables de réagir à temps. Une thèse aussi fausse que celle défendue par certains « conspirationnistes » qui voient, par exemple, dans le détournement des quatre avions de ligne un complot monté par les autorités américaines avec la complicité même d’Israël, afin de créer un choc dans l’opinion qui ouvrirait la voie à une intervention militaire en Irak. Ces deux lectures opposées me paraissent également ineptes et dangereuses. Dans le premier cas, elles accréditent une vérité tronquée et dans l’autre, elles ouvrent la voie au pire délire, tout en laissant de côté des faits réels et troublants."

Or, lors des polémiques médiatiques autour du 11-Septembre, comme celle que nous venons de vivre avec Mathieu Kassovitz, on remarque que la position d’Eric Laurent, que l’on qualifiera de modérée, n’est jamais évoquée, nos médias réduisant tous les esprits critiques à des "conspirationnistes", dont la croyance serait : Al-Qaïda n’est en rien mêlée au 11-Septembre, et ce sont les services secrets américains, voire israéliens, qui ont tout organisé. La simplification permet ici le mépris. Et c’est alors que l’accusation de "négationnisme" tombe (ils nient le 11-Septembre, lit-on parfois), qu’on appuie souvent par l’idée, défendue par certains, selon laquelle aucun avion de ligne ne se serait écrasé sur le Pentagone... Quand on est malhonnête comme Philippe Val, on avance aussi l’idée selon laquelle aucun avion ne se serait écrasé sur les Twin Towers, ou encore celle selon laquelle aucun Juif ne s’y serait trouvé (Complément d’enquête, France 2, 1/12/08). Des idées absurdes, partagées par à peu près personne, mais bien utiles pour calomnier et s’éviter toute discussion sérieuse.

Ceci posé, on peut ensuite affirmer, comme le fait encore Val, que les tenants de la "théorie du complot" ont un but : "aider Al-Qaïda", et sont de "purs criminels", animés par la "haine de l’Amérique", la "haine du Juif", la "haine de la démocratie" et la "haine de l’autre" (Soirée Théma « De quoi j’me mêle : Tous manipulés ? », Arte, 13 avril 2004). On peut aussi les traiter de "sales cons"... Récemment, c’est Franz-Olivier Giesbert, organisateur, non pas, comme il le prétend, d’un débat avec Eric Raynaud, mais d’un traquenard, qui osa ranger les "conspirationnistes" dans "la même famille" que les "scientologues" et les "Témoins de Jéhovah".





La religion des faits

Eric Laurent, lui, n’a jamais défendu de "thèse" ou de "théorie" sur le 11-Septembre. La lecture de son livre laisserait bien imaginer qu’il se situerait plutôt du côté de celle du "laisser-faire". C’est l’impression qu’il fit à Annie Lemoine, chroniqueuse dans On a tout essayé il y a quelques années : "Vous sortez de la lecture de ce livre avec une seule question : Pourquoi les Américains ont laissé faire le 11-Septembre ?", lui avait-elle demandé. C’est aussi l’impression qu’il fit à Bruno Gaccio sur le plateau de Tout le monde en parle, le 23 octobre 2004 : "Vous êtes en train de dire, en gros, qu’ils ont laissé deux Boeing rentrer dans des tours plutôt que de les intercepter, alors qu’ils pouvaient le faire", avait fini par lancer l’auteur des Guignols, agacé par la prudence du journaliste, qui s’en tenait à sa "religion des faits", refusant d’en rien déduire. Même Patrice Gélinet, au début de son entretien avec Laurent dans 2000 ans d’histoire, lui avait demandé si c’est parce qu’on avait laissé faire ou provoqué l’attaque, comme possiblement celle de Pearl Harbor, qu’on avait menti sur le 11-Septembre. Jamais Laurent ne répondra à cette question qui brûle toutes les lèvres, ne livrera la moindre intime conviction...

L’enquêteur rapporte des faits, il a inévitablement des soupçons, à moins de s’empêcher de penser, mais il peut ne rien croire - ce que nos journalistes médiatiques ont du mal à comprendre, cherchant toujours la "théorie" se cachant derrière le questionnement.


Théories piégées

Cette prudence permettra à Laurent de ne jamais être attaqué, comme le fut par exemple Aymeric Chauprade, qui ne défendit certes aucune "théorie", mais en exposa une tout de même, dans Chronique du choc des civilisations : "Si l’on fait la synthèse de ces trois volets, chacun ébranlant fortement la thèse officielle, on voit alors s’esquisser une sorte de complot – pas nécessairement à un niveau gouvernemental ou présidentiel, mais associant obligatoirement des composantes du renseignement américain et (ou) israélien – se superposer au complot islamiste. Une conspiration chargée de réussir un attentat sous « faux drapeau » de façon à justifier des choix politiques américains forts. Al-Qaïda, dont la responsabilité dans le 11 septembre proprement dit n’a jamais vraiment été établie, ne serait dès lors que le réseau exécutant et le responsable visible de cette conspiration. Des avions pilotés à distance auraient été téléguidés sur des tours qui devaient s’effondrer sous l’effet de destructions contrôlées à l’explosif, orchestrées à partir du centre de contrôle du bâtiment 7. Le vol AA 77 aurait atterri sur une base militaire de l’Ohio où il aurait disparu avec ses passagers et il aurait été remplacé par un drone Global Hawk envoyé sur l’aile en réfection du Pentagone..." On remarque que même dans ce scénario, qualifié de "théorie du complot", Al-Qaïda n’est pas absente, et Bush pas nécessairement impliqué, alors que nos médias présentent généralement la "théorie du complot" comme dédouanant complètement Al-Qaïda et accablant George W. Bush... Illustration encore de la grande légèreté avec laquelle ils abordent ce sujet.

C’est que nos médias sont souvent restés braqués sur les seuls propos de Thierry Meyssan, qui incarne, pour eux, le "conspirationnisme", et tend à éclipser les esprits critiques plus modérés et prudents. Meyssan, à la différence de Chauprade, propose une "théorie". Dans son dernier article, paru le 15 septembre 2009 dans l’hebdomadaire russe Odnako, il prétend nous "révéler" ce qui s’est passé le 11-Septembre. Et cette révélation a de quoi laisser perplexe. Meyssan laisse entendre, sans jamais livrer de preuve décisive, que les avions qui ont percuté les Twin Towers n’étaient pas les Boeing détournés, mais des avions cargos sans passagers... D’ailleurs, aucun avion n’aurait été détourné : "Nous savons aujourd’hui (...) que les avions n’ont pas été détournés, mais substitués", écrit-il. Et puis, il laisse entendre que les terroristes n’ont même pas embarqué... Concernant le crash sur le Pentagone, il écrit : "Les témoins décrivent un missile". Faux : aucun témoin n’a jamais dit avoir vu un missile. Certains témoins auditifs ont décrit un son qui leur a rappelé celui d’un missile. Mais tous les témoins visuels ont vu un avion (un gros avion de ligne le plus souvent, un petit avion plus rarement). Meyssan évoque encore un autre missile... au World Trade Center : "Au moment exact du second impact, un missile traverse le champ de vision de la caméra de la chaîne New York One. Il est tiré par un aéronef masqué par la fumée de l’impact et se dirige en diagonale vers le sol. On n’entendra plus jamais parler de ces images incongrues." Où sont les images ? Qui les a vues ? Mystère.

Selon lui, l’un des kamikazes, Walid al-Asheri, est toujours en vie : il "est un pilote de ligne de Royal Air Maroc. Il vit à Casablanca où il a donné plusieurs conférences de presse..." Cette intox, que Meyssan n’est pas le seul à propager (Eric Laurent aussi...), a pourtant été depuis longtemps élucidée : des homonymes s’étaient bien manifestés après les attentats, et des médias avaient relayé leurs protestations, mais c’était avant la parution des photos des pirates de l’air le 27 septembre 2001 (lire Der Spiegel et BBC). Si un seul des 19 terroristes exhibés sur les photos du FBI était encore en vie, un "chercheur de vérité" aurait bien eu l’idée d’aller le filmer, non ? La vidéo aurait fait le tour du monde en quelques heures sur YouTube et Dailymotion, et la supercherie du 11-Septembre aurait été avérée. Pourtant, personne, à ce jour, n’a eu l’idée de réaliser une telle vidéo.

Et puis Meyssan rapporte un autre épisode de cette journée du 11-Septembre, très troublant et significatif pour lui : "À 18h42, Donald Rumsfeld donne une conférence de presse au Pentagone, encadré par les leaders républicains et démocrates de la Commission sénatoriale de la Défense. Ensemble, ils réaffirment l’unité nationale dans ce moment tragique. Soudain, Rumsfeld prend le sénateur Carl Levin à partie et lui demande si les événements du jour suffisent à le convaincre d’augmenter les dépenses militaires". Cet épisode avait déjà été rapporté dans deux autres articles du Réseau Voltaire, le 14 décembre 2001 et le 16 avril 2003. Il y était précisé que la scène avait eu lieu "au milieu de la conférence, en direct devant les caméras de la presse internationale", et la citation exacte de Rumsfeld était donnée. Problème : ce n’est pas Rumsfeld qui est le véritable auteur de la citation, et qui interpelle Carl Levin... mais un journaliste dans la salle. La preuve en images (à 11 min 30) :





Pour accréditer ses dires, Meyssan nous renvoie donc à des images de télévision... qui le contredisent. David Ray Griffin, citant Meyssan, reproduira cette erreur dans Le Nouveau Pearl Harbor (page 132). Meyssan affirme encore qu’on a retrouvé le passeport de Mohamed Atta dans les décombres des tours, alors qu’il s’agit en fait de celui de Satam Al Suqami.

Nous avons donc là un auteur qui, certes, soulève parfois de bons problèmes, mais suppute aussi, imagine, et prétend bientôt révéler la vraie histoire, dont il ne doute guère plus, semble-t-il, une histoire qu’il parsème pourtant d’erreurs et d’informations hautement douteuses... Cette démarche a régulièrement été dénoncée dans les médias, ce que l’on comprend. Mais, là est la faute des médias, ils ont presque systématiquement traité tous les sceptiques comme des "adeptes de Thierry Meyssan" - ce qu’ils ne sont pas. Beaucoup d’entre eux conservent, fort heureusement, leur liberté de jugement.


La règle

On l’aura compris, ce qui est est condamné dans les médias, ce n’est pas tant le questionnement, dont la légitimité est heureusement parfois reconnue, mais ce qui peut s’ensuivre (et qu’on confond trop souvent avec le questionnement lui-même) : l’élaboration d’une "théorie" alternative ne reposant pas sur des éléments suffisamment probants (mais sur des "suspicions", des "hypothèses", des "constructions spéculatives"). C’est cette "dérive" qui est appelée "conspirationnisme". Serge Kaganski, des Inrocks, exprime bien cette distinction le 19 septembre sur son blog : "Certes, le 9/11 est un évènement tellement complexe et hors normes qu’on est loin d’en avoir saisi tous les aspects. Certes, il demeure de nombreuses zones d’ombres, de nombreuses questions, de nombreux détails de l’affaire à élucider. Certes, le gouvernement Bush garde ses secrets d’état, comme tous les états de la planète. Par conséquent, s’interroger sur le comment et le pourquoi du 11 septembre, vouloir élucider certains de ses aspects obscurs, est un réflexe naturel de citoyen. Jusque là, comme dirait je ne sais plus qui, tout va bien. Le problème, c’est que ce besoin légitime d’en savoir plus sur le 9/11 peut entraîner facilement vers les rumeurs, les amalgames, les fantasmes, les supputations, les projections paranoïaques, les scénarios les plus délirants, les thèses complotistes - toutes choses qui pullulent sur le net et n’ont plus rien à voir avec une info vérifiée."

Ne pas supputer - comme le ferait selon lui Kassovitz, sur le fait que "Bush aurait fait le 9/11 pour justifier à postériori sa “guerre à la terreur” (et détruire au passage les archives de la CIA)" : telle est la règle à laquelle il faudrait se tenir pour critiquer avec le plus d’efficacité la "version officielle". Et j’en serais assez d’accord. Car la critique est aujourd’hui si facile, qu’il est dommage qu’elle soit rendue inaudible par d’inutiles supputations. Les sceptiques devraient s’en tenir à rapporter les mensonges flagrants, les erreurs manifestes, au maximum les coïncidences troublantes, qu’il ne s’agirait pas d’interpréter, mais simplement d’interroger. Seule la réouverture d’une véritable enquête pourrait permettre d’aller plus loin. Il faut se contenter d’en montrer la légitimité et même la nécessité.


Incomplet, mais vrai ?

Quand Serge Kaganski parle de "la version “officielle”, qui jusqu’à preuve du contraire est la vraie (même si elle est incomplète)", il résume bien le paradoxe dans lequel baignent tous ceux qui se contentent de la version officielle : incomplète, celle-ci serait néanmoins vraie. Etrange postulat, selon lequel ce qui manque est forcément secondaire. Mais comment le savoir avant d’avoir enquêté ?

Quand un rapport du Congrès censuré par Bush en 2003 prétend justement apporter des "preuves" (selon le sénateur Bob Graham) de l’implication saoudienne, est-ce secondaire ? Quand le Times of India et d’autres journaux évoquent la "preuve", obtenue par le renseignement indien et le FBI, du lien entre le kamikaze Mohamed Atta et le chef des services secrets pakistanais, est-ce là une information périphérique ? (J’avais joint l’auteur du papier du Times of India, pour lui demander le degré de fiabilité qu’il lui accordait ; il m’a finalement répondu : "Franchement je n’ai rien de plus à dire sur ce sujet. J’ai été questionné par beaucoup de monde, mais tout ce que je peux dire, c’est que cette information était fondée sur une haute source ministérielle dans le gouvernement indien"). Quand Sibel Edmonds affirme que des documents classifiés qu’elle a eus entre les mains pourraient "prouver" que les Etats-Unis ont utilisé Ben Laden jusqu’au 11-Septembre dans des opérations en Asie centrale, est-ce sans intérêt ? Quand des journaux comme Haaretz et Forward rapportent l’arrestation de cinq agents du Mossad suite à leur comportement choquant face aux Tours, l’un d’eux déclarant plus tard : "notre but était de documenter l’événement" (ABC News), est-ce totalement anodin ? Une troublante affaire remise au goût du jour, il y a à peine deux mois, par le criminologue Xavier Raufer... Quand toute l’administration Bush a menti en affirmant que les attaques du 11-Septembre étaient "inimaginables" et qu’aucun avertissement n’avait été reçu, est-ce là sans importance ? Qu’aucune mesure de sécurité n’ait été prise, malgré les alertes (voir le coup de gueule du sénateur Bob Kerrey sur CNN), sauf pour quelques personnalités importantes, n’est-ce pas troublant ? Les probables délits d’initiés, est-ce que ça compte pour du beurre ? Les exercices militaires qui simulent des détournements d’avions et un crash sur le NRO, à 40 km du Pentagone, au moment même où ont lieu les attentats, est-ce forcément le fruit du hasard ? N’est-ce pas une concomitance intéressante à creuser ?


Si l’expression "la version officielle est vraie" signifie simplement, pour Serge Kaganski, qu’Al-Qaïda a réalisé l’opération, on pourra lui concéder que c’est sans doute vrai (même si tout le monde n’en sera pas d’accord). Mais est-ce là toute la vérité ? Est-ce là la vérité suffisante ? On comprend bien, au vu des quelques informations qui précèdent, que non. Des complicités, des manipulations pour ne pas entraver les attaques, voire pour les favoriser... tout cela doit être interrogé, et les informations "troublantes" déjà parues à ce jour (pas des supputations) légitiment une telle recherche, qui peut modifier considérablement la vision que l’on a du 11-Septembre, quand bien même Al-Qaïda serait responsable, voire le principal responsable.


Du mal à comprendre

Daniel Schneidermann avait reproché à Eric Laurent d’avoir abusé, lors de son passage chez Ardisson en 2004, d’expressions comme "La chose vraiment étonnante", "La chose la plus troublante", "Il y a un truc incroyable"... mais c’est que ces choses "troublantes" existaient bel et bien... Le journaliste de Libération ne percevait dans l’enquête du grand reporter qu’un acharnement contre Bush, allant jusqu’à résumer son message à cette formule sortie de nulle part : "Bush est Le Mal". Le reporter était accusé de participer au "quart d’heure de la haine" quotidien envers Bush et l’Amérique. A l’époque déjà, comme on le voit, la critique n’était pas bien fine... Elle était pourtant emblématique.

Schneidermann s’était aussi scandalisé de la révélation selon laquelle des délits d’initiés avaient eu lieu avant les attentats et s’étaient poursuivis... jusqu’à l’effondrement des tours : "A-t-on bien compris ? Les traders présents dans les tours lors de l’attaque auraient spéculé au milieu des flammes ?", avait-il demandé, incrédule. Puis, plus loin, il avait dénoncé "cette obsession qui nous présente (...) ce soir les victimes du World Trade Center comme des monstres qui, jusqu’au dernier instant, ont continué à spéculer dans leur tour en feu, jouant à la baisse les compagnies aériennes". L’ennui, c’est que Daniel Schneidermann avait mal compris ; jamais en effet Eric Laurent n’a prétendu (et encore moins écrit) que les victimes elles-mêmes spéculaient dans les tours en flammes... Il s’en expliquera lui-même, le 7 novembre 2004, dans Arrêt sur images : les manipulations n’étaient pas le fait de traders coincés dans les tours, les disques durs appartenant à une société de "clearing" qui ne faisait qu’enregistrer des transactions qui avaient lieu ailleurs (peut-être sur le marché des options de Chicago). Une mauvaise interprétation durant sa lecture, ajoutée au préjugé selon lequel toute critique du discours officiel repose sur un anti-bushisme, voire un anti-américanisme, avait donc été cause de la colère de Schneidermann.

Mais encore, lui, avait-il lu... Tous nos journalistes n’ont pas eu le même sérieux. Ainsi, Stéphane Malterre, auteur d’un documentaire assassin (et manipulateur) sur Loose Change et David Ray Griffin, reconnut, contraint et forcé, qu’il n’avait lu qu’en partie le livre de ce dernier... Schneidermann lui-même reconnut ne pas avoir vu le documentaire 9/11 Press for Truth, pourtant incontournable... Christine Ockrent, à qui l’on voulait offrir, lors d’un salon du livre, Le Nouveau Pearl Harbor du même Griffin, refusa le présent... Quant à Nicolas Poincaré, agacé par les doutes de Kassovitz, il reconnut n’avoir pas lu le livre d’Eric Raynaud, pourtant à l’origine de la polémique. Comment ensuite s’étonner que nos journalistes, à l’image de Bruce Toussaint, tombent des nues quand on leur parle de "zones d’ombre" au sujet du 11-Septembre ? S’ils n’y connaissent rien ?


Un rapport de forces inversé

Là est bien la grande leçon de ces derniers jours (et de ces dernières années en vérité). Les journalistes sont dépassés par leurs lecteurs, qui en savent souvent bien plus qu’eux. Dan Gillmor, célèbre journaliste de la Silicon Valley, l’avait dit dès 2004 : "Mes lecteurs en savent plus que moi" ; mais lui incitait à la coopération entre journalistes et citoyens (ou amateurs), espérant un gain qualitatif dans l’information. Nos journalistes, eux, n’ont pas encore accepté cette coopération, et prétendent demeurer sur leur piédestal, et continuer à faire la leçon. Sauf que leurs élèves les ont dépassé... et ont parfois mené, à leur insu, cette coopération (voir le remarquable travail documentaire et critique du journaliste citoyen Paul Thompson). Les journalistes professionnels ont certes conservé l’autorité du maître, sa crédibilité de façade (ce pourquoi leurs avis et approbations nous paraissent encore si importants, car ils crédibilisent l’information) ; mais ils n’ont plus la supériorité réelle du maître. Sur le 11-Septembre en particulier, où de solides préjugés leur ont fait refuser de se pencher sur ce dossier trop sensible et propice aux "délires", et leur ont fait prendre un retard considérable face aux amateurs (au sens de passionnés).

On a souvent entendu des journalistes railler ces amateurs, qui s’acharneraient sur des détails, une multitude de détails, une masse de détails... forcément "insignifiants". Mais comment mène-t-on une enquête, si ce n’est justement en examinant une foule de détails, de faits ? Les journalistes ont sans doute été, dans leur majorité, effrayés par cette masse d’informations, absolument énorme. Leurs conditions de travail, sans doute, ne leur permettaient pas de s’y consacrer. Charge impossible. Du coup, ils prirent souvent le parti de tout envoyer promener, d’un simple revers de main. Découragés.

François Bayrou avait vu juste à ce sujet, lorsqu’il avait regretté, en mai dernier, que la presse n’ait plus les moyens de saisir la réalité dont elle parle : "Pour faire sortir des choses, il faut du temps et de la persévérance, mais les rédactions n’ont plus d’argent pour le faire, et plus le temps à cause de la culture du zapping. Du coup, on n’approfondit plus", avait-il déploré... Avant d’ajouter qu’Internet constituait un espoir pour approfondir les dossiers que la presse ne parvenait plus à traiter. Un espoir, Internet ? Pour la plupart des journalistes qu’on a entendus ces derniers jours, Internet rimait plutôt avec poubelle... Mais l’explication de Bayrou, sur l’absence d’enquête dans la presse, et même de curiosité, n’est pas suffisante pour rendre compte de ce qui se passe autour du 11-Septembre.


La Spirale du Silence

Quel mal frappe donc nos journalistes ? Sont-ils "à la solde de Bush et de la Pensée Unique" ? Et la presse est-elle "corrompue, ligotée, aux ordres" ? Non, Serge Kaganski, ces idées sont bien sûr trop caricaturales. En revanche, l’assimilation de tout questionnement sur les zones d’ombre (réelles) du 11-Septembre au "conspirationnisme" (Al-Qaïda est innocent et tout est de la faute d’un grand complot américano-sioniste), au "négationnisme" (les attentats n’ont pas eu lieu), voire à l’antisémitisme (douter de la version officielle du 11-Septembre, c’est bientôt nier l’existence des chambres à gaz - cf. Marin Karmitz) crée une peur - d’exclusion sociale - qui entraîne naturellement un refoulement de toute question, et bientôt... le silence. Nous sommes ici en plein dans le processus décrit en 1984 par la sociologue Elisabeth Nöelle-Neumann sous le nom de "spirale du silence".

En voici une courte présentation par son auteur :

"La thèse de la spirale du silence est fondée sur l’hypothèse que les hommes ont une double nature : un caractère individuel et une nature sociale. La nature sociale de l’homme a besoin d’assentiment, d’approbation, de reconnaissance, de popularité ; et cela non seulement avec les personnes de l’environnement immédiat, mais aussi avec le public anonyme. Les individus scrutent constamment leur environnement, observent sans cesse ce que les autres pensent. Ils souhaitent savoir avec quel comportement et avec quelles opinions ils se feront accepter et avec quel comportement et avec quelles opinions ils seront refusés, en conséquence isolés. S’ils remarquent que leurs opinions sur des questions controversées et moralement chargées rencontrent l’approbation, ils les prononcent fort, en parlent beaucoup. Dans le cas contraire, c’est-à-dire lorsqu’ils ont l’impression que leur opinion diffère de celle qu’ils estiment être l’« opinion légitime », ils deviennent prudents, en parlent de moins en moins. Et comme une partie des individus parle fort – ceux qui pensent être du côté de l’« opinion légitime », comme l’on n’entend parler qu’eux, cette partie semble plus importante qu’elle ne l’est en réalité. Et comme la contrepartie se tait de plus en plus (car les individus de ce camp se sentent minoritaires), ce camp semble plus faible qu’il ne l’est réellement. Ce mouvement se poursuit en rotation de spirale jusqu’à ce que l’un des deux camps maitrise complètement l’opinion et que l’autre soit pour ainsi dire noyé".

Mais pourquoi ce funeste amalgame entre sceptiques et "conspirationnistes" ? Sans doute à cause de la combinaison de deux facteurs : d’abord, une ignorance des faits problématiques qui taraudent à juste titre les sceptiques, et, ensuite, l’envie de se protéger des dérives conspirationnistes, qui isolent. Les journalistes rendent alors compte des questionnements incessants (et incompréhensibles pour eux) des sceptiques en recourant hâtivement à des schémas explicatifs clé en main sur la "théorie du complot" (écoutez le sociologue Pierre Lagrange), pas faux en général, mais parfois inadéquats. Et voici les sceptiques ramenés au rang de "conspirationnistes", et sommés de se taire, sous peine d’être diabolisés et rejetés.


La Toile pour sortir de la spirale ?

Internet permet en partie d’échapper à cette terreur qui confine au silence. L’anonymat, dont les risques ne sauraient, certes, être niés (déresponsabilisation en particulier), peut aider à l’expression de ce que l’on pense réellement, sans craindre une mise à l’écart du groupe, une exclusion sociale, une sanction. Le bénévolat des amateurs est aussi un gage de leur liberté : aucune contrainte économique ne vient entraver leur plume vagabonde. Et puis, Internet rend possible un échange de points de vue fort variés, introuvable ailleurs, qui permet de mesurer l’écart entre l’opinion dominante (des médias traditionnels) et l’opinion récalcitrante (sur le Net), et de se rendre compte que son opinion n’est pas forcément aussi minoritaire qu’on l’avait cru.

Internet nous aura ainsi permis d’entendre le seul débat contradictoire organisé en France à l’occasion du 8e anniversaire des attentats ; un débat d’1h30, diffusé à l’origine sur Radio Courtoisie, avec, entre autres, Jean Robin et Kropotkine (l’un des bons connaisseurs du sujet). Il nous aura aussi permis de voir que la télévision norvégienne est bien plus ouverte au débat que la nôtre, ou encore d’assister à une très belle interview d’Eric Laurent, réalisée le 5 décembre 2008 (mais encore peu vue) par des étudiants de Sciences-Po, ce genre d’échange, libre et tout en longueur (50 min), qui fait encore le charme d’Internet face aux médias traditionnels. Simples exemples...

Terminons avec deux petites notes d’espoir, que la Toile permettra justement de faire circuler : d’abord, les propos du philosophe Cédric Lagandré, passés un peu inaperçus lors de la soirée où Kassovitz exposa ses doutes ; il remarqua l’existence de "dispositifs de pouvoir horizontaux" dans nos médias, pourtant libérés de toute "censure verticale", et un usage abusif de l’expression "théorie du complot", sorte de "pare-feu" pratique pour éviter toute discussion - une discussion légitime à ses yeux.





Quant à Eric Zemmour, l’un des rares esprits plutôt libres de notre paysage médiatique, il a reconnu, samedi 19 septembre, la légitimité d’un débat ouvert sur le 11-Septembre. "Il faut prendre des risques", a-t-il conclu, face aux peurs, somme toute compréhensibles, de ses interlocuteurs. C’est par la prise de position de tels leaders d’opinions que la parole peut se libérer. Que des personnalités facilement ridiculisables (show biz...) ne soient plus les seules à dire de telles évidences (oui au débat, oui à la recherche), et chacun osera les faire siennes, et les dire. La parole et la pensée seront alors libérées. Merci donc à Eric Zemmour pour ces quelques secondes de bon sens.






Source : AgoraVox

yahoo

mercredi 16 septembre 2009

Mathieu Kassovitz et le 11 septembre : "Il y a beaucoup de choses à questionner sur cette journée"

Hier soir sur France 3, dans la seconde partie de "Ce soir ou jamais", Frédéric Taddéï avait organisé un débat autour du livre de Eric Raynaud : "11 septembre. Les Vérités interdites", un ouvrage qui conteste le récit des attentats délivré par les médias depuis 8 ans.

Frédéric Taddéï demande à ses invités s'il est légitime et nécessaire de débattre de la validité de cette version "officielle".

La réponse de Mathieu Kassovitz est aucune ambiguité et fait l'effet d'une bombe.


mardi 15 septembre 2009

Attentats du 11 septembre : un prétexte pour discréditer Internet ?


Suite à la diffusion le 11 septembre dernier du reportage de Stéphane Malterre, “11 septembre : enquête sur la théorie du complot”, sur Canal +, le débat sur la crédibilité des médias traditionnels face au "foutoir" Internet prend de l'ampleur.

Le précédent reportage de Malterre, "Rumeur, intox : les nouvelles guerres de l’info" diffusé également sur Canal + en 2008 et portant sur les mêmes thèmes, a fait l'objet d'un démontage exemplaire par l'Association ReOpen911, mise en cause par le journaliste.

Ce droit de réponse sous forme d'une analyse tout en finesse des techniques classiques de désinformation et de propagande déployées par Malterre dans son film, met en lumière la volonté de créer un amalgame odieux entre la demande de vérité sur le 11 septembre -portée avant tout par les proches de victimes- et l'anti-sémitisme.

Ce type de procédé, indigne de tout journaliste qui se respecte, commence à révolter de nombreux acteurs du web, à l'heure où le gouvernement Sarkozy relance la campagne HADOPI dont l'objectif final est bel et bien la mise en place d'un contrôle du Net.

Voici l'article paru le 14 septembre 2009 chez Numerama, qui revient sur cette polémique et propose la vidéo du droit de réponse de Reopen911 à Stéphane Malterre.


Attentats du 11 septembre :
un prétexte pour discréditer Internet ?



C'est désormais traditionnel. Chaque anniversaire des attentats du 11 septembre est l'occasion pour la presse de louer son sérieux face aux ragots et manipulations d'Internet. Mais le collectif ReOpen911.info, qui veut démonter la thèse officielle des attentats de New York, retourne leurs armes contre ses adversaires. Il publie un contre-documentaire qui dénonce des manipulations de Canal+ dans le traitement des thèses alternatives. Des manipulations qui viseraient, surtout, à discréditer Internet contre les grands médias.

Il y a un an, date anniversaire oblige, nous avions publié un long article sur les théories alternatives qui entourent les attentats du 11 septembre, véhiculées principalement sur Internet. L'humoriste Jean-Marie Bigard venait alors de faire une sortie remarquée sur Europe 1, en assurant très sérieusement dans l'émission de Laurent Ruquier que la théorie officielle d'un attentat commis par des kamizakes d'Al Quaeda était "un mensonge absolument énorme", et qu'en fait les Etats-Unis avaient "tué eux-mêmes des Américains".

La majeure partie des grands médias traditionnels avaient alors pris partie avec violence contre Jean-Marie Bigard, devenu persona non grata sur les plateaux de télévisions et les stations de radio. L'humoriste a depuis trouvé un autre canal pour exprimer ce qu'il pense des attentats du 11 septembre : Internet.

Loin de se faire oublier, Bigard a en effet publié sur Dailymotion une série de 11 sketchs qui tentent de démontrer par l'absurde les failles de la thèse officielle. Des sketchs qu'il n'aurait jamais pu jouer à la télévision.

Cet usage d'Internet pour propager les "thèses conspirationnistes" était déjà au coeur des polémiques il y a un an, et servent régulièrement à démontrer ou à laisser croire que les médias traditionnels sont plus sérieux et moins manipulateurs qu'Internet. "L'extrême prudence voire la condescendance avec laquelle est traitée l'opposition à la thèse officielle du 11 septembre n'est pas innocente, à défaut d'être totalement consciente", écrivions-nous ainsi l'an dernier. "Les médias traditionnels, bousculés par l'arrivée des nouveaux médias, cherchent leur place et leur légitimité. Ils veulent s'afficher en garants d'une information de qualité, de la vérité contre la rumeur et la calomnie. Ils ne manquent jamais une occasion de critiquer "l'internet", emballant le bon et le moins bon dans un même emballage nauséabond."

Les discours qui se multiplient ce week-end de la part de l'Elysée, du gouvernement et du président du groupe UMP à l'Assemblée, grâce cette fois au prétexte de la vidéo de Brice Hortefeux, participent au même climat délétère contre le réseau mondial. Haro contre le Net et ses manipulations contre la bonne presse de professionnels.

Il est donc intéressant, quelle que soit la version à laquelle on croit, de regarder cette réponse détaillée (vidéo ci-dessous) à un reportage anti-Internet qu'avait diffusé Canal + en 2008 à propos du documentaire Loose Change, qui a allumé la mèche des opposants à la thèse officielle. Elle est signée ReOpen911.info, le site français le plus impliqué dans la défense de la théorie du complot.

Médias traditionnels ou Internet, lequel est est le plus manipulateurs des deux ? Sans doute aucun des deux, puisque le contenant ne décide pas du contenu.


Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

vendredi 4 septembre 2009

Blackwater contre Al-Qaida, tout contre


Crimes de guerre, corruption, assassinats de témoins, proxénétisme, tortures, déportations : bienvenue dans le monde enchanté de Blackwater, groupe paramilitaire made in USA. A la surprise générale, le contrat en Irak des sinistres mercenaires vient d’être prolongé, avec l’accord tacite d’Obama. Plongée en apnée dans les abysses du cauchemar américain.


Pas besoin de plan média pour Blackwater, désormais rebaptisé « Xe » (prononcez « Ziii ») : depuis deux ans, la société privée de militaires globe-trotteurs fait régulièrement la une, allant d’un scandale à un autre, au gré des nouvelles turpitudes dévoilées par d’intrépides journalistes d‘investigation. Depuis la fusillade de 17 civils irakiens le 16 septembre 2007 jusqu’à la révélation ces jours-ci par le New York Times d’un programme secret d’assassinats commandité par la CIA et sous-traité par Blackwater, la firme privée de soldats baroudeurs n’en finit pas d’en prendre pour son grade. Mais pas au point de tomber en disgrâce pour l’Administration américaine. Le département d’Etat, sous la férule d’Hillary Clinton, vient de reconduire « pour des semaines ou des mois » le contrat, dont la fin était prévue pour le 3 septembre, liant Blackwater à l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad. Précisément, et malgré l’expiration de précédentes missions de protection, la firme, persona non grata pour le gouvernement irakien, s’est vue accordée le droit de continuer à garantir la sécurité des diplomates américains lors de leur transport par voie aérienne. Cette décision fait pourtant suite à la protestation officielle de certains membres du Congrès américain qui avaient solennellement demandé à Hillary Clinton de cesser toute coopération et tout financement, déjà trop généreux dans le passé, d’une société dont les pratiques criminelles sont largement avérées.

Les derniers croisés de l’empire américain

Mais, visiblement, le tandem Obama-Clinton a fait fi de la réputation sulfureuse des mercenaires, préférant le statu quo à la rupture. Etrange désinvolture, au vu du nombre et de la taille des casseroles que traîne Blackwater. Sombre florilège : une vingtaine d’Irakiens tués entre 2005 et 2007 sans aucun motif de légitime défense, un programme d’assassinats de leaders d’Al Qaida, commandité par la CIA de 2004 jusqu’à juin 2009 et tenu secret pour le Congrès de par la volonté du vice-président Cheney, une mission d’acheminement en Afghanistan et au Pakistan de drones transportant missiles et bombes téléguidées vers des « cibles désignées », la déportation et la torture de terroristes présumés d‘Asie centrale à Guantanamo, les meurtres de témoins d’exactions « extra-judiciaires » commises par le groupe, l’enquête militaire en cours sur la mort suspecte de deux Afghans à Kaboul le 5 mai dernier, un réseau de prostitution d’adolescentes organisé par et pour ces miliciens basés en Irak et , enfin, la volonté affirmée par le fondateur Erik Prince, et corroborée par plusieurs sources, d’éradiquer l’islam de la planète.

Prince des ténèbres

L’homme est une caricature : chrétien conservateur âgé de 40 ans, converti au catholicisme romain pour se rapprocher des origines, cet ancien commando des Marines voue un culte aux croisades, au point de s’être inspiré des Templiers et de leurs signes de reconnaissance pour communiquer avec certains de ses frères d’armes. Ce milliardaire, fils d’une famille influente de Républicains, prétend ne pas « être guidé par l’argent » et admet tout au plus avoir le « cœur d’un guerrier ». Très présent auprès des personnages qui comptaient sous l’Administration Bush, l’homme a délaissé le titre de Pdg en début d’année, même s’il conserve encore des fonctions de direction. Fin connaisseur du gotha politique lié au monde de l’espionnage, Erik Prince a su au fil des années tisser des liens d’amitié avec nombre d’anciens cadres de la CIA, à tel point que certains d’entre eux l’ont rejoint au conseil d’administration de Blackwater, tel Alvin « Buzzy » Krongard, ex-numéro 3 de l’Agence, ou Cofer Black, ancien responsable chargé du contre-terrorisme.


Zacarias Moussaoui, agent trouble

Dès lors, il peut sembler logique que la logistique guerrière de Blackwater puisse s’être accordée avec l’habileté de la CIA pour collecter des renseignements afin de traquer, capturer et éliminer les membres importants du réseau de Ben Laden. Et la dernière révélation du New York Times sur ce projet commun paraît finalement évidente. Cependant, un léger détail a échappé aux commentateurs depuis l’annonce de ce programme secret sous-traité par Blackwater et dirigé par l’agence d‘espionnage. En 2006, il a été démontré que le groupe de paramilitaires avait bel et bien été « en contact » avec un membre éminent d’Al Qaida. Et pas n’importe lequel : Zacarias Moussaoui. En effet, un document dévoilé durant le procès de celui-ci a intrigué les experts du terrorisme : le numéro de téléphone d’un camp d’entraînement de Blackwater a été identifié dans le calepin du Franco-Marocain. Celui qui fut rapidement surnommé « le 20ème pirate de l’air » aurait donc été en contact, ou voulu rentrer en contact, et ce avant l’été 2001 et son arrestation par le FBI, avec cette société privée de barbouzes déjà liée aux membres influents du Parti républicain. La question prend une nouvelle acuité avec la récente découverte de la collaboration Cia-Blackwater pour traquer Al Qaida : quel intérêt avait donc un islamiste apprenti-terroriste à rentrer en contact avec des paramilitaires américains dirigés par un chrétien ultra-conservateur de mèche avec les pontes de la CIA et l’Administration Bush ?

Du fond de sa cellule au Colorado, un ancien gamin des cités françaises, condamné à perpétuité et regrettant aujourd’hui, à l’âge de 41 ans, d’avoir plaidé coupable, connaît sans doute la réponse. Mais qui ira désormais entendre et vérifier son récit ? *H*H*

Source : AgoraVox

jeudi 3 septembre 2009

Marchands d'anthrax



Peu après les attentats du 11 septembre 2001, des enveloppes contenant de l'anthrax, adressées aux médias et à des sénateurs américains, ont causé la mort de cinq personnes, et semé la panique. Le réalisateur Bob Coen, qui a grandi au Zimbabwe, où l'ancien régime a été accusé de répandre de l'anthrax parmi la population noire, s'est lancé dans une longue enquête sur les armes bactériologiques, qui l'a mené des Etats-Unis à l'Angleterre, en passant par la Sibérie et l'Afrique. «Marchands d'anthrax» (Anthrax War) s'intéresse aux secrets bien gardés de la recherche et de la production d'armes bactériologiques. Actuellement, les bactéries meurtrières de l'anthrax sont en vente au marché noir.

Casting :

Réalisateur : Bob Coen

Caractéristiques techniques :

Pays : France - Canada - Nationalité : franco-canadien - Année de réalisation : 2009 - Durée : 1h30 - Titre original : Anthrax War

Source : Télé-Loisir

11 septembre : Les vérités cachées







Il faut lire le livre de Eric Raynaud, "11 septembre : Les vérités cachées", paru le 20 août dernier au Serpent à Plumes.
Pourquoi ?
Parce qu'enfin un journaliste d'investigation français a pris la peine de se repencher sur le déroulé de cette terrible journée, de cet évènement fondateur du siècle qui s'ouvre.

Facteur déclenchant de deux conflits majeurs en Afghanistan et en Irak, toujours en cours à ce jour, le récit du 11 septembre a été figé depuis 8 longues années par une administration criminelle et une presse étasunienne tétanisée par la frousse, suiveuse et prompte à l'auto-censure...

Mais le récit des évènements du 11 septembre a été avant tout confisqué aux proches de victimes, notamment après la publication du Rapport Officiel de la Commission d'Enquête sur les attentats, en 2004.
Les familles de victimes, à l'origine de cette commission d'enquête, ont compris qu'elle n'avait été qu'une chambre d'enregistrement de la version délivrée massivement dans les médias par Bush, Chesney et tous les communicants de la Maison-Blanche et du Pentagone dès les premières heures des attentats...

C'est sur ce combat des proches de victimes que débute le livre d'Eric Raynaud, dans une belle remise en perspective des jours terribles qui ont succédé le 11 septembre 2001, alors que tout un Occident sous perfusion télévisuelle était en état de choc et que tout un Orient se préparait déjà au pire...

A l'occasion du huitième anniversaire de cette tragédie, la lecture du livre d'Eric Raynaud s'impose comme un devoir de salubrité publique...

D'ici-là, on aura plaisir à en lire la lecture critique par l'excellent Taïké Eilée sur Agoravox : 11-Septembre : Les Vérités cachées


samedi 25 juillet 2009

Afghanistan : Le mois le plus meurtrier


Combattre le terrorisme tout en contribuant à la reconstruction et au développement. Tel est l’objectif déclaré par les pays de la coalition engagée en Afghanistan.

A quelques semaines des élections présidentielles, les opérations offensives de la coalition contre les Talibans dans le sud du pays font rage et donnent lieu à une riposte des insurgés particulièrement meurtrière.

La coalition atteindra-t-elle ses objectifs ? Ou s’oriente-t-on vers un nième échec militaire en Afghanistan ?


Contexte économique et politique de la guerre
Avant d’examiner ces questions, il convient de préciser que, sur le plan économique, l’Afghanistan, actuellement premier producteur mondial de pavot à opium, mais aussi le Pakistan, à travers les activités de raffinage de ses services secrets, sont devenus de vrais narco-Etats, depuis l’enclenchement de la guerre d’Afghanistan en 2001 au lendemain des attentats du 11 septembre.

Il y a lieu également de rappeler que si la culture du pavot a été initiée dans les années 1980, sur instigation de services secrets occidentaux, pour financer la résistance Afghane à l’occupation Russe, le régime Taliban avait fini par la réduire de manière significative à la fin des années 1990.

Par ailleurs, si, depuis 2001, l’essentiel de la manne flambante de l’opium (dont l’Europe est la principale destination) est consacré au financement des chefs de guerre et à l’achat d’armes, en majorité américaines pour le Pakistan et dans une moindre mesure pour les groupes Afghans, force est de constater que l’aide internationale à l’Afghanistan a plutôt tourné jusqu’à présent au fiasco.

A eux seuls, ces constats doivent faire prendre conscience de l’ampleur des menaces qui guettent tout le sud asiatique et du caractère dangereux de la politique "néo-cons" durant les années Bush (2000-2008). Les Etats-Unis, premiers profiteurs de cette situation, l’avaient, en effet, plutôt laissé empirer au détriment de la paix et de la reconstruction.

Situation en Afghanistan

Aujourd’hui la situation en Afghanistan, peu abordée par les mass-médias, est chaotique sur le plan sécuritaire. Pour s’en rendre compte, il suffit de lire quelques conseils officiels aux occidentaux tentés par le voyage dans ce pays. Les citoyens canadiens, par exemple, sont officiellement mis en garde depuis quelques mois déjà :

"Eviter tout voyage en Afghanistan… Les Canadiens qui s’y trouvent déjà devraient partir. La situation sécuritaire demeure extrêmement instable et imprévisible."

"Des étrangers ont été victimes de violentes agressions, notamment des vols à main armée et des viols… Il se produit également des détournements de voiture et des vols à main armée. Il est facile de se procurer des armes en Afghanistan."

’Les services de base tels que l’électricité et le téléphone sont très limités, même dans les zones urbaines. Les pénuries de nourriture et d’eau sont fréquentes."

L’administration Obama et les autres pays de l’OTAN semblent bien saisir le danger de ce conflit, dont le centre de gravité se trouve en réalité au Pakistan. Et c’est ce qui explique l’essentiel des motivations des campagnes militaires simultanées auxquelles on assiste actuellement au sud-est Afghan et au nord-ouest Pakistanais.

Sur le plan militaire justement, le mois de juillet 2009 sera sans doute le plus meurtrier depuis huit ans pour la coalition (57 soldats tués dont 34 américains et 18 britanniques au 23 juillet). Depuis le début du mois, cinq avions se sont écrasés dont un chasseur F15 de l’US Air Force et un avion de combat britannique les 18 et 20 juillet. Lundi dernier, l’armée américaine a confirmé la capture par les Talibans de l’un de ses soldats, une première dans ce conflit.

C’est à se demander comment quelques milliers d’irréductibles Talibans peuvent-ils causer de tels dégâts sans la complicité voire l’appui d’une bonne partie de la population ?

Cette recrudescence des combats est le résultat l’opération "Khanjar" lancée, début juillet, par la coalition dans le cadre de la nouvelle stratégie de l’administration états-unienne.

En attaquant les Talibans dans la province de l’Helmand, leur fief dans le sud Afghan, parallèlement à l’action de l’armée Pakistanaise contre les Talibans de l’autre côté de la frontière, les Etats-Unis ont pour objectif « de perturber, de démanteler et, au bout du compte, de battre Al-Qaïda et ses alliés extrémistes, et d’empêcher leur retour dans ces deux pays » (cf. discours de Mme Hilary Clinton prononcé ce 15 juillet au Council of Foreign Relations).

Cette opération intervient parallèlement au retrait des forces américaines des villes Irakiennes, qui permet le redéploiement en Afghanistan d’environ 17 000 soldats, et ce, à quelques semaines des prochaines élections présidentielles prévues le 20 août prochain.

La riposte Afghane à cette opération a certes pour chef de file les Talibans. Mais elle est également tribale, ethnique ou simplement anticoloniale. Elle consiste à frapper dans plusieurs zones du territoire contre les forces et les bases de la Coalition, les forces de l’ordre et les sites du Gouvernement contesté ou ceux fréquentés en nombre par les Etrangers.

La méthode de guérillas est la même que celle employée pendant la première guerre d’Afghanistan, au cours des années 1980, avec la nouveauté que constitue le recours aux attentats "importés" du conflit Irakien.

La riposte Afghane vise à desserrer l’étau sur les zones de concentration de l’opération "Khanjar" qui souffre, selon les analystes militaires, de manque de moyens humains, matériels et aériens dans ce vaste territoire montagneux qu’est l’Afghanistan.

Son second objectif est de barrer la route, en perspective des prochaines élections, à toute légitimation populaire du Gouvernement central Afghan soutenu par Washington.

Gangréné par la corruption et le favoritisme ethnique, dominé par les seigneurs de guerre coupables d’exactions contre la population civile, incapable de reconstruire le pays ni même d’assurer la moindre sécurité basique aux Afghans, le gouvernement d’Hamid Karazaï aura fourni, en huit ans, autant de preuves de sa défaillance et de son inefficacité.

C’est à croire que les Talibans ont un allié de poids dans cette guerre : le bilan catastrophique du Gouvernement Afghan et la corruption !

Le salut sera politique ou ne sera pas !

De l’avis de nombreux observateurs les alternatives politiques sont quasi-inexistantes en Afghanistan à quelques semaines du scrutin présidentiel. Mr Karazaï a toutes les chances d’être réélu faute d’une opposition unie et décidée à renoncer aux calculs partisans au service de l’intérêt national.

L’autre élément clef est l’attitude des insurgés face aux tentatives des Etats-Unis de les intégrer sous conditions dans le processus politique.

Dans son discours du 15 juillet, Mme Hilary Clinton a reconnu que "Tous ceux qui combattent aux côtés des talibans ne soutiennent pas nécessairement Al-Qaïda, ni ne croient au bien-fondé de la politique extrémiste qu’avaient mise en œuvre les talibans lorsqu’ils étaient au pouvoir" avant d’ajouter :

"Aujourd’hui, avec nos alliés afghans, nous sommes prêts à accepter tout partisan des talibans qui renonce à Al-Qaïda, qui dépose ses armes et qui est disposé à prendre sa place au sein d’une société libre et ouverte telle qu’elle est prescrite par la Constitution afghane".

Jusqu’à présent les tentatives des Etats-Unis (aidés par le Pakistan et l’Arabie Saoudite) de convaincre les Talibans dits "modérés" d’intégrer le processus politique n’arrivent pas à aboutir.

Au niveau du Pakistan, la grande inconnue reste l’attitude de l’armée dont on connait les liens historiques avec les Talibans. La situation socio-économique peu enviable du Pakistan et le mécontentement populaire contre la politique américaine dans la région sont des éléments importants qui pourraient conduire à l’implosion de l’armée.

L’Afghanistan, en guerre depuis trente ans et l’un des pays les plus pauvres au monde, n’a d’intérêt pour les grandes puissances que sur le plan géostratégique : son rôle de zone tampon entre l’Asie centrale riche en réserves énergétiques et les frères ennemis Pakistanais et Indiens dotés de l’arme nucléaire.

L’administration Obama sait déjà qu’il ne lui sera pas facile de sécuriser ce territoire par la force, sans l’appui de l’armée Pakistanaise de l’autre côté de la frontière. Elle est entrain de constater sur le terrain qu’il lui sera quasi-impossible de réussir cette mission (avant les prochaines élections en 2012 aux Etats-Unis ?) sans faire de concessions ni changements politiques suffisamment fédérateurs, pour la paix et la reconstruction, aussi bien en Afghanistan qu’au Pakistan.

Ben Khabou (24 juillet 2009).

Source : AgoraVox via Yahoo!Actualités

vendredi 24 juillet 2009

11 septembre 2001 : France-Soir fait-il de la propagande ?

Evoquant un sondage sur les théories du complot paru dans un quotidien suisse, un article du site internet de France-Soir n'hésite pas à effectuer un inquiétant raccourci visuel en liant le 11 septembre 2001 au "complot juif".





Le débat a repris de plus belle sur internet autour de la question du 11 septembre 2001, de plus en plus de voix des plus respectables souhaitant la mise en place d'une commission d'enquête indépendante se font entendre. On peut compter parmi celles-ci les plus de 70 000 voix d'électeurs New-Yorkais ayant signé la pétition des familles de victimes (NYCCAN). Elle devrait permettre l'inclusion d'un référendum sur la nécessité d'une nouvelle enquête aux élections municipales de novembre 2009 à New-York.




Associer les images des tours à une légende évoquant l'antisémitisme, sans appareil de décryptage, est très léger pour un quotidien national comme France-Soir, et pas très respectueux pour ces dizaines de milliers de New-Yorkais...


Vidéo : NYC CAN The New York City Coalition for Accountability







lundi 13 juillet 2009

CBC: Anthrax War



An investigation into the deadly world of germ weapons, Anthrax War begins in New York in the days following 9/11. Anthrax-laced letters, mailed to media and U.S. senators, killed five people and spread fear and panic throughout the nation.

For filmmaker Bob Coen, who was raised in Zimbabwe where the former white regime has been accused of unleashing anthrax against the black population, biological weapons have a deep personal meaning. He embarks on a journey that raises troubling questions about the FBI's investigation of the 21st century's first act of biological terrorism.

Coen's investigation takes him from the U.S. to the U.K. and from the edge of Siberia to the tip of Africa. In a rare interview, Coen confronts "Doctor Death" Wouter Basson, who headed Project Coast, the South African apartheid-era bio-warfare program. Project Coast used germ warfare against select targets within the country's black population.

Anthrax War also investigates the mysterious deaths of some of the world's leading anthrax scientists, including Dr. David Kelly, the UK's top military microbiologist, the Soviet defector Dr. Vladimir Pasechnik, and Dr. Bruce Ivins. The FBI claims - despite the doubts of highly ranked U.S. officials - that Ivins was the only person behind the U.S. anthrax murders.

In tracing the 2001 bio-terror attacks in the U.S. to the heart of the U.S. bio-defense program, this film raises an alarm. These attacks that helped prepare a country for war have also spawned a multi-billion dollar bio-defense boom. The line between bio-offense and bio-defense is becoming extremely thin. Biological weapons research is now being conducted by corporations and private labs without effective government oversight. The international treaty prohibiting the development of offensive bio-weapons may no longer be sufficient to keep the world from drifting towards the unthinkable biological warfare.

Anthrax War was written by Harold Crooks and Bob Coen, directed by Bob Coen, shot by Dylan Verrechia, edited by Rosella Tursi and produced by Christine LeGoff and Natalie Dubois. Executive producers are Arnie Gelbart, Yves Jeanneau and Eric Nadler. Anthrax War is a Canada-France coproduction produced by Galafilm and TelFrance/Transformer Films for the Canadian Broadcasting Corporation, Société Radio-Canada and ARTE.


samedi 27 juin 2009

Iran : les SMS, Twitter... et la CIA

NetEco
Publié par Thierry Meyssan le Lundi 22 Juin 2009

La nouvelle d'une possible fraude électorale s'est répandue à Téhéran comme une traînée de poudre et a poussé dans la rue les partisans de l'ayatollah Rafsanjani contre ceux de l'ayatollah Khamenei, provoquant de nombreux morts et une grande instabilité dans tout le moyen-orient. Analyste politique, journaliste controversé, fondateur du Réseau Voltaire et auteur de l'Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban), Thierry Meyssan revient sur cette question en expliquant que cette confusion est savamment entretenue par la CIA grâce aux moyens de communication les plus modernes tels les SMS ou Twitter. Une analyse politique à contre courant de ce qui a pu être dit dans les médias ces derniers jours et que NetEco.com reproduit dans ses colonnes avec l'aimable autorisation de son auteur.



tweet iran
En mars 2000, la secrétaire d'État Madeleine Albright a admis que l'administration Eisenhower avait organisé un changement de régime, en 1953, en Iran et que cet événement historique explique l'hostilité actuelle des Iraniens face aux États-Unis. La semaine dernière, lors de son discours du Caire adressé aux musulmans, le président Obama a officiellement reconnu qu'« en pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d'un gouvernement iranien démocratiquement élu » [1].


À l'époque, l'Iran est contrôlée par une monarchie d'opérette dirigée par le chah Mohammad Reza Pahlavi. Il avait été placé sur le trône par les Britanniques, qui avaient forcé son père, l'officier cosaque pro-nazi Reza Pahlavi, à démissionner. Cependant, le chah doit composer avec un Premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh. Celui-ci, avec l'aide de l'ayatollah Abou al-Qassem Kachani, nationalise les ressources pétrolières [2]. Furieux, les Britanniques convainquent les États-uniens qu'il faut stopper la dérive iranienne avant que le pays ne sombre dans le communisme. La CIA met alors en place l'Opération Ajax visant à renverser Mossadegh avec l'aide du chah, et à le remplacer par le général nazi Fazlollah Zahedi, jusque là détenu par les Britanniques. Il installera le régime de terreur le plus cruel de l'époque, tandis que le chah servira de couverture à ses exactions en posant pour les magazines people occidentaux.


L'opération Ajax fut dirigée par l'archéologue Donald Wilber, l'historien Kermit Roosevelt (le petit-fils du président Theodore Roosevelt) et le général Norman Schwartzkopf Sr. (dont le fils homonyme a commandé l'opération Tempête du désert). Elle reste un modèle de subversion. La CIA imagine un scénario qui donne l'impression d'un soulèvement populaire alors qu'il s'agit d'une opération secrète. Le clou du spectacle étant une manifestation à Téhéran avec 8 000 figurants payés par l'Agence pour fournir des photos convaincantes à la presse occidentale [3].


L'Histoire se répéterait-elle ? Washington a renoncé à attaquer militairement l'Iran et a dissuadé Israël de prendre une telle initiative. Pour parvenir à « changer le régime », l'administration Obama préfère jouer la carte —moins dangereuse, mais plus aléatoire— de l'action secrète. À l'issue de l'élection présidentielle iranienne, de vastes manifestations opposent dans les rues de Téhéran les partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et du guide Ali Khamenei d'un côté, aux partisans du candidat malheureux Mir-Hossein Mousavi et de l'ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani de l'autre. Elle traduisent un profond clivage dans la société iranienne entre un prolétariat nationaliste et une bourgeoisie qui déplore d'être tenue à l'écart de la globalisation économique [4]. Agissant en sous-main, Washington tente de peser sur les événements pour renverser le président réélu.


Une nouvelle fois, l'Iran est un champ d'expérimentation de méthodes innovantes de subversion. La CIA s'appuie en 2009 sur une arme nouvelle : la maîtrise des téléphones portables.


Depuis la généralisation des téléphones portables, les services secrets anglo-saxons ont multiplié leurs capacités d'interception. Alors que l'écoute des téléphones filaires nécessite la pose de bretelles de dérivation, donc des agents sur place, l'écoute des portables peut se faire à distance grâce au réseau Échelon. Toutefois, ce système ne permet pas d'interception des communications téléphoniques via Skype, d'où le succès des téléphones Skype dans les zones de conflit [5]. La National Security Agency (NSA) vient donc de démarcher les fournisseurs d'accès internet du monde entier pour obtenir leur concours. Ceux qui ont accepté ont été grassement rétribués [6].


Dans les pays qu'ils occupent —Irak, Afghanistan et Pakistan—, les Anglo-Saxons interceptent la totalité des conversations téléphoniques qu'elles soient émises par des portables ou qu'elles soient filaires. Le but n'est pas de disposer de retranscription de telle ou telle conversation, mais d'identifier les « réseaux sociaux ». En d'autres termes, les téléphones sont des mouchards qui permettent de savoir avec qui une personne donnée est en relation. Partant de là, on peut espérer identifier les réseaux de résistance. Dans un second temps, les téléphones permettent de localiser les cibles identifiées, et de les « neutraliser ».


C'est pourquoi, en février 2008, les insurgés afghans ont ordonné aux divers opérateurs de stopper leur activité chaque jour de 17h à 03h, de manière à empêcher les Anglo-Saxons de suivre leurs déplacements. Les antennes-relais de ceux qui ont contrevenu à cet ordre ont été détruites [7].


À l'inverse, —hormis un central téléphonique touché par erreur—, les forces israéliennes se sont bien gardées de bombarder les relais téléphoniques à Gaza, lors de l'opération Plomb durci, en décembre 2008-janvier 2009. Il s'agit là d'un changement complet de stratégie chez les Occidentaux. Depuis la guerre du Golfe prévalait la « théorie des cinq cercles » du colonel John A. Warden : le bombardement des infrastructures de téléphonie était considéré comme un objectif stratégique à la fois pour plonger la population dans la confusion et pour couper les communications entre les centres de commandement et les combattants. Désormais, c'est le contraire, il faut protéger les infrastructures de télécommunications. Durant les bombardements de Gaza, l'opérateur Jawwal [8] a offert du crédit à ses abonnés, officiellement pour leur venir en aide, de facto dans l'intérêt des Israéliens.


Franchissant un pas, les services secrets anglo-saxons et israéliens ont développé des méthodes de guerre psychologique basées sur l'usage extensif des portables. En juillet 2008, après l'échange de prisonniers et dépouilles entre Israël et le Hezbollah, des robots ont lancé des dizaines de milliers d'appel vers des portables libanais. Une voix en arabe mettait en garde contre toute participation à la Résistance et dénigrait le Hezbollah. Le ministre libanais des télécom, Jibran Bassil [9], avait déposé une plainte à l'ONU contre cette flagrante violation de la souveraineté du pays [10].


Sur le même modèle des dizaines de milliers de Libanais et de Syriens ont reçu un appel automatique en octobre 2008 leur proposant 10 millions de dollars contre toute information qui permettrait de localiser et de délivrer des soldats israéliens prisonniers. Les personnes intéressées pour collaborer étaient invitées à joindre un numéro au Royaume-Uni [11].


Cette méthode vient d'être employée en Iran pour intoxiquer la population en répandant des nouvelles choquantes, et pour canaliser le mécontentement qu'elles suscitent.


En premier lieu, il s'est agit de répandre par SMS durant la nuit du dépouillement la nouvelle selon laquelle le Conseil des gardiens de la Constitution (équivalent de la Cour constitutionnelle) avaient informé Mir-Hossein Mousavi de sa victoire. Dès lors, l'annonce, plusieurs heures plus tard des résultats officiels —la réélection de Mahmoud Ahmadinejad avec 64 % des suffrages exprimés— paraissait un gigantesque trucage. Pourtant, trois jours plus tôt, M. Mousavi et ses amis considéraient la victoire massive de M. Ahmadinejad comme certaine et s'efforçaient de l'expliquer par des déséquilibres dans la campagne électorale. Ainsi l'ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani détaillait ses griefs dans une lettre ouverte. Les instituts de sondage US en Iran pronostiquaient une avance de M. Ahmadinejad de 20 points sur M. Mousavi [12]. À aucun moment, la victoire de M. Mousavi n'a paru possible, même s'il est probable que des trucages ont accentué la marge entre les deux candidats.


Dans un second temps, des citoyens ont été sélectionnés ou se sont fait connaître sur internet pour converser sur Facebook ou s'abonner à des fils de dépêche Twitter. Ils ont alors reçu, toujours par SMS, des informations —vraies ou fausses— sur l'évolution de la crise politique et les manifestations en cours. Ce sont ces dépêches anonymes qui ont répandu les nouvelles de fusillades et de morts nombreux ; nouvelles à ce jour non confirmées. Par un malencontreux hasard de calendrier, la société Twitter devait suspendre son service durant une nuit, le temps nécessaire à la maintenance de ses installations. Mais le département d'État des États-Unis est intervenu pour lui demander de surseoir à cette opération [13]. Selon le New York Times, ces opérations contribuent à semer la défiance dans la population [14].


Simultanément, dans un effort nouveau la CIA mobilise les militants anti-iraniens aux USA et au Royaume-Uni pour ajouter au désordre. Un Guide pratique de la révolution en Iran leur a été distribué, il comprend plusieurs conseils pratiques, dont :

Régler les comptes Twitter sur le fuseau horaire de Téhéran ;

Centraliser les messages sur les comptes Twitter @stopAhmadi, #iranelection et #gr88 ;

Ne pas attaquer les sites internet officiels de l'État iranien. « Laissez faire l'armée » US pour cela (sic).

Mis en application, ces conseils empêchent toute authentification des messages Twitter. On ne peut plus savoir s'ils sont envoyés par des témoins des manifestations à Téhéran ou par des agents de la CIA à Langley, et l'on ne peut plus distinguer le vrai du faux. Le but est de creer toujours plus de confusion et de pousser les Iraniens à se battre entre eux.


Les états-majors, partout dans le monde, suivent avec attention les événements à Téhéran. Chacun tente d'évaluer l'efficacité de cette nouvelle méthode de subversion dans le laboratoire iranien. À l'évidence, le processus de déstabilisation a fonctionné. Mais il n'est pas sûr que la CIA puisse canaliser les manifestants pour qu'ils fassent eux-mêmes ce que le Pentagone a renoncé à faire et qu'ils n'ont aucune envie de faire : changer le régime, clore la révolution islamique.



Sources
[1] « Discours à l'université du Caire », par Barack Obama, Réseau Voltaire, 4 juin 2009.
[2] « BP-Amoco, coalition pétrolière anglo-saxonne », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 10 juin 2004.
[3] Sur le coup de 1953, l'ouvrage de référence est All the Shah's Men : An American Coup and the Roots of Middle East Terror, par Stephen Kinzer, John Wiley & Sons éd (2003), 272 pp. Pour les lecteurs francophones, signalons le dernier chapitre du récent livre de Gilles Munier, Les espions de l'or noir, Koutoubia éd (2009), 318 pp.
[4] « La société iranienne paralysée », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2004.
[5] « Taliban using Skype phones to dodge MI6 », par Glen Owen, Mail Online, 13 septembre 2008.
[6] « NSA offering 'billions' for Skype eavesdrop solution », par Lewis Page, The Register, 12 février 2009.
[7] « Taliban Threatens Cell Towers », par Noah Shachtman, Wired, 25 février 2008.
[8] Jawwal est la marque de PalTel, la société du milliardaire palestinien Munib Al-Masri.
[9] Jibran Bassil est un des principaux leaders du Courant patriotique libre, le parti nationaliste de Michel Aoun.
[10] « Freed Lebanese say they will keep fighting Israel », Associated Press, 17 juillet 2008.
[11] L'auteur de cet article a été témoin de ces appels. On pourra aussi consulter « Strange Israeli phone calls alarm Syrians. Israeli intelligence services accused of making phone calls to Syrians in bid to recruit agents », Syria News Briefing, 4 décembre 2008.
[12] Cité dans « Ahmadinejad won. Get over it », par Flynt Leverett et Hillary Mann Leverett, Politico, 15 juin 2009.
[13] « U.S. State Department speaks to Twitter over Iran », Reuters, 16 juin 2009.
[14] « Social Networks Spread Defiance Online », par Brad Stone et Noam Cohen, The New York Times, 15 juin 2009.

dimanche 21 juin 2009

Deux ou trois choses que j'avais à vous dire, par Yildune Lévy

Le Monde.fr

| 20.06.09 | 13h27 • Mis à jour le 20.06.09 | 15h50


C'est un homme, dans un bureau, comme tant d'autres hommes dans tant d'autres bureaux auxquels il ressemble sans ressembler à rien. Celui-là dispose d'un pouvoir spécial, certainement dû au fait que son bureau occupe le dernier étage d'une quelconque tour d'un palais de justice.


On dit qu'il instruit, qui ? quoi ? Il instruit. Il écroue. Il interroge. Il rend des ordonnances, de pâles ordonnances, où quelques articles de loi, une poignée de formules convenues et de considérations vagues se concluent par d'impénétrables mesures de contrôle judiciaire. Benjamin, certainement trop apprécié comme épicier à Tarnac, sera assigné à résidence chez sa mère en Normandie, où il n'a jamais vécu, à 30 ans. Manon et moi, qui partagions tout à Fleury, n'avons plus le droit de nous voir maintenant que nous sommes "libres". Julien peut se mouvoir dans toute la couronne parisienne, non traverser Paris, au cas où lui viendrait la tentation de prendre d'assaut l'Hôtel de Ville, sans doute.


Tel ami qui le visitait au parloir de la Santé doit se garder de le croiser désormais, sous peine de réincarcération. L'homme au bureau construit un dédale de murs invisibles, un labyrinthe d'impossibilités factices où nous sommes censés nous perdre, et perdre la raison. Il y a un ordre dans cet écheveau d'absurdités, une politique de désorientation sous les accents neutres du judiciaire.


On nous libère en prétextant qu'il n'y a pas de "risque de concertation frauduleuse" pour ensuite nous interdire de nous voir et nous exiler ici ou là, loin de Tarnac. On autorise un mariage tout en en faisant savamment fuiter le lieu et la date. On fragnole (1), à coup sûr, mais pas seulement.


C'est par ses incohérences qu'un ordre révèle sa logique. Le but de cette procédure n'est pas de nous amener à la fin à un procès, mais, ici et maintenant, et pour le temps qu'il faudra, de tenir un certain nombre de vies sous contrôle. De pouvoir déployer contre nous, à tout instant, tous les moyens exorbitants de l'antiterrorisme pour nous détruire, chacun et tous ensemble, en nous séparant, en nous assignant, en starifiant l'un, en faisant parler l'autre, en tentant de pulvériser cette vie commune où gît toute puissance.



La procédure en cours ne produit qu'incidemment des actes judiciaires, elle autorise d'abord à briser des liens, des amitiés, à défaire, à piétiner, à supplicier non des corps, mais ce qui les fait tenir : l'ensemble des relations qui nous constituent, relations à des êtres chers, à un territoire, à une façon de vivre, d'oeuvrer, de chanter. C'est un massacre dans l'ordre de l'impalpable. Ce à quoi s'attaque la justice ne fera la "une" d'aucun journal télévisé : la douleur de la séparation engendre des cris, non des images. Avoir "désorganisé le groupe", comme dit le juge, ou "démantelé une structure anarchoautonome clandestine", comme dit la sous-direction antiterroriste, c'est dans ces termes que se congratulent les tristes fonctionnaires de la répression, grises Pénélope qui défont le jour les entités qu'ils cauchemardent la nuit.


Poursuivis comme terroristes pour détention de fumigènes artisanaux au départ d'une manifestation, Ivan et Bruno ont préféré, après quatre mois de prison, la cavale à une existence sous contrôle judiciaire. Nous acculer à la clandestinité pour simplement pouvoir serrer dans nos bras ceux que nous aimons serait un effet non fortuit de la manoeuvre en cours.


Ladite "affaire de Tarnac", l'actuelle chasse à l'autonome ne méritent pas que l'on s'y attarde, sinon comme machine de vision. On s'indigne, en règle générale, de ce que l'on ne veut pas voir. Mais ici pas plus qu'ailleurs il n'y a lieu de s'indigner. Car c'est la logique d'un monde qui s'y révèle. A cette lumière, l'état de séparation scrupuleuse qui règne de nos jours, où le voisin ignore le voisin, où le collègue se défie du collègue, où chacun est affairé à tromper l'autre, à s'en croire le vainqueur, où

nous échappe tant l'origine de ce que nous mangeons, que la fonction des faussetés, dont les médias pourvoient la conversation du jour, n'est pas le résultat d'une obscure décadence, mais l'objet d'une police constante.


Elle éclaire jusqu'à la rage d'occupation policière dont le pouvoir submerge les quartiers populaires.

On envoie les unités territoriales de quartier (UTEQ) quadriller les cités ; depuis le 11 novembre 2008, les gendarmes se répandent en contrôles incessants sur le plateau de Millevaches. On escompte qu'avec le temps la population finira par rejeter ces "jeunes" comme s'ils étaient la cause de ce désagrément. L'appareil d'Etat dans tous ses organes se dévoile peu à peu comme une monstrueuse formation de ressentiment, d'un ressentiment tantôt brutal, tantôt ultrasophistiqué, contre toute existence collective, contre cette vitalité populaire qui, de toutes parts, le déborde, lui

échappe et dans quoi il ne cesse de voir une menace caractérisée, là où elle ne voit en lui qu'un obstacle absurde, et absurdement mauvais.


Mais que peut-elle, cette formation ? Inventer des "associations de malfaiteurs", voter des "lois antibandes", greffer des incriminations collectives sur un droit qui prétend ne connaître de responsabilité qu'individuelle. Que peut-elle ? Rien, ou si peu. Abîmer à la marge, en neutraliser quelques-uns, en effrayer quelques autres. Cette politique de séparation se retourne même, par un effet de surprise : pour un neutralisé, cent se politisent ; de nouveaux liens fleurissent là où l'on s'y attendait le moins ; en prison, dans les comités de soutien se rencontrent ceux qui n'auraient jamais dû ; quelque chose se lève là où devaient régner à jamais l'impuissance et la dépression. Troublant spectacle que de voir la mécanique répressive se déglinguer devant la résistance infinie que lui opposent l'amour et l'amitié. C'est une infirmité constitutive du pouvoir que d'ignorer la joie d'avoir des camarades.

Comment un homme dans l'Etat pourrait-il comprendre qu'il n'y a rien de moins désirable, pour moi, que d'être la femme d'un chef ?


Face à l'état démantelé du présent, face à la politique étatique, je n'arrive à songer, dans les quartiers, dans les usines, dans les écoles, les hôpitaux ou les campagnes, qu'à une politique qui reparte des liens, les densifie, les peuple et nous mène hors du cercle clos où nos vies se consument.

Certains se retrouveront à la fontaine des Innocents à Paris, ce dimanche 21 juin, à 15 heures. Toutes les occasions sont bonnes pour reprendre la rue, même la Fête de la musique.



Etudiante, Yildune Lévy est mise en examen dans l'"affaire de Tarnac".


(1) Il manque assurément au vocabulaire français un verbe pour désigner la passion que met un assis

à rendre, par mille manoeuvres minuscules, la vie impossible aux autres. Je propose d'ajouter pour

combler cette lacune à l'édition 2011 du Petit Robert le verbe "fragnoler" d'où découlent

probablement le substantif "fragnolage", l'adjectif "fragnolesque" et l'expression argotique "T'es

fragno !" dont l'usage est attesté et ne cesse de se répandre.

mercredi 17 juin 2009

11 septembre 2001 : l'effrayante vérité

Invité le 28 mai 2009 sur le plateau de la chaîne de télévision américaine KMPH Fox 26 du groupe FOX TV, l’architecte et spécialiste des structures en acier Richard Gage détaille en direct les éléments de preuves indiquant une démolition contrôlée des tours du World Trade Center. Saisissant !




Richard Gage, figure centrale du mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre, est le fondateur de l'association "Architectes et Ingénieurs pour la Vérité sur le 11 Septembre", un groupe qui rassemble à ce jour 700 ingénieurs et architectes pour demander au Sénat US une nouvelle enquête sur les attentats.

On notera l'attitude très professionnelle des journalistes, qui écoutent les arguments de Gage sans verser dans la sempiternelle rhétorique du "conspirationnisme". Une attitude qu'on aimerait enfin voir dans les médias français...

vendredi 29 mai 2009

11 septembre : les New-yorkais veulent une nouvelle enquête

Sous l'impulsion de nombreux proches de victimes et de sauveteurs du 11 septembre 2001, plus de 40 000 électeurs new-yorkais* ont déjà signé une pétition qui pourrait conduire à la mise en place d'un référendum pour la constitution d'une nouvelle enquête sur les attentats aux élections de novembre 2009.



A la suite de la publication du Rapport de la Commission d'Enquête sur le 11 septembre en 2004, 66% des New-yorkais étaient en faveur d'une autre investigation à même de traiter les "questions toujours sans réponse".
Le Président de la Commission d'Enquête sur le 11 septembre, Thomas Kean, dira plus tard, dans une stupéfiante déclaration, que la Commission d'Enquête avait été, selon ses propres termes, "conçue pour échouer".
La NYCCAN (NYC Coalition for Accountability Now, coalition new-yorquaise pour un établissement des responsabilités maintenant) se mobilise pour offrir aux familles de victimes du 11 septembre, aux sauveteurs et à tous les new-yorkais ce à quoi ils ont droit : une investigation qui réussisse.

Comment ?

Les électeurs new-yorkais peuvent mandater la formation d'une nouvelle investigation avec pouvoir d'assignation en signant une pétition pour ajouter un référendum au bulletin de vote des élections générales de novembre 2009. Avec le passage de ce référendum, la ville de New-York va faire un pas de géant vers la vérité et la justice.

* Le nombre minimal de 45 000 signataires, permettant l'inclusion automatique du référendum dans la consultation de novembre 2009, sera largement dépassé. Les organisateurs espèrent atteindre un total de 75 000 signatures.

Plus d'information sur le site de la NYCCAN.

Du bist terrorist / Tu es un terroriste

jeudi 7 mai 2009

9/11 : An American Coup

22/9/2009

mardi 7 avril 2009

David Ray Griffin : Un nouveau regard sur le 11 septembre

Conférence / Débat
vendredi 17 avril 2009
Espace 1789
SAINT-OUEN



"Un mythe est une idée qui, bien que largement admise, est fausse.
Dans un sens plus profond, au sens religieux, un Mythe est une histoire destinée à orienter et à mobiliser les peuples.
L'intérêt n'est pas dans le rapport de cette histoire à la réalité, mais dans sa fonction mobilisatrice. Cette histoire ne peut pas fonctionner si elle n'est pas perçue comme vraie par une communauté ou une nation. Ce n'est pas sujet à débat : si des gens ont le mauvais goût de questionner la véracité de l'Histoire Sacrée, les Gardiens de la Foi ne débattrons pas avec eux, ils les ignoreront ou les dénonceront comme blasphémateurs."
Pr. David Ray Griffin

Pour aller rencontrer DRG à Saint-Ouen et passer du Mythe à la Réalité, c'est par ici.

Et si Saint-Ouen fait loin, on peut aussi regarder cette conférence sous-titrée en Français, "11 septembre : Le Mythe et la Réalité" :