lundi 13 juillet 2009

CBC: Anthrax War



An investigation into the deadly world of germ weapons, Anthrax War begins in New York in the days following 9/11. Anthrax-laced letters, mailed to media and U.S. senators, killed five people and spread fear and panic throughout the nation.

For filmmaker Bob Coen, who was raised in Zimbabwe where the former white regime has been accused of unleashing anthrax against the black population, biological weapons have a deep personal meaning. He embarks on a journey that raises troubling questions about the FBI's investigation of the 21st century's first act of biological terrorism.

Coen's investigation takes him from the U.S. to the U.K. and from the edge of Siberia to the tip of Africa. In a rare interview, Coen confronts "Doctor Death" Wouter Basson, who headed Project Coast, the South African apartheid-era bio-warfare program. Project Coast used germ warfare against select targets within the country's black population.

Anthrax War also investigates the mysterious deaths of some of the world's leading anthrax scientists, including Dr. David Kelly, the UK's top military microbiologist, the Soviet defector Dr. Vladimir Pasechnik, and Dr. Bruce Ivins. The FBI claims - despite the doubts of highly ranked U.S. officials - that Ivins was the only person behind the U.S. anthrax murders.

In tracing the 2001 bio-terror attacks in the U.S. to the heart of the U.S. bio-defense program, this film raises an alarm. These attacks that helped prepare a country for war have also spawned a multi-billion dollar bio-defense boom. The line between bio-offense and bio-defense is becoming extremely thin. Biological weapons research is now being conducted by corporations and private labs without effective government oversight. The international treaty prohibiting the development of offensive bio-weapons may no longer be sufficient to keep the world from drifting towards the unthinkable biological warfare.

Anthrax War was written by Harold Crooks and Bob Coen, directed by Bob Coen, shot by Dylan Verrechia, edited by Rosella Tursi and produced by Christine LeGoff and Natalie Dubois. Executive producers are Arnie Gelbart, Yves Jeanneau and Eric Nadler. Anthrax War is a Canada-France coproduction produced by Galafilm and TelFrance/Transformer Films for the Canadian Broadcasting Corporation, Société Radio-Canada and ARTE.


samedi 27 juin 2009

Iran : les SMS, Twitter... et la CIA

NetEco
Publié par Thierry Meyssan le Lundi 22 Juin 2009

La nouvelle d'une possible fraude électorale s'est répandue à Téhéran comme une traînée de poudre et a poussé dans la rue les partisans de l'ayatollah Rafsanjani contre ceux de l'ayatollah Khamenei, provoquant de nombreux morts et une grande instabilité dans tout le moyen-orient. Analyste politique, journaliste controversé, fondateur du Réseau Voltaire et auteur de l'Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban), Thierry Meyssan revient sur cette question en expliquant que cette confusion est savamment entretenue par la CIA grâce aux moyens de communication les plus modernes tels les SMS ou Twitter. Une analyse politique à contre courant de ce qui a pu être dit dans les médias ces derniers jours et que NetEco.com reproduit dans ses colonnes avec l'aimable autorisation de son auteur.



tweet iran
En mars 2000, la secrétaire d'État Madeleine Albright a admis que l'administration Eisenhower avait organisé un changement de régime, en 1953, en Iran et que cet événement historique explique l'hostilité actuelle des Iraniens face aux États-Unis. La semaine dernière, lors de son discours du Caire adressé aux musulmans, le président Obama a officiellement reconnu qu'« en pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d'un gouvernement iranien démocratiquement élu » [1].


À l'époque, l'Iran est contrôlée par une monarchie d'opérette dirigée par le chah Mohammad Reza Pahlavi. Il avait été placé sur le trône par les Britanniques, qui avaient forcé son père, l'officier cosaque pro-nazi Reza Pahlavi, à démissionner. Cependant, le chah doit composer avec un Premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh. Celui-ci, avec l'aide de l'ayatollah Abou al-Qassem Kachani, nationalise les ressources pétrolières [2]. Furieux, les Britanniques convainquent les États-uniens qu'il faut stopper la dérive iranienne avant que le pays ne sombre dans le communisme. La CIA met alors en place l'Opération Ajax visant à renverser Mossadegh avec l'aide du chah, et à le remplacer par le général nazi Fazlollah Zahedi, jusque là détenu par les Britanniques. Il installera le régime de terreur le plus cruel de l'époque, tandis que le chah servira de couverture à ses exactions en posant pour les magazines people occidentaux.


L'opération Ajax fut dirigée par l'archéologue Donald Wilber, l'historien Kermit Roosevelt (le petit-fils du président Theodore Roosevelt) et le général Norman Schwartzkopf Sr. (dont le fils homonyme a commandé l'opération Tempête du désert). Elle reste un modèle de subversion. La CIA imagine un scénario qui donne l'impression d'un soulèvement populaire alors qu'il s'agit d'une opération secrète. Le clou du spectacle étant une manifestation à Téhéran avec 8 000 figurants payés par l'Agence pour fournir des photos convaincantes à la presse occidentale [3].


L'Histoire se répéterait-elle ? Washington a renoncé à attaquer militairement l'Iran et a dissuadé Israël de prendre une telle initiative. Pour parvenir à « changer le régime », l'administration Obama préfère jouer la carte —moins dangereuse, mais plus aléatoire— de l'action secrète. À l'issue de l'élection présidentielle iranienne, de vastes manifestations opposent dans les rues de Téhéran les partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et du guide Ali Khamenei d'un côté, aux partisans du candidat malheureux Mir-Hossein Mousavi et de l'ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani de l'autre. Elle traduisent un profond clivage dans la société iranienne entre un prolétariat nationaliste et une bourgeoisie qui déplore d'être tenue à l'écart de la globalisation économique [4]. Agissant en sous-main, Washington tente de peser sur les événements pour renverser le président réélu.


Une nouvelle fois, l'Iran est un champ d'expérimentation de méthodes innovantes de subversion. La CIA s'appuie en 2009 sur une arme nouvelle : la maîtrise des téléphones portables.


Depuis la généralisation des téléphones portables, les services secrets anglo-saxons ont multiplié leurs capacités d'interception. Alors que l'écoute des téléphones filaires nécessite la pose de bretelles de dérivation, donc des agents sur place, l'écoute des portables peut se faire à distance grâce au réseau Échelon. Toutefois, ce système ne permet pas d'interception des communications téléphoniques via Skype, d'où le succès des téléphones Skype dans les zones de conflit [5]. La National Security Agency (NSA) vient donc de démarcher les fournisseurs d'accès internet du monde entier pour obtenir leur concours. Ceux qui ont accepté ont été grassement rétribués [6].


Dans les pays qu'ils occupent —Irak, Afghanistan et Pakistan—, les Anglo-Saxons interceptent la totalité des conversations téléphoniques qu'elles soient émises par des portables ou qu'elles soient filaires. Le but n'est pas de disposer de retranscription de telle ou telle conversation, mais d'identifier les « réseaux sociaux ». En d'autres termes, les téléphones sont des mouchards qui permettent de savoir avec qui une personne donnée est en relation. Partant de là, on peut espérer identifier les réseaux de résistance. Dans un second temps, les téléphones permettent de localiser les cibles identifiées, et de les « neutraliser ».


C'est pourquoi, en février 2008, les insurgés afghans ont ordonné aux divers opérateurs de stopper leur activité chaque jour de 17h à 03h, de manière à empêcher les Anglo-Saxons de suivre leurs déplacements. Les antennes-relais de ceux qui ont contrevenu à cet ordre ont été détruites [7].


À l'inverse, —hormis un central téléphonique touché par erreur—, les forces israéliennes se sont bien gardées de bombarder les relais téléphoniques à Gaza, lors de l'opération Plomb durci, en décembre 2008-janvier 2009. Il s'agit là d'un changement complet de stratégie chez les Occidentaux. Depuis la guerre du Golfe prévalait la « théorie des cinq cercles » du colonel John A. Warden : le bombardement des infrastructures de téléphonie était considéré comme un objectif stratégique à la fois pour plonger la population dans la confusion et pour couper les communications entre les centres de commandement et les combattants. Désormais, c'est le contraire, il faut protéger les infrastructures de télécommunications. Durant les bombardements de Gaza, l'opérateur Jawwal [8] a offert du crédit à ses abonnés, officiellement pour leur venir en aide, de facto dans l'intérêt des Israéliens.


Franchissant un pas, les services secrets anglo-saxons et israéliens ont développé des méthodes de guerre psychologique basées sur l'usage extensif des portables. En juillet 2008, après l'échange de prisonniers et dépouilles entre Israël et le Hezbollah, des robots ont lancé des dizaines de milliers d'appel vers des portables libanais. Une voix en arabe mettait en garde contre toute participation à la Résistance et dénigrait le Hezbollah. Le ministre libanais des télécom, Jibran Bassil [9], avait déposé une plainte à l'ONU contre cette flagrante violation de la souveraineté du pays [10].


Sur le même modèle des dizaines de milliers de Libanais et de Syriens ont reçu un appel automatique en octobre 2008 leur proposant 10 millions de dollars contre toute information qui permettrait de localiser et de délivrer des soldats israéliens prisonniers. Les personnes intéressées pour collaborer étaient invitées à joindre un numéro au Royaume-Uni [11].


Cette méthode vient d'être employée en Iran pour intoxiquer la population en répandant des nouvelles choquantes, et pour canaliser le mécontentement qu'elles suscitent.


En premier lieu, il s'est agit de répandre par SMS durant la nuit du dépouillement la nouvelle selon laquelle le Conseil des gardiens de la Constitution (équivalent de la Cour constitutionnelle) avaient informé Mir-Hossein Mousavi de sa victoire. Dès lors, l'annonce, plusieurs heures plus tard des résultats officiels —la réélection de Mahmoud Ahmadinejad avec 64 % des suffrages exprimés— paraissait un gigantesque trucage. Pourtant, trois jours plus tôt, M. Mousavi et ses amis considéraient la victoire massive de M. Ahmadinejad comme certaine et s'efforçaient de l'expliquer par des déséquilibres dans la campagne électorale. Ainsi l'ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani détaillait ses griefs dans une lettre ouverte. Les instituts de sondage US en Iran pronostiquaient une avance de M. Ahmadinejad de 20 points sur M. Mousavi [12]. À aucun moment, la victoire de M. Mousavi n'a paru possible, même s'il est probable que des trucages ont accentué la marge entre les deux candidats.


Dans un second temps, des citoyens ont été sélectionnés ou se sont fait connaître sur internet pour converser sur Facebook ou s'abonner à des fils de dépêche Twitter. Ils ont alors reçu, toujours par SMS, des informations —vraies ou fausses— sur l'évolution de la crise politique et les manifestations en cours. Ce sont ces dépêches anonymes qui ont répandu les nouvelles de fusillades et de morts nombreux ; nouvelles à ce jour non confirmées. Par un malencontreux hasard de calendrier, la société Twitter devait suspendre son service durant une nuit, le temps nécessaire à la maintenance de ses installations. Mais le département d'État des États-Unis est intervenu pour lui demander de surseoir à cette opération [13]. Selon le New York Times, ces opérations contribuent à semer la défiance dans la population [14].


Simultanément, dans un effort nouveau la CIA mobilise les militants anti-iraniens aux USA et au Royaume-Uni pour ajouter au désordre. Un Guide pratique de la révolution en Iran leur a été distribué, il comprend plusieurs conseils pratiques, dont :

Régler les comptes Twitter sur le fuseau horaire de Téhéran ;

Centraliser les messages sur les comptes Twitter @stopAhmadi, #iranelection et #gr88 ;

Ne pas attaquer les sites internet officiels de l'État iranien. « Laissez faire l'armée » US pour cela (sic).

Mis en application, ces conseils empêchent toute authentification des messages Twitter. On ne peut plus savoir s'ils sont envoyés par des témoins des manifestations à Téhéran ou par des agents de la CIA à Langley, et l'on ne peut plus distinguer le vrai du faux. Le but est de creer toujours plus de confusion et de pousser les Iraniens à se battre entre eux.


Les états-majors, partout dans le monde, suivent avec attention les événements à Téhéran. Chacun tente d'évaluer l'efficacité de cette nouvelle méthode de subversion dans le laboratoire iranien. À l'évidence, le processus de déstabilisation a fonctionné. Mais il n'est pas sûr que la CIA puisse canaliser les manifestants pour qu'ils fassent eux-mêmes ce que le Pentagone a renoncé à faire et qu'ils n'ont aucune envie de faire : changer le régime, clore la révolution islamique.



Sources
[1] « Discours à l'université du Caire », par Barack Obama, Réseau Voltaire, 4 juin 2009.
[2] « BP-Amoco, coalition pétrolière anglo-saxonne », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 10 juin 2004.
[3] Sur le coup de 1953, l'ouvrage de référence est All the Shah's Men : An American Coup and the Roots of Middle East Terror, par Stephen Kinzer, John Wiley & Sons éd (2003), 272 pp. Pour les lecteurs francophones, signalons le dernier chapitre du récent livre de Gilles Munier, Les espions de l'or noir, Koutoubia éd (2009), 318 pp.
[4] « La société iranienne paralysée », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2004.
[5] « Taliban using Skype phones to dodge MI6 », par Glen Owen, Mail Online, 13 septembre 2008.
[6] « NSA offering 'billions' for Skype eavesdrop solution », par Lewis Page, The Register, 12 février 2009.
[7] « Taliban Threatens Cell Towers », par Noah Shachtman, Wired, 25 février 2008.
[8] Jawwal est la marque de PalTel, la société du milliardaire palestinien Munib Al-Masri.
[9] Jibran Bassil est un des principaux leaders du Courant patriotique libre, le parti nationaliste de Michel Aoun.
[10] « Freed Lebanese say they will keep fighting Israel », Associated Press, 17 juillet 2008.
[11] L'auteur de cet article a été témoin de ces appels. On pourra aussi consulter « Strange Israeli phone calls alarm Syrians. Israeli intelligence services accused of making phone calls to Syrians in bid to recruit agents », Syria News Briefing, 4 décembre 2008.
[12] Cité dans « Ahmadinejad won. Get over it », par Flynt Leverett et Hillary Mann Leverett, Politico, 15 juin 2009.
[13] « U.S. State Department speaks to Twitter over Iran », Reuters, 16 juin 2009.
[14] « Social Networks Spread Defiance Online », par Brad Stone et Noam Cohen, The New York Times, 15 juin 2009.

dimanche 21 juin 2009

Deux ou trois choses que j'avais à vous dire, par Yildune Lévy

Le Monde.fr

| 20.06.09 | 13h27 • Mis à jour le 20.06.09 | 15h50


C'est un homme, dans un bureau, comme tant d'autres hommes dans tant d'autres bureaux auxquels il ressemble sans ressembler à rien. Celui-là dispose d'un pouvoir spécial, certainement dû au fait que son bureau occupe le dernier étage d'une quelconque tour d'un palais de justice.


On dit qu'il instruit, qui ? quoi ? Il instruit. Il écroue. Il interroge. Il rend des ordonnances, de pâles ordonnances, où quelques articles de loi, une poignée de formules convenues et de considérations vagues se concluent par d'impénétrables mesures de contrôle judiciaire. Benjamin, certainement trop apprécié comme épicier à Tarnac, sera assigné à résidence chez sa mère en Normandie, où il n'a jamais vécu, à 30 ans. Manon et moi, qui partagions tout à Fleury, n'avons plus le droit de nous voir maintenant que nous sommes "libres". Julien peut se mouvoir dans toute la couronne parisienne, non traverser Paris, au cas où lui viendrait la tentation de prendre d'assaut l'Hôtel de Ville, sans doute.


Tel ami qui le visitait au parloir de la Santé doit se garder de le croiser désormais, sous peine de réincarcération. L'homme au bureau construit un dédale de murs invisibles, un labyrinthe d'impossibilités factices où nous sommes censés nous perdre, et perdre la raison. Il y a un ordre dans cet écheveau d'absurdités, une politique de désorientation sous les accents neutres du judiciaire.


On nous libère en prétextant qu'il n'y a pas de "risque de concertation frauduleuse" pour ensuite nous interdire de nous voir et nous exiler ici ou là, loin de Tarnac. On autorise un mariage tout en en faisant savamment fuiter le lieu et la date. On fragnole (1), à coup sûr, mais pas seulement.


C'est par ses incohérences qu'un ordre révèle sa logique. Le but de cette procédure n'est pas de nous amener à la fin à un procès, mais, ici et maintenant, et pour le temps qu'il faudra, de tenir un certain nombre de vies sous contrôle. De pouvoir déployer contre nous, à tout instant, tous les moyens exorbitants de l'antiterrorisme pour nous détruire, chacun et tous ensemble, en nous séparant, en nous assignant, en starifiant l'un, en faisant parler l'autre, en tentant de pulvériser cette vie commune où gît toute puissance.



La procédure en cours ne produit qu'incidemment des actes judiciaires, elle autorise d'abord à briser des liens, des amitiés, à défaire, à piétiner, à supplicier non des corps, mais ce qui les fait tenir : l'ensemble des relations qui nous constituent, relations à des êtres chers, à un territoire, à une façon de vivre, d'oeuvrer, de chanter. C'est un massacre dans l'ordre de l'impalpable. Ce à quoi s'attaque la justice ne fera la "une" d'aucun journal télévisé : la douleur de la séparation engendre des cris, non des images. Avoir "désorganisé le groupe", comme dit le juge, ou "démantelé une structure anarchoautonome clandestine", comme dit la sous-direction antiterroriste, c'est dans ces termes que se congratulent les tristes fonctionnaires de la répression, grises Pénélope qui défont le jour les entités qu'ils cauchemardent la nuit.


Poursuivis comme terroristes pour détention de fumigènes artisanaux au départ d'une manifestation, Ivan et Bruno ont préféré, après quatre mois de prison, la cavale à une existence sous contrôle judiciaire. Nous acculer à la clandestinité pour simplement pouvoir serrer dans nos bras ceux que nous aimons serait un effet non fortuit de la manoeuvre en cours.


Ladite "affaire de Tarnac", l'actuelle chasse à l'autonome ne méritent pas que l'on s'y attarde, sinon comme machine de vision. On s'indigne, en règle générale, de ce que l'on ne veut pas voir. Mais ici pas plus qu'ailleurs il n'y a lieu de s'indigner. Car c'est la logique d'un monde qui s'y révèle. A cette lumière, l'état de séparation scrupuleuse qui règne de nos jours, où le voisin ignore le voisin, où le collègue se défie du collègue, où chacun est affairé à tromper l'autre, à s'en croire le vainqueur, où

nous échappe tant l'origine de ce que nous mangeons, que la fonction des faussetés, dont les médias pourvoient la conversation du jour, n'est pas le résultat d'une obscure décadence, mais l'objet d'une police constante.


Elle éclaire jusqu'à la rage d'occupation policière dont le pouvoir submerge les quartiers populaires.

On envoie les unités territoriales de quartier (UTEQ) quadriller les cités ; depuis le 11 novembre 2008, les gendarmes se répandent en contrôles incessants sur le plateau de Millevaches. On escompte qu'avec le temps la population finira par rejeter ces "jeunes" comme s'ils étaient la cause de ce désagrément. L'appareil d'Etat dans tous ses organes se dévoile peu à peu comme une monstrueuse formation de ressentiment, d'un ressentiment tantôt brutal, tantôt ultrasophistiqué, contre toute existence collective, contre cette vitalité populaire qui, de toutes parts, le déborde, lui

échappe et dans quoi il ne cesse de voir une menace caractérisée, là où elle ne voit en lui qu'un obstacle absurde, et absurdement mauvais.


Mais que peut-elle, cette formation ? Inventer des "associations de malfaiteurs", voter des "lois antibandes", greffer des incriminations collectives sur un droit qui prétend ne connaître de responsabilité qu'individuelle. Que peut-elle ? Rien, ou si peu. Abîmer à la marge, en neutraliser quelques-uns, en effrayer quelques autres. Cette politique de séparation se retourne même, par un effet de surprise : pour un neutralisé, cent se politisent ; de nouveaux liens fleurissent là où l'on s'y attendait le moins ; en prison, dans les comités de soutien se rencontrent ceux qui n'auraient jamais dû ; quelque chose se lève là où devaient régner à jamais l'impuissance et la dépression. Troublant spectacle que de voir la mécanique répressive se déglinguer devant la résistance infinie que lui opposent l'amour et l'amitié. C'est une infirmité constitutive du pouvoir que d'ignorer la joie d'avoir des camarades.

Comment un homme dans l'Etat pourrait-il comprendre qu'il n'y a rien de moins désirable, pour moi, que d'être la femme d'un chef ?


Face à l'état démantelé du présent, face à la politique étatique, je n'arrive à songer, dans les quartiers, dans les usines, dans les écoles, les hôpitaux ou les campagnes, qu'à une politique qui reparte des liens, les densifie, les peuple et nous mène hors du cercle clos où nos vies se consument.

Certains se retrouveront à la fontaine des Innocents à Paris, ce dimanche 21 juin, à 15 heures. Toutes les occasions sont bonnes pour reprendre la rue, même la Fête de la musique.



Etudiante, Yildune Lévy est mise en examen dans l'"affaire de Tarnac".


(1) Il manque assurément au vocabulaire français un verbe pour désigner la passion que met un assis

à rendre, par mille manoeuvres minuscules, la vie impossible aux autres. Je propose d'ajouter pour

combler cette lacune à l'édition 2011 du Petit Robert le verbe "fragnoler" d'où découlent

probablement le substantif "fragnolage", l'adjectif "fragnolesque" et l'expression argotique "T'es

fragno !" dont l'usage est attesté et ne cesse de se répandre.

mercredi 17 juin 2009

11 septembre 2001 : l'effrayante vérité

Invité le 28 mai 2009 sur le plateau de la chaîne de télévision américaine KMPH Fox 26 du groupe FOX TV, l’architecte et spécialiste des structures en acier Richard Gage détaille en direct les éléments de preuves indiquant une démolition contrôlée des tours du World Trade Center. Saisissant !




Richard Gage, figure centrale du mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre, est le fondateur de l'association "Architectes et Ingénieurs pour la Vérité sur le 11 Septembre", un groupe qui rassemble à ce jour 700 ingénieurs et architectes pour demander au Sénat US une nouvelle enquête sur les attentats.

On notera l'attitude très professionnelle des journalistes, qui écoutent les arguments de Gage sans verser dans la sempiternelle rhétorique du "conspirationnisme". Une attitude qu'on aimerait enfin voir dans les médias français...

vendredi 29 mai 2009

11 septembre : les New-yorkais veulent une nouvelle enquête

Sous l'impulsion de nombreux proches de victimes et de sauveteurs du 11 septembre 2001, plus de 40 000 électeurs new-yorkais* ont déjà signé une pétition qui pourrait conduire à la mise en place d'un référendum pour la constitution d'une nouvelle enquête sur les attentats aux élections de novembre 2009.



A la suite de la publication du Rapport de la Commission d'Enquête sur le 11 septembre en 2004, 66% des New-yorkais étaient en faveur d'une autre investigation à même de traiter les "questions toujours sans réponse".
Le Président de la Commission d'Enquête sur le 11 septembre, Thomas Kean, dira plus tard, dans une stupéfiante déclaration, que la Commission d'Enquête avait été, selon ses propres termes, "conçue pour échouer".
La NYCCAN (NYC Coalition for Accountability Now, coalition new-yorquaise pour un établissement des responsabilités maintenant) se mobilise pour offrir aux familles de victimes du 11 septembre, aux sauveteurs et à tous les new-yorkais ce à quoi ils ont droit : une investigation qui réussisse.

Comment ?

Les électeurs new-yorkais peuvent mandater la formation d'une nouvelle investigation avec pouvoir d'assignation en signant une pétition pour ajouter un référendum au bulletin de vote des élections générales de novembre 2009. Avec le passage de ce référendum, la ville de New-York va faire un pas de géant vers la vérité et la justice.

* Le nombre minimal de 45 000 signataires, permettant l'inclusion automatique du référendum dans la consultation de novembre 2009, sera largement dépassé. Les organisateurs espèrent atteindre un total de 75 000 signatures.

Plus d'information sur le site de la NYCCAN.

Du bist terrorist / Tu es un terroriste

jeudi 7 mai 2009

9/11 : An American Coup

22/9/2009

mercredi 22 avril 2009

"Sarkozy pauvre con !" : Siné Hebdo dépasse-t-il les limites ?


Voici la Une du Siné Hebdo paru aujourd'hui...
On attend la réaction de l'Elysée, et accessoirement celle de l'aboyeur de l'UMP...

D'ici-là on peut aller voter ici :

Sondage : Siné Hebdo dépasse-t-il les limites?

mercredi 15 avril 2009

Fourest et Venner dans Charlie Hebdo : désinformation contre Jean Ziegler

Publié le 14 avril 2009 par Yves Rebours

La conférence de suivi de la Conférence de Durban (Afrique du sud) de 2001 sur le racisme se tient à Genève en Avril 2009. Elle est l’enjeu de débats et de combats politiques qu’il n’appartient pas à la critique des médias de tenter d’arbitrer. A cette occasion, la virulente campagne contre Jean Ziegler qui dure depuis plusieurs années reprend de plus belle, mêlant quelques informations à un flot d’imputations sans preuves et de pures calomnies. Charlie Hebdo relaie... et Jean Ziegler répond.

Charlie Hebdo du 18 mars 2009 a publié un article de Caroline Fourest et Fiammetta Venner, sous un titre qui se passe de commentaires : « Selon Jean Ziegler, l’obésité menacerait la Somalie ». Le même article est publié, avec quelques retouches sur l’ordre des phrases, sur le site de Prochoix sous un titre moins infâme : « Jean Ziegler : un rapporteur partiel et partial »

Que disent nos deux journalistes, sans mentionner leur source pour la protéger d’un secret facile à éventer ?

Selon Jean Ziegler, l’obésité menacerait la Somalie

Au Conseil des droits de l’homme, la palme du « deux poids deux mesures » revient à Jean Ziegler. L’ami de Castro et du colonel Kadhafi a fait une grande partie de sa carrière aux Nations Unies comme rapporteur contre la faim. Une casquette qu’il utilise pour signer des essais — parfois intéressants — contre les Etats-Unis, qu’il décrit comme l’ « empire de la honte ».

Il a quelques raisons d’être en colère. La crise alimentaire lui donne raison d’être parti en guerre contre les biocarburants — qu’il qualifie de « crimes contre l’humanité » — et certaines politiques du FMI. Mais la vigilance de Jean Ziegler est tellement partiale et sélective, qu’elle finit par discréditer les plus nobles causes. Le Brésil, principal producteur d’éthanol, est bizarrement épargné dans ses rapports. Trop occupé qu’il était sans doute à décrire Gaza comme « un camp de concentration ».

Ces dernières années, Jean Ziegler a critiqué les Etats-Unis dans trente-quatre déclarations. Il accuse notamment la « dictature impérialiste » de commettre un « génocide » à Cuba. Mais, dans le même temps, ce rapporteur zélé a « omis » de traiter de l’alimentation dans quinze des dix-sept Etats censés être examinés. En session, il n’hésite jamais à saluer ses amis du régime cubain. Dans la presse, il n’a aucun scrupule à vanter les mérites du président ivoirien, Laurent Gbagbo, un des « rares vrais hommes d’Etat de sa génération ».

Très proche de la famille Ramadan et du Centre islamique de Genève, Jean Ziegler et sa femme ont beaucoup fait pour mettre la gauche suisse en contact avec Tariq Ramadan. Au milieu des années 90, cette militante communiste en charge des affaires culturelles de la ville de Genève a retiré la subvention prévue pour jouer une pièce de Voltaire sur Mahomet, comme le souhaitait « Frère Tariq ». Ce qui n’empêche pas Jean Ziegler d’avoir écrit une très belle lettre pour soutenir la liberté d’expression de… Roger Garaudy.

Bref, un parcours exemplaire. Qui méritait bien de recevoir le "prix Kadhafi des droits de l’homme" – prix dont il a lui-même eu l’idée avec le colonel. Parmi les lauréats : Fidel Castro, Louis Farrakhan, Roger Garaudy... Il est encore temps. Après sept ans passés à politiser le combat contre la faim, il postule de nouveau au poste de rapporteur au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

C.V. et F. V. [Caroline Fourest et Fiammetta Venner]

Si les déclarations, les prises de position et les engagements de Jean Ziegler peuvent susciter des controverses qui ne concernent pas, en tant que telles, la critique des médias, ce n’est pas le cas de la circulation circulaire de la désinformation. Or l’article de Charlie Hebdo se borne pour l’essentiel à relayer une campagne parfaitement identifiable, quoique non sourcée : la campagne d’UN-Watch contre Jean Ziegler.

UN-Watch, qui se présente comme une ONG indépendante [1], peut difficilement se prévaloir d’être apolitique. En effet, elle se dédie non seulement à la lutte contre l’antisémitisme, mais surtout à la défense de la politique étatsunienne et israélienne, comme le confirme son affiliation à l’American Jewish Committee (AJC) qui soutient indéfectiblement la politique de l’Etat d’Israël [2]. La campagne contre Jean Ziegler est donc une campagne de pure propagande, d’autant plus pernicieuse que, comme toute « bonne » campagne de propagande, elle repose sur l’interprétation tendancieuse de quelques faits avérés mêlés à de purs mensonges.

Or c’est à cette source on ne peut plus contestable que Caroline Fourest et Fiammetta Venner se sont abreuvées sans le mentionner. Il suffit à titre d’exemple de comparer leur article à tel communiqué de UN-Watch, daté de… décembre 2005. Ainsi, sous couvert d’information et d’analyse, elles contribuent à une campagne politique d’épuration de l’ONU, sur la base d’assertions dont la plupart ne sont ni vérifiées ni recoupées. Une magnifique leçon de journalisme !

Dans ces conditions, nous publions, avec l’autorisation de son auteur, la réponse de Jean Ziegler à Charlie-Hebdo, publiée sur son site en fichier .pdf. Nous le faisons d’autant plus volontiers que Charlie Hebdo ne publie que très parcimonieusement les droits de réponse de ceux qu’il calomnie [3], tandis que nos duettistes savent recourir à de douteux procédés quand elles veulent se soustraire à des controverses qu’elles ont elles-mêmes provoquées [4].

Réponse de Jean Ziegler à Charlie-Hebdo

Avec stupeur, je découvre dans Charlie-Hebdo (18.3.2009) un papier portant un titre au goût exquis. « Selon Jean Ziegler, l’obésité menacerait la Somalie ».

Le papier de Charlie reprend presque littéralement le texte parfaitement diffamatoire diffusé actuellement auprès des missions diplomatiques accréditées auprès des Nations Unies, à Genève, par UN-Watch, une officine dévouée à la cause des ultras israéliens.

Fin avril aura lieu à Genève la conférence mondiale de l’ONU contre le racisme, dite Durban II. UN-Watch se déchaîne contre le Haut-Commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme, contre le président du Conseil des droits de l’Homme, contre Stéphane Hessel, comme contre ma modeste personne…

Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, j’ai commis le péché impardonnable de signaler la situation alimentaire extrêmement préoccupante de près de 60% des familles palestiniennes des territoires occupés, notamment de Gaza.

Je voudrais rectifier les plus grossières parmi les contrevérités diffusées par Charlie-Hebdo.

- 1. Je n’ai ni « eu l’idée de » ni « reçu » un quelconque « Prix Khadafi des droits de l’Homme ».
- 2. L’expression « Gaza, camp de concentration » n’est pas de moi, mais de l’écrivain israélien Michaël Warschawski.
- 3. Dans aucun de mes rapports à l’ONU je n’ai traité les Etats-Unis de « dictature impérialiste » et ne les ai accusés de commettre un « génocide à Cuba ».
- 4. Pure invention aussi ma soi-disant complicité (née d’une bien connue corruption socialiste) avec le Brésil de Lula. Quant à la politique du bioethanol, je l’ai critiquée devant l’Assemblée générale de l’ONU en 2007. Dans mon livre L’Empire de la honte (Livre de poche, 2008), toute la quatrième partie (p. 203-233) est consacrée à la critique de Lula.
- 5. L’affaire Garaudy. Sollicité par Jacques Vergès, défenseur de Roger Garaudy, au moment du procès de celui-ci, j’ai envoyé une lettre. Je me suis aperçu aussitôt que j’avais été manipulé, comme d’ailleurs mon ami l’abbé Pierre. J’ai condamné ensuite radicalement les thèses de Garaudy.
- 6. J’abuserais de mes fonctions à l’ONU en publiant des livres (probablement en pillant des documents confidentiels de l’organisation…). Calomnie ! Que mon dernier livre La Haine de l’Occident (Editions Albin Michel, 2008) ne plaise pas à UN-Watch et au gouvernement israélien, je le conçois aisément.
- 7. L’exquis papier de Charlie se termine par la phrase : « Après sept ans passés à politiser le combat contre la faim, Jean Ziegler postule de nouveau au poste de rapporteur au Conseil des droits de l’Homme ». Erreur ! Le mandat de rapporteur est limité. En revanche, mercredi 23 mars 2009, j’ai été confirmé par acclamation par les 47 Etats membres du Conseil dans mes nouvelles fonctions de membre du Comité consultatif des droits de l’Homme.

Pour être juste, j’ajoute que le papier de Charlie n’est pas seulement fait d’un copié-collé du texte d’UN-Watch. Bizarrement, Charlie s’attaque à ma femme, Erica Deuber Ziegler. Directrice de la culture de la Ville de Genève, elle aurait fait interdire la représentation de « Mahomet », tragédie de Voltaire, à Ferney-Voltaire, cela à la demande expresse de Tariq Ramadan. Charlie délire. Le projet de monter « Mahomet » dans le cadre des célébrations du tricentenaire de la naissance de Voltaire en 1994 a été proposé à Pascal Meylan, maire de Ferney-Voltaire (Département de l’Ain) et aussitôt refusé pour des raisons budgétaires. Sollicitées de se substituer au subventionnement de la municipalité française, les autorités genevoises ne sont pas entrées en matière. Charlie-Hebdo devrait expliquer à ses lecteurs comment une directrice de la culture de la Ville de Genève pourrait faire interdire la représentation d’une pièce de théâtre sur le territoire de la République française.

Jean Ziegler, 4 avril 2009

* * *

Certes, la réponse de Jean Ziegler mériterait d’être publiée dans Charlie Hebdo et de bénéficier, après vérification, de « rectificatifs » qui s’imposent. Mais qu’on ne compte pas sur Charlie Hebdo pour le faire : les justiciers masqués – et borgnes – de cet hebdomadaire ont supprimé depuis longtemps les droits de réponse et la présomption d’innocence.

Yves Rebours


Pour mémoire : Rumeurs et calomnies dans Charlie Hebdo

- « Elle court, elle court la rumeur »
- « Charlie Hebdo court après les rumeurs qu’il répand »
- « Philippe Val, propagateur de calomnies et docteur ès déontologies »
- « Philippe Val sur France Inter : un récital de mensonges et de calomnies contre Chomsky »
- « Philippe Val est “navré”, Philippe Val est navrant »

Voir aussi : "Le lamentable mensonge d’une journaliste de Charlie Hebdo" dans « Lu, vu, entendu, n°11 : "Critiques et cyniques" », 11 mars 2005 ; "Charlie Hebdo brouille les mots et les pistes", dans « Lu, vu, entendu, n°12 : "D’ici et d’ailleurs" », 25 mars 2005.


Notes

[1] Lire sur son site « qui sommes nous ? ».

[2] Lire par exemple, la traduction en français d’un article de David A. Harris, son directeur exécutif : « Israël et le conflit israélo-arabe : Petit guide pour gens perplexes », sur le site de l’AJC. Les positions exprimées dans cet article daté de 2001 n’ont pas été révisées depuis.

[3] A titre d’exemple, voir ici même : « Quand Philippe Val, analyste “complexe”, prétend soutenir Ingrid Betancourt » (en fin d’article).

[4] Lire par exemple sur le site « Les mots sont importants », « Pieux mensonges, À propos des procédés douteux de Caroline Fourest et Fiammetta Venner », par Pierre Tévanian, décembre 2003.

Source : acrimed.org

mardi 7 avril 2009

David Ray Griffin : Un nouveau regard sur le 11 septembre

Conférence / Débat
vendredi 17 avril 2009
Espace 1789
SAINT-OUEN



"Un mythe est une idée qui, bien que largement admise, est fausse.
Dans un sens plus profond, au sens religieux, un Mythe est une histoire destinée à orienter et à mobiliser les peuples.
L'intérêt n'est pas dans le rapport de cette histoire à la réalité, mais dans sa fonction mobilisatrice. Cette histoire ne peut pas fonctionner si elle n'est pas perçue comme vraie par une communauté ou une nation. Ce n'est pas sujet à débat : si des gens ont le mauvais goût de questionner la véracité de l'Histoire Sacrée, les Gardiens de la Foi ne débattrons pas avec eux, ils les ignoreront ou les dénonceront comme blasphémateurs."
Pr. David Ray Griffin

Pour aller rencontrer DRG à Saint-Ouen et passer du Mythe à la Réalité, c'est par ici.

Et si Saint-Ouen fait loin, on peut aussi regarder cette conférence sous-titrée en Français, "11 septembre : Le Mythe et la Réalité" :

mercredi 1 avril 2009

Les États-Unis se préparent à des troubles intérieurs

(Preparing for Civil Unrest in America)
par Michel Chossudovsky
Mondialisation.ca, Le 30 mars 2009


La crise économique et sociale


La débâcle financière a déclenché l’émergence d’une crise sociale latente à travers les États-Unis.


La confiscation frauduleuse d’épargnes de toute une vie et de fonds de pension, ainsi que l’appropriation des recettes fiscales pour financer les « sauvetages bancaires » de billions de dollars sont en jeu, et servent ultimement à remplir les poches des plus riches des États-Unis.


Cette crise économique est en grande partie le résultat de manipulation financière et de fraude délibérée au détriment de populations entières, ce qui mène à une nouvelle vague de faillites corporatives, de chômage et de pauvreté généralisés.


La criminalisation du système financier mondial, caractérisé par un « réseau bancaire fantôme », a entraîné la centralisation du pouvoir bancaire et une concentration sans précédent de richesses personnelles.


Le stimulus économique et la proposition budgétaire du président Obama favorisent ce processus de concentration et de centralisation du pouvoir bancaire, dont les effets cumulés provoqueront tôt ou tard des faillites d’entreprises à grande échelle, une nouvelle vague de saisies, sans parler de l’effondrement des finances publiques et de la ruine des programmes sociaux. (Pour plus de détails voir Michel Chossudovsky, La débâcle fiscale des États-Unis, 2 mars 2009).


Le déclin progressif de l’activité économique réelle a des répercussions sur l’emploi et les salaires, ce qui entraîne la dégringolade du pouvoir d’achat. Pour sa part, la « solution » proposée par l’administration Obama contribue à exacerber les inégalités et la concentration de la richesse plutôt qu’à les réduire.


Le mouvement de protestation


Lorsque les Étasuniens, dont les vies ont été démolies, réaliseront ce qu’est vraiment le système mondial de « libre marché », la légitimité de Wall Street, de la Réserve fédérale et du gouvernement des États-Unis seront contestées.


Un mouvement de contestation latent visant le siège du pouvoir économique et politique se met en branle.


Il est cependant difficile de prédire comment ce processus va se dérouler. Tous les secteurs de la société étasunienne sont potentiellement touchés : les salariés, les petites, moyennes et même les grandes entreprises, les fermiers, les professionnels, les employés fédéraux, municipaux ainsi que ceux des États. À ce stade-ci, il n’existe toutefois pas de mouvement de résistance national organisé dirigé contre l’agenda économique et financier du gouvernement.


La rhétorique populiste de Barack Obama dissimule la vraie nature de la politique macroéconomique. Combiné à des mesures d’austérité, le plan économique, qui agit au nom de Wall Street et inclut près d’un billion de dollars d’« aide » pour l’industrie des services financiers, favorise l’enlisement des États-Unis dans une crise sans fin.


La « solution orwellienne » à la Grande Dépression ? Réprimer les troubles civils.


À l’heure actuelle, il n’existe aucun programme de relance économique en vue. Le consensus Washington-Wall Street prévaut et le système économique et politique ne propose aucune politique ni aucune alternative.


Quelle est l’issue ? Comment le gouvernement des États-Unis va-t-il affronter une catastrophe sociale imminente ?


La solution consiste à réprimer l’agitation sociale. La méthode choisie, héritée de l’administration Bush sortante, comprend le renforcement de l’appareil de sécurité intérieure (Homeland Security) et la militarisation des institutions civiles.


L’administration sortante en a jeté les bases. Diverse législations «antiterroristes » (dont le Patriot Act) ainsi que des directives présidentielles ont été mises en place depuis 2001, en invoquant la plupart du temps le prétexte de la « guerre mondiale au terrorisme».


Les camps d’internement du Homeland Security


Relativement à la question des troubles civils, on envisage également un système cohésif de camps de détention sous la juridiction du Pentagone et du Homeland Security.


Un projet de loi intitulée National Emergency Centers Establishment Act (HR 645) (Acte de constitution de centres nationaux de secours d’urgence) a été présenté au Congrès en janvier. Celui-ci exige la mise en place de six centres d’urgence nationale dans des installations militaires existantes dans des régions importantes du pays.


Le but officiel des « centres d’urgence nationale » est de fournir « de l’assistance médicale et humanitaire ainsi qu’un hébergement temporaire aux individus et aux familles délocalisés en raison d’une urgence ou d’un désastre important ». HR 645 stipule que les camps peuvent être utilisés pour « satisfaire d’autres besoins appropriés, selon ce qu’en juge le secrétaire du Homeland Security ».


Il n’y a pratiquement pas eu de couverture médiatique du HR 645.


Ces « installations civiles » sur des bases militaires étasuniennes seraient établies en coopération avec l’Armée étatsunienne. Nous assistons en fait à la militarisation des installations d’internement de FEMA, ayant Guantanamo comme modèle.


En vertu de l’urgence nationale, toute personne arrêtée et internée dans un camp FEMA situé sur une base militaire serait, selon toute probabilité, de facto sous juridiction militaire : la justice civile et la loi, y compris l’habeas corpus, ne s’appliqueraient plus.


HR 645 est directement lié à la crise économique et à d’éventuelles manifestations d’envergure à travers le pays. Ce projet de loi constitue un pas de plus vers la militarisation du maintien de l’ordre et l’abrogation du Posse Comitatus Act.



Selon les termes du député Ron Paul :


« […] les centres de fusion, la militarisation policière, les caméras de surveillance et le commandement militaire national ne suffisent pas […]. Même si nous savons que les installations de détention sont déjà en place, ils veulent maintenant légaliser la construction de camps FEMA sur des bases militaires en invoquant l’éternelle excuse populaire voulant que ces installations puissent servir en cas d’urgence nationale. La fausse économie fondée sur la dette se détériorant jour après jour, l’éventualité de troubles civils menace de plus en plus l’establishment. L’on a qu’à penser à l’Islande, à la Grèce et à d’autres pays pour savoir ce qui pourrait se produire aux États-Unis. (Daily Paul, septembre 2008, souligné par l’auteur)


Les camps d’internement proposés devraient être vus comme étant liés au processus élargi de militarisation des institutions civiles. La construction de ces camps a précédé la présentation de HR 645 (Constitution de centres de secours d’urgence) en janvier 2009. Selon divers reportages (non confirmés), il existe quelque 800 camps de prisonniers FEMA dans différentes régions des États-Unis. De plus, depuis les années 1980, l’Armée étasunienne a développé des « tactiques, des techniques et des procédures » pour réprimer la dissidence civile, lesquels seraient utilisés advenant des protestations massives (le manuel de campagne de l’Armée étasunienne 19-15 sous Operation Garden Plot, intitulé « Civil Disturbances » ou « Troubles publics », a été émis en 1985)


Au début de 2006, des recettes fiscales étaient allouées à la construction de camps d’internement modernes. En janvier 2006, Kellogg Brown and Roots, une filiale de Halliburton à l’époque, a décroché un contrat de 385 millions de dollars du Département de l’immigration et des douanes (ICE) du Homeland Security :


« Le contrat, effectif immédiatement [janvier 2006], prévoit l’établissement d’installations de détention et de traitement temporaires afin d’augmenter le nombre d’installations servant aux opérations de mise sous garde et de renvoi de l’ICE (Detention and Removal Operations (DRO)), advenant l’arrivée massive d’immigrants aux États-Unis en cas d’urgence ou de soutenir le développement rapide de nouveaux programmes.


Le contrat prévoit également le soutien à la détention d’immigrants dédié à d’autres organisations gouvernementales en cas d’immigration d’urgence, ainsi que la conception d’un plan en réponse à une urgence nationale, comme un désastre naturel. (KBR, 24 janvier 2006 souligné par l’auteur) »


Les objectifs officiels de l’Immigration et de la douane des États-Unis (U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE)) sont :


« […] protéger la sécurité nationale et maintenir la sécurité publique en ciblant des réseaux criminels et des organisations terroristes cherchant à exploiter les faiblesses de notre système d’immigration, de nos réseaux financiers, de nos frontières, de nos installations gouvernementales et autres afin de nuire aux États-Unis. Les États-Unis seront alors davantage en sécurité. (Page d’accueil de l’ICE)


Les médias étasuniens restent muets sur le sujet des camps d’internement en sol américain. Alors qu’ils reconnaissent simplement le contrat de plusieurs millions de dollars à la filiale de Halliburton, les reportages se sont concentrés sur le possible « dépassement des coûts » (semblables à ceux de KBR en Iraq ).


Quels sont l’intention politique et le but de ces camps? L’utilisation potentielle de ces camps d’internement pour la détention de citoyens étasuniens advenant la déclaration de la loi martiale ne font pas l’objet de débat ou de discussion dans les médias.


Des unités de combat assignées au pays.


Durant les derniers mois de l’administration Bush, avant les élections présidentielles de novembre 2008, le Département de la Défense a ordonné le rappel de l’Irak de la 3rd Infantry’s 1st Brigade Combat Team (BCT). La relocalisation d’une unité de combat d’un théâtre de guerre à l’ensemble du pays fait partie intégrante de l’agenda du Homeland Security. Le BCT a été assigné au soutien des activités de maintien de l’ordre aux États-Unis.


L’unité de combat BCT était attachée au US Army North, la composante de l’Armée du US Northern Command (USNORTHCOM). La 1st BCT et d’autres unités de combat pourraient être appelées à exercer des fonctions militaires spécifiques en cas de troubles civils.


Les soldats de la 1st BCT apprendront à utiliser « les premières mesures inoffensives développées par l’Armée », affirmait le commandant de la 1st BTC, le colonel Roger Cloutier, en faisant référence à l’équipement de contrôle des foules et de la circulation et aux armes inoffensives conçues pour maîtriser des individus désobéissants ou dangereux sans les tuer. (Voir Gina Cavallaro, Brigade homeland tours start Oct. 1, Army Times, 8 septembre 2008).


On peut s’attendre à ce que d’autres unités de combat soient rapatriées du théâtre de guerre et réassignées aux États-Unis en vertu du retrait des forces étasuniennes d’Irak proposé par l’administration Obama.


L’évolution du scénario de la sécurité nationale se caractérise par le croisement des instituions civiles et militaires.


- des unités de combat de l’Armée travaillant de concert avec les autorités chargées de l’application de loi et ayant pour mission de réprimer « les troubles civils ».


- la constitution de nouveaux camps d’internement sous juridiction civile situés dans des installations militaires étasuniennes.


Les camps d’internement FEMA font partie du plan Continuity of Government (Continuité du gouvernement, COG), lequel serait mis en place si l’on déclarait la loi martiale.


Ces camps sont conçus pour « protéger le gouvernement » contre les citoyens, en enfermant les manifestants ainsi que les activistes qui pourraient contester la légitimité de l’agenda économique, militaire ou de sécurité nationale du gouvernement.


Espionner les Étasuniens : la banque de données de Big Brother


Relativement à la question de l’internement et de protestations massives, on peut se demander comment se fera la collecte d’informations sur les citoyens étasuniens.


Comment les individus à travers les États-Unis seront-ils catégorisés ?


Quels sont les critères du Departement of Homeland Security ?


Dans un rapport de 2004 du Homeland Security Council initulé Planning Scenarios, pertaining to the defense of the Homeland (Planification de scénarios relatifs à la défense du pays), on identifiait les catégories suivantes de « conspirateurs » potentiels :


« les terroristes [islamiques] étrangers »;


« les groupes nationaux radicaux » [groupes antiguerres et des droits de la personne];


« les adversaires soutenus par des États » [« les États voyous » et les « pays instables »];


« les individus mécontents » [les travailleurs activistes et les syndicats].


En juin l’an dernier, l’administration Bush a émis une Directive présidentielle de Sécurité nationale (NSPD 59- HSPD 24) intitulée Biometrics for Identification and Screening to Enhance National Security (La biométrie pour l’identification et la surveillance afin d’améliorer la Sécurité nationale). (Pour plus de détails voir Michel Chossudovsky, "Big Brother" Presidential Directive: "Biometrics for Identification and Screening to Enhance National Security", Mondialisation.ca, juin 2008)


Les procédures correspondant à cette directive, adoptée sans débat public ni l’approbation du Congrès, ont une portée considérable. Elles sont liées à la question des troubles civils et font également partie de la logique derrière l’établissement des camps d’internement FEMA sous HR 645.


NSPD 59 (Biometrics for Identification and Screening to Enhance National Security) va bien au-delà de la question précise de l’identification biométrique. Elle recommande la collecte et le stockage d’informations « liées à la biométrie », c’est-à-dire, d’informations sur la vie privée des citoyens étasuniens, dans les détails, le tout étant effectué « selon la loi ».


« Les données contextuelles complétant les données biométriques incluent des informations sur le lieu et la date de naissance, la citoyenneté, l’adresse actuelle et les précédentes, l’emploi actuel et les antécédents de travail, le numéro de téléphone actuel et les précédents, l’utilisation des services gouvernementaux et les rapports d’impôts. D’autres données contextuelles peuvent comprendre les historiques bancaires et de cartes de crédit, et les casiers judiciaires aux niveaux local, fédéral et des États, ainsi que des décisions judiciaires et autres dossiers publics faisant état de conflits juridiques, des dossiers relatifs à la garde d’enfant, au mariage ou au divorce. » (Voir Jerome Corsi, juin 2008)


Cette directive utilise le 11 septembre et la « guerre mondiale au terrorisme » comme justification totale pour mener une chasse aux sorcières contre les citoyens dissidents, créant simultanément un climat de peur et d’intimidation à travers le pays.


Elle réclame également l’intégration de diverses banques de données, ainsi qu’une coopération entre les agences concernant le partage d’informations, dans le but de centraliser tôt ou tard les informations sur les citoyens étasuniens.


En des termes prudents, NSDP 59 « établit un cadre » afin de permettre au gouvernement fédéral et ses différents services de police et de renseignement ce qui suit :


« l’utilisation de méthodes et de procédures mutuelles compatibles dans la collecte, le stockage, l’utilisation, l’analyse et le partage d’informations biométriques et d’informations biographiques et contextuelles correspondantes de manière appropriée et légales, en respectant la confidentialité des renseignements des individus et leurs garanties juridiques selon la loi des États-Unis »


La directive NSPD 59 recommande « des actions et un calendrier afférent dans le but d’améliorer le processus actuel d’identification et de surveillance axé sur les terroristes en élargissant l’utilisation de la biométrie ».


Les procédures incluses dans la NSDP 59 correspondent à une décision prise en juin 2005, laquelle consistait à créer un « service d’espionnage national », sous les auspices du FBI. (Pour plus de détails voir Michel Chossudovsky, Bush Administration creates "Secret State Police, 30 juin 2005)


En travaillant main dans la main avec le Homeland Security (DHS), le projet de « Département de renseignement national » combinerait le contre-terrorisme et les opérations d’espionnage et de renseignement du FBI dans un seul service.


Sous les auspices du FBI, le nouveau département aurait l’autorité de « saisir les biens de personnes suspectées d’aider à la prolifération des armes de destruction massives ». Il pourrait « espionner aux États-Unis les terroristes présumés ou les personnes possédant des renseignements cruciaux, même si l’on ne soupçonne pas qu’elles pourraient commettre un crime ». (NBC Tonight, 29 juin 2005).


Lire l’annexe :

"National Emergency Centers Establishment Act" dans l’article en anglais.

Article original en anglais, Preparing for Civil Unrest in America, Legislation to Establish Internment Camps on US Military Bases, publié le 18 mars 2009.

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.
Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur d'économie à l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).

mardi 31 mars 2009

Les Très Méchants Arabes 2 : d'Hollywood au Ben Laden Show


"Le cinéma a souvent eu des souffres-douleurs, des méchants qui servent à mettre en valeur les braves héros. Le problème est que ces méchants ont souvent des caractéristiques bien précises, il y a les noirs, par exemple, dans la jungle africaine, les indiens dans les films western ou encore les juifs dans la propagande nazi. Le Professeur Jack Shaheen de l'université du sud de l'Illinois, a décidé d'étudier l'image des arabes dans le cinéma hollywoodien. Il a visionné 1000 films, il en conclue que les arabes y sont décris comme des brutes sanguinaires, des terroristes qui veulent s'attaquer aux braves occidentaux."
Raymond Saint-Pierre, Zone Doc


Version française de l'excellent documentaire de Jack Shaheen signalé il y a quelques mois sur ce blog.

Shaheen a étudié la représentation systématiquement négative et caricaturale de "l'arabe" à travers un siècle de cinéma hollywoodien.  
Un document salutaire à l'heure de la banalisation du discours islamophobe en Occident et en France.
A voir pour comprendre sur quelle imagerie s'appuient les discours et les thèses néo-conservatrices ou dites de "choc des civilisations". 
A voir pour comprendre sur quels ressorts les tenants de ces thèses ont construit le Mythe Al Qaïda et le Ben Laden Show, qu'ils continuent à entretenir depuis 2001 malgré l'absolu ridicule des derniers avatars virtuels du maléfique barbu...

En trois parties :

samedi 28 mars 2009

Terrorisme : Obama accuse le renseignement pakistanais

La nouvelle stratégie du président Obama place le Pakistan au centre des priorités américaines. Dans cette interview menée par Philippe Antoine, correspondant de RTL aux Etats-Unis, Christophe Jaffrelot, chercheur au CNRS et spécialiste de la région, nous explique pourquoi le Pakistan est tellement important.


Il évoque le double jeu de l’ISI, le service de renseignement militaire pakistanais, à la fois proche des Américains, mais aussi des Talibans, qu’ils utilisent dans leur lutte contre l’Inde au Cachemire.

Une analyse bienvenue au moment où le chef d’état-major interarmées américain Michael Mullen affirme que certains membres du renseignement pakistanais soutiennent les talibans et Al-Qaïda refugiés à la frontière avec l’Afghanistan. Alors qu’il était interrogé sur CNN sur la possible existence au sein de l’ISI d’éléments soutenant les talibans et Al-Qaïda, l’amiral Mullen a déclaré : "Il y a des indications claires que c’est le cas" et "fondamentalement, c’est l’une des choses qui doivent changer".

Selon le New York Times, cité par L’Express, "ce réseau de soutien ne serait pas coordonné par de hauts responsables de l’administration pakistanaise, mais impliquerait plutôt des agents d’un échelon intermédiaire agissant à l’insu de leur hiérarchie."

De son côté, le général Petraeus a rappelé que certains des groupes talibans avaient été créés par l’ISI, avec le soutien financier des Etats-Unis, dans les années 1980 afin de lutter contre l’occupation soviétique de l’Afghanistan.

"Ces liens étaient très forts et certains d’entre eux sont toujours d’actualité, cela ne fait aucun doute. Il est en revanche bien plus difficile de dire à quel niveau ces liens se poursuivent", a déclaré l’ancien chef des forces américaines en Irak sur PBS.


Terrorisme : Obama accuse le renseignement pakistanais

La nouvelle stratégie du président Obama place le Pakistan au centre des priorités américaines. Dans cette interview menée par Philippe Antoine, correspondant de RTL aux Etats-Unis, Christophe Jaffrelot, chercheur au CNRS et spécialiste de la région, nous explique pourquoi le Pakistan est tellement important.

Il évoque le double jeu de l’ISI, le service de renseignement militaire pakistanais, à la fois proche des Américains, mais aussi des Talibans, qu’ils utilisent dans leur lutte contre l’Inde au Cachemire.

Une analyse bienvenue au moment où le chef d’état-major interarmées américain Michael Mullen affirme que certains membres du renseignement pakistanais soutiennent les talibans et Al-Qaïda refugiés à la frontière avec l’Afghanistan. Alors qu’il était interrogé sur CNN sur la possible existence au sein de l’ISI d’éléments soutenant les talibans et Al-Qaïda, l’amiral Mullen a déclaré : "Il y a des indications claires que c’est le cas" et "fondamentalement, c’est l’une des choses qui doivent changer".

Selon le New York Times, cité par L’Express, "ce réseau de soutien ne serait pas coordonné par de hauts responsables de l’administration pakistanaise, mais impliquerait plutôt des agents d’un échelon intermédiaire agissant à l’insu de leur hiérarchie."

De son côté, le général Petraeus a rappelé que certains des groupes talibans avaient été créés par l’ISI, avec le soutien financier des Etats-Unis, dans les années 1980 afin de lutter contre l’occupation soviétique de l’Afghanistan.

"Ces liens étaient très forts et certains d’entre eux sont toujours d’actualité, cela ne fait aucun doute. Il est en revanche bien plus difficile de dire à quel niveau ces liens se poursuivent", a déclaré l’ancien chef des forces américaines en Irak sur PBS.

Vendredi 27 mars, Barack Obama a exhorté Islamabad à "éliminer Al-Qaïda et tous les extrémistes violents à l’intérieur de ses frontières", tout en promettant au pays une aide financière en hausse. Il a par ailleurs estimé qu’Al-Qaïda "prépare activement des attentats contre les Etats-Unis depuis ses refuges au Pakistan".

"Al-Qaïda et ses alliés extrémistes sont un cancer qui risque de détruire le Pakistan", a-t-il déclaré, alors qu’un attentat suicide a tué plus de 50 personnes vendredi dans le nord-ouest du pays.

Cette actualité pourrait ramener à la surface les informations parues au lendemain des attentats du 11-Septembre, qui affirmaient que le directeur de l’ISI avait versé 100.000 dollars au chef des kamikazes Mohammed Atta durant l’été 2001. Des informations apportées par les services de renseignement indiens et confirmées par le FBI, selon le Times of India notamment.


vendredi 27 mars 2009

"Walter, retour en résistance", le film que n'aime pas Bernard Accoyer


Le nom de « Walter » et le mot « résistance », Gilles Perret les a toujours associés. Avant même de savoir ce que cela signifiait, Gilles savait que son voisin Walter avait été déporté dans un camp de concentration du nom de Dachau …

Aujourd’hui Walter Bassan a 82 ans. Il vit avec sa femme en Haute-savoie, et mène une vie pour le moins active. D’écoles en manifestations, de discours engagés en témoignages de la guerre, Walter continue son long combat, fait de petites batailles, contre toutes les formes de démagogies, d’injustices et d’oppressions. De même que lorsqu’il avait 18 ans, et qu’il « jouait » comme il dit, à distribuer des tracts anti-fascistes dans les rues commerçantes d’Annecy alors occupée, Walter agit en écoutant son cœur. « Je n’ai pas changé », comme il se plait à rappeler.

Partageant ces mêmes « raisons du cœur », Gilles Perret réalise ici un portrait vivant de cet homme calme et insurgé. Nous sommes invités à les suivre en passant du Plateau des Glières à Dachau, à faire des retours en arrière pour mieux comprendre l’Histoire, à partager leurs inquiétudes face à un monde où l’inégalité et l’injustice gagnent sans cesse du terrain, à poser les questions qui fâchent...

Sans prétention, et avec la même simplicité et constance que Walter, ce documentaire révèle l’actualité, l’importance, et la nécessité, d’une résistance au quotidien.

N’en déplaise à Bernard Accoyer, président de l’Assemblée Nationale, qui met en garde le réalisateur contre toutes tentatives d’amalgames...


"Walter, retour en résistance" - Un film de Gilles Perret

Site du film

A propos du film sur Agoravox : Le plan-séquence qui ridiculise Sarkozy

mardi 24 mars 2009

G20 : la Chine demande la tête du dollar


La Chine appelle au remplacement du dollar par une nouvelle monnaie de réserve internationale
Shangai AWP/AFP - 24 mars 2009

A une semaine du G20, la Banque centrale de Chine a appelé à l'adoption d'une nouvelle monnaie de réserve internationale, pour remplacer le dollar, dans un système placé sous les auspices du Fonds monétaire international.

Le but serait de créer un nouveau système économique mondial, qui ne soit pas facilement influencé par les politiques de certains pays, a expliqué le gouverneur de la Banque centrale, Zhou Xiaochuan, dans un texte publié sur le site internet de l'institution.

"L'éclatement de la crise et son débordement dans le monde entier reflètent les vulnérabilités inhérentes et les risques systémiques dans le système monétaire international", a-t-il dit.

La Chine est dépendante du système actuel dominé par le dollar et suit de près l'impact des politiques de relance de l'économie américaine décidées par l'administration de Barack Obama, ainsi que ses conséquences éventuelles sur les réserves de change chinoises.

Une grande part de ces réserves de change chinoises -- de près de 2000 milliards de dollars -- sont aujourd'hui en dollars et la Chine s'est inquiétée à plusieurs reprises de l'avenir de ces avoirs.

L'établissement "d'une nouvelle monnaie de réserve largement acceptée (...) pourrait prendre du temps", a souligné Zhou Xiaochuan.

Mais "à court terme la communauté internationale et particulièrement le Fonds monétaire international (FMI) devraient au moins (...) faire face aux risques résultant du système actuel, conduire des contrôles réguliers et des évaluations", a ajouté le gouverneur de la Banque centrale de Chine.

La réforme de l'architecture financière devrait être au menu des discussions du G20 qui réunit les dirigeants des pays industrialisés et des économies émergentes, le 2 avril à Londres.

Européens et Américains semblent diverger sur les priorités, les seconds mettant l'accent sur la nécessité de plans de relance massifs, avant le grand chantier de réforme.

La Chine devrait avoir de son côté un sympathisant: la Russie, qui a déjà proposé que le sommet discute de la création d'une monnaie de réserve supra-souveraine.

Pour M. Zhou, celle-ci pourrait être les "Droits de Tirage Spéciaux": "on devrait étudier tout particulièrement comment donner un rôle plus important aux DTS" qui ont "le potentiel" pour devenir "monnaie de réserve supra-nationale", écrit-il. Une idée déjà évoquée, notamment par le financier George Soros en 2002.

Ces DTS, dont la valeur est liée à un panier de monnaie, ont été créés en 1969 comme avoir de réserve mondial par le FMI, pour compléter les réserves de ses pays membres alors que l'offre d'or et de dollars ne suffisait plus.

Leur rôle a depuis été réduit et il servent surtout comme unité de compte au FMI et certains organismes internationaux, explique le FMI sur son site internet.

Pour l'économiste chinois Andy Xie, la proposition chinoise devrait rester lettre morte justement parce que les DTS ne constituent pas un système monétaire soutenu par un gouvernement.

Mais cette proposition vise peut-être aussi à envoyer une mise en garde aux Etats-Unis, après que la Réserve fédérale américaine s'est lancée dans l'achat d'obligations du Trésor, faisant tourner la planche à billets pour faire baisser les taux -- et diluer ainsi la valeur des avoirs chinois en dollars, souligne Andy Xie.

"La situation est triste: la Chine est le banquier des Etats-Unis. Ceux-ci doivent énormément à la Chine, mais n'en ont pas peur. La Chine est l'otage des Etats-Unis et pas l'inverse", estime l'économiste.


La vidéo interdite d’Hervé Novelli, ministre et ancien militant d’extrême droite


Reportage remarquable et très documenté diffusé par FR3 Centre. Consacré au passé sulfureux d’Hervé Novelli. Il est notoirement connu que notre Secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et moyennes entreprises, du Tourisme et des Services fut militantde groupuscules d’extrême-droite dans sa jeunesse, à l’instar de Patrick Devedjian, Alain Madelin ou Gérard Longuet.
Pourquoi donc a t-il voulu censurer cette vidéo ? Pour ne pas choquer ses électeurs (il vient d’être élu tête de liste UMP dans le Centre pour les élections régionales de 2010) ?
Selon le site de Marianne, son avocat n’aurait réussi qu’à la faire interdire sur le site de France 3...mais pas sur le web.

Source : AgoraVoxTV

jeudi 12 mars 2009

HADOPI, ou le droit d'auteur pris en otage


Qu'on ne s'y trompe pas, l'assaut conduit par le Gouvernement Sarkozy contre le "piratage sur Internet" n'a pas grand-chose à voir avec la protection du droit d'auteur et la création artistique, mais bien avec la mise en place d'un début de filtrage - et donc de contrôle - de la Toile.

En imposant aux fournisseurs d'accès Internet (FAI) un filtrage technique (afin de repérer les téléchargements), c'est un principe vital de l'Internet que le Gouvernement Français va ébranler : celui de la "Neutralité de réseaux", qui veut que les FAI ne soient jamais autre chose que des "robinets" techniques, offrant un débit maximal de flux d'informations sans jamais mettre leur nez dedans, donc sans filtrer. Pour les questions juridiques, des archivages existent, qui permettent sur requête aux forces de l'ordre de tracer et d'identifier les auteurs de délits. Mais ce qui fonctionne en matière criminelle n'est pas utilisable en matière de téléchargement, ne serait-ce qu'en raison du nombre massif de "pirates"...

La neutralité des réseaux est un principe et un idéal garant de la liberté d'accès à l'information, à la connaissance et à quantité de services que seul Internet peut offrir aux plus pauvres, aussi bien dans un Occident riche que dans le reste du monde.
Permettre aux sociétés commerciales que sont les fournisseurs d'accès Internet de commencer à filtrer brise un tabou et ouvre la porte au filtrage commercial de la Toile qui, au grès des alliances entre groupes de communication et FAI aboutirait à l'apparition d'un web à deux vitesses, avec des contenus "à la carte", plus ou moins de vitesse et surtout plus ou moins de contenu, de plus ou moins bonne qualité, en fonction de vos moyens...



Enfin, la privatisation intense de la sécurité et du renseignement au cours de ces dernières années a rendu les frontières entre les services étatiques et les officines privées très poreuses... Ce sont donc bien les libertés civiles fondamentales auxquelles le gouvernement Sarkozy s'attaque à travers la loi HADOPI, sous le prétexte fallacieux de défendre la création artistique...

Alors la question se pose : comment résister ?

Lire aussi sur PC Impact : Le filtrage, cheval de Troie du projet de loi antipiratage




Download or die : Sabordons l’Hadopi !




Obsolète avant même d’être voté, Hadopi est représentatif du climat liberticide ambiant, de la considération gouvernementale envers les jeunes (des pompes à fric) et de la collusion entre le législateur et des industries discographiques et audiovisuelles qui, si elles s’appliquaient à elle-mêmes la logique néo-libérale qu’elles défendent, devraient disparaitre puisque ayant systématiquement refusé de s’adapter aux nouvelles technologies. Les majors ont le même discours culpabilisant et répressif au sujet d’Internet depuis 1993.

Tu m’étonnes : Une galette DVD coute entre 1 et 20 centimes à fabriquer, elle est vendue entre 9 et 30 euros. Qui sont les voleurs ?

J’ai demandé à Grand François, cinéaste largement spolié par les producteurs bien avant la création d’internet, ce qu’il pensait de la loi Hadopi.

Passons du Black-Out au Burn-out.

Hadopi se combat d’une façon simple : En téléchargeant massivement.

Vidéo et texte de Seb Musset

Via Bob34 sur AgoravoxTV

Lire aussi sur PC Impact : Le filtrage, cheval de Troie du projet de loi antipiratage

lundi 9 mars 2009

Bush pourrait être poursuivi par la Cour Pénale Internationale, selon un ancien procureur des Nations-Unies


A l'occasion de la délivrance d'un mandat d'arrêt à l'encontre du Président Soudanais Omar al-Bashir, David Crane, professeur en droit international à l'Université de Syracuse et ancien procureur des Nations-Unis, estime que l'ancien Président George W. Bush pourrait — et devrait — être le prochain sur la liste de la Cour Pénale Internationale.



Lire la suite de l'article (en anglais) sur : rawstory

dimanche 22 février 2009

Affaire Chauprade : les atlantistes purgent les rangs

20/02/2009

Retour vers l’OTAN, affaire Chauprade : comment piller le cadavre national, par Samuel Gelb

Mark McGowan, Dead Soldier 2006.

Cet article paraîtra dans Libres, la revue dirigée par Raphaël Dargent.

Le retour dans l’OTAN décidé par Nicolas Sarkozy vient mettre la dernière touche à la liquidation politique – engagée sous Giscard – du gaullisme et de politique d’indépendance stratégique de la France. Les sauts de cabris du Parti Socialiste et du Modem, qui ont si longtemps prêté le flanc à l’atlantisme, ne tromperont évidemment que les aveugles. Ils ont compris que cette dénonciation médiatique était payante électoralement. Le débat qui aura lieu à l’Assemblée ne sera qu’une énième mascarade parlementaire avec, pour final, l’entérinement de cette réintégration.

En réalité, cette décision ne fera qu’officialiser l’épreuve de servitude otanienne que les armées françaises vivent depuis vingt ans. Après tout, nous n’avons pas eu besoin d’être dans le commandement intégré pour prendre part à la destruction systématique de la Serbie et pour fournir à la mafia albanaise une plateforme d’opération clé en main en légitimant l’indépendance du Kosovo. Tous les subterfuges de la propagande américaine pour faire du pouvoir serbe un digne successeur du nazisme ont beau être désormais totalement éventés, nous continuons de reproduire l’intoxication : Bernard Kouchner a reconnu qu’il n’y avait jamais eu de camps d’extermination serbes et qu’il s’était contenté de relayer servilement les mensonges du dirigeant bosniaque Izetbegovic. On apprend désormais de la bouche même de celle qui a mené l’enquête, la Finlandaise Helena Ranta, sur le massacre de Racak attribué par l’OTAN à la Serbie, et qui servit de justification aux bombardements de 1999, que celui-ci n’était pas le fait des forces serbes et qu’elle avait dû accréditer ce mensonge sous la pression du chef de mission de l’OSCE, William Walker. On ne s’étonnera pas que toute la presse française, ou presque, qui a fait de la Médiocratie sa fange d’élection, soit tombée dans un panneau aussi grossier. Timisoara et les «bébés koweïtiens arrachés dans leur couveuse» par les vampires irakiens lui avaient déjà permis d’ingérer les techniques de désinformation américaines.

Trêve de vérité historique, celle-ci ne fait pas vendre. Nous allons donc continuer de servir les ambitions américaines et sa politique de marginalisation de la Russie et d’emprise sur les ressources énergétiques de l’Europe centrale. Il faut dire que le fromage otanien a de quoi exciter les papilles des militaires de haut rang : quelques 800 strapontins dans l’OTAN, avec les salaires et les avantages correspondants, cela peut expliquer l’empressement de certains à défendre à corps et à cris cette réintégration. Est-ce un hasard si la quasi-totalité des généraux qui occupent les postes stratégiques ont fait un passage par les États-Unis dans leur carrière et reçu l’adoubement du commandement américain ?

Dans le même temps, Hervé Morin décide d’évincer purement et simplement, sur la seule foi d’un article du Point, Aymeric Chauprade, un des piliers du renouveau de l’école française de géopolitique, qui a osé s’être livré à une analyse critique et circonstanciée des points d’ombre et des béances manifestes de la thèse officielle des attentats du 11-Septembre. En faire un clone de Meyssan est si odieux que le stratagème ne vaut même pas un commentaire sur le fond. Les auteurs de son renvoi se sont disqualifiés eux-mêmes en tentant de le marquer au fer avec le label «conspirationniste», tant le professeur est à cent lieues du «délire complotiste» dont Jean Guisnel a tenté de l’affubler dans Le Point. Qu’un journaliste connu pour ses mœurs déontologiques douteuses, s’ingénie à salir la réputation d’un universitaire reconnu internationalement pour la qualité de son travail et de ses analyses, cela donne la mesure de la forfaiture du pouvoir politico-médiatique. Cela donne surtout la mesure de ce qui le sépare de la réalité profonde du pays qui a toujours rejeté en bloc l’alignement transatlantique dont les sarkozystes se font les chantres.

Mais, après tout, peut-on vraiment s’offusquer du fait que le Collège Interarmées redevienne ce qu’il a toujours été, c’est-à-dire une institution soviétoïde, fondamentalement alignée sur les desiderata du pouvoir ? Non, la chose est dans la logique. En revanche on ne peut qu’être choqué quand le général Desportes, son directeur, appelle dans un discours de façade à la libération de la pensée stratégique française, et que dans le même temps il se fasse sur le champ un devoir d’enterrer ce mot d’ordre dès qu’il prend forme. Une telle schizoïdie, en sus d’être malhonnête, est surtout terriblement dangereuse. La France pouvait-elle se permettre, tant son déficit de rayonnement est profond dans le domaine militaire, de se passer d’un universitaire de l’envergure d’Aymeric Chauprade ? À dire vrai, il ne fait pas bon chercher la vérité quand elle brise le vernis du pouvoir et en vient à contrarier les amitiés atlantistes que certains au sommet de l’État ont si viscéralement chevillées au corps. Furieuse passion de la servitude volontaire. Confort mortel du vassal surtout.

Il est vrai qu’il est plus simple de mettre à mort symboliquement une personne que de l’assassiner physiquement. Il suffit désormais pour réduire un chercheur de lui accoler le stigmate infâme du «conspirationnisme». La manœuvre est si facile, si abjecte, que l’homme honnête ne peut qu’en concevoir la plus grande indignation et la plus farouche colère. Mais n’est-ce pas le même ressort ignoble qui a joué dans l’affaire Péan-Kouchner ? Oh le rusé ! Oh le malin ! Qui a bien senti que le qualificatif de «cosmopolite» – parti qu’il a par ailleurs toujours revendiqué avec son ami BHL – lui ouvrait une faille énorme, celle de l’ethnomasochisme, celle de la culpabilité désormais ontologique à laquelle nous damne l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ? Il a suffi à notre aimable ministre des Affaires Étrangères – qui n’ont jamais aussi bien porté leur nom – de jeter sur Péan le soupçon d’antisémitisme pour gagner le soutien du Monde, du Nouvel Obs et consorts. Il faut lire l’éditorial de Philippe Cohen dans Marianne qui dénonce à juste titre ces petits soldats du Système comme les vrais «fourriers de l’antisémitisme». Croyez-le le subterfuge n’est pas prêt de mourir. Il se montre si efficace aux esprits faibles pour proscrire et marginaliser. Le leurre sert trop bien les intérêts de ces assis. Comme ils tremblent des tremblements douloureux du crapaud dès qu’on prononce le mot «souveraineté» ! Aymeric Chauprade paie évidemment son statut de souverainiste. L’article du Point – commandé en sous-main ? – qui a suffi à placer sa tête sur le billot de la solidarité transatlantique et le coup de sang – prémédité – de Morin, n’auront servi que de prétextes à son épuration politique pure et simple. Les officiers du CID – israéliens compris – qui ont suivi ses cours pourront en témoigner : il s’est toujours montré d’une extrême modération dans son rôle de professeur. Il n’a jamais fait état de ses prises de position idéologique. Contrairement à d’autres toujours bien installés dans leurs fonctions, il n’a jamais insulté le devoir de réserve. Les officiers stagiaires lui ont même dressé une haie d’honneur pour signifier au commandement du CID leur totale désapprobation.

Au-delà du sordide et de la bassesse de la méthode, il faut reconnaître au clan pro-américain qui goupille le pouvoir politico-militaire le mérite de la cohérence. Ils ont posé soigneusement les jalons du processus de liquidation de l’héritage gaulliste et de ce que jadis, dans un temps qui nous paraît désormais préhistorique, on nommait «l’indépendance stratégique» : parution du Livre Blanc qui réduit notre armée à n’être qu’une force de maintien de paix, piteuse voiture-balai destinée à accomplir les basses besognes que l’armée américaine dédaigne; annonce officielle de notre retour dans l’OTAN en l’échange de l'ébouage de Guantanamo et de deux commandements mineurs qu’on nous jette comme des miettes pour récompenser notre si patente inféodation; enfin épuration des dernières voix savantes du souverainisme au sein de l’institution militaire. Les prochains sur la liste noire ? Le Canard Enchainé, ce faux-ennemi qui sert à merveille les intérêts de l’Anti-France, vient de les désigner à la vindicte : Réveillard, Lugan, Venner, Conrad, etc. Bref tous ceux qui ont le tort de défendre la nation. Heureuse nostalgie des purges staliniennes !

Quelle étrange, absurde situation, où celui qui tente de faire face à la pantomime sinistre des mensonges est désormais travesti en extrémiste, et où ceux qui plongent la France dans la régression et sacrifient l’idéal républicain tentent de se faire passer pour des progressistes et des républicains. Qui punit, qui ostracise ? Le médiocre, le traître. Qui est puni, qui est ostracisé ? Le savant, le patriote. Quel retournement des rôles qui veut tout dire du drame de la vérité où notre pays se meurt ! Si la liberté d’expression n’a plus de sens dans ce pays qui n’est plus que l’ombre de lui-même, soit ! Mais qu’au moins le pouvoir nous livre une liste écrite des tabous et des vérités indicibles ! Cela facilitera le travail d’autocensure. Cela aidera les penseurs à se mettre à l’index des critiques interdites. Il faudrait songer à instaurer un crime de lèse-servitude pour graver dans le marbre la ligne de camp et délimiter le théâtre d’opérations de la post-nation.

Décidément, dans cet âge de ténèbres, il ne fait pas bon se poser en adversaire du consensus médiocrate qui voue la France au gouffre. Mais l’infâme là-dedans, ce n’est pas tant l’imposture que ce licenciement incarne, nous en avons tant vu ces dernières années condamnés au silence. Combien sont ceux qui, dans l’ombre des ministères, dans l’anonymat, ont déjà subi cette ostracisation et qui la subiront encore ? Non l’infâme là-dedans, c’est que ce sont les opportunistes et les lâches qui se font juge de paix, ce sont les gestionnaires du désastre qui abattent le marteau du déshonneur sur l’homme de conviction.

Sachez-le messieurs, jeunes et plus vieux qui – insensés que vous êtes ! – voulez conserver ce qui reste de l’indépendance de la France, l'état de défenseur de la souveraineté et de conjurateur du déclin vous voue désormais à la marge et à la pauvreté, à la flétrissure et à l’injustice. Il vaut mieux piller les entrailles du cadavre national que d’en appeler à sa résurrection. Forçons-nous le trait ? À peine hélas. Voilà où s’achève le thrène. Chant de mort pour nation défunte. La boucle est bouclée. La pensée rentre dans la résistance.

Au moment où toutes les conditions sont réunies pour établir au niveau mondial un équilibre de pouvoir multipolaire, et où les neo-cons américains s’effacent, nous nous faisons – sublimes pavloviens que nous sommes – néo-conservateurs ! Nous sommes prêts à tirer un trait sur nos emprises africaines, où nous avons des intérêts économiques et sécuritaires cruciaux, et à basculer nos forces en Afghanistan pour flatter le messie Obama. Le chemin de notre vassalité est tout droit tracé. Il est à craindre que la chassie de l’atlantisme qui embue les yeux de nos dirigeants ne parvienne plus à les leur faire déciller. Voilà comment s’orchestre le suicide volontaire d’une nation, alors qu’elle a en puissance tous les moyens de l’autonomie. Soyez en sûrs : le syndrome 40 n’a pas fini de travailler la chair du cadavre. Peu importe que la France soit morte, la nécrophilie atlantiste ira la violer dans sa tombe.

La prochaine étape dans l’infamie ? La transformation du siège de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU en siège européen et la mutualisation sous commandement euratlantique de la force de frappe nucléaire. Malheur aux vaincus.

Source : stalker via agoravox

samedi 21 février 2009

Barack Obama Administration Continues US Military Global Dominance

By Peter Phillips

The Barack Obama administration is continuing the neo-conservative agenda of US military domination of the world— albeit with perhaps a kinder-gentler face. While overt torture is now forbidden for the CIA and Pentagon, and symbolic gestures like the closing of the Guantanamo prison are in evidence, a unilateral military dominance policy, expanding military budget, and wars of occupation and aggression will likely continue unabated.

The military expansionists from within the Reagan, George H. W. Bush, Clinton, G. W. Bush administrations put into place solid support for increased military spending. Clinton’s model of supporting the US military industrial complex held steady defense spending and increased foreign weapons sales from 16% of global orders to over 63% by the end of his administration.

The neo-conservatives, who dominated the most recent Bush administration, amplified this trend of increased military spending. The neo-cons laid out their agenda for military global dominance in the 2000 Project for a New American Century (PNAC) report Rebuilding America’s Defenses. The report called for the protection of the American Homeland, the ability to wage simultaneous theater wars, to perform global constabulary roles, and to control space and cyberspace. The report claimed that in order to maintain a Pax Americana, potential rivals — such as China, Iran, Iraq, and North Korea — needed to be held in check. This military global dominance agenda required forward deployment of US forces worldwide and increasing defense/war spending well into the 21st century. The result was a doubling of the US military budget to over $700 billion in the last eight years. The US now spends as much on war/defense as the rest of the world combined, making Americans the highest war-tax payers in the world.

Barack Obama’s election brought a moment of hope for many. However, the Obama administration is not calling for decreased military spending, or a reversal of US military global dominance. Instead, Obama retained Robert Gates, thus making Obama the first president from an opposing party, in US history, to keep in place the outgoing administrations’ Secretary of Defense/War. Additionally, Obama is calling for an expanded war in Afghanistan and only minimal long-range reductions in Iraq.

The US military industrial complex is deeply embedded inside the Washington beltway. According to the most recent reports from OpenSecrets.org, 151 members of Congress in 2006 had up to $195.5 million of their personal assets invested in defense companies.

Major defense contractors were seriously involved in the 2008 elections. Lockheed Martin gave $2,612,219 in total political campaign donations, with 49% to Democrats ($1,285,493) and 51% to Republicans ($1,325,159). Boeing gave $2,225,947 in 2008 with 58% going to Democrats, and General Dynamics provided $1,682,595 to both parties. Northrop Grumman spent over $20 million in 2008, hiring lobbyists to influence Congress, and Raytheon spent $6 million on lobbyists in the same period. In a revolving door appointment, Obama nominated Raytheon’s senior vice president for government operations and strategy, William Lynn, for the number two position in the Pentagon. Lynn was formally the Defense Department’s comptroller during the Clinton administration.

The International Monetary Fund’s prediction for global economic growth in 2009 is 0.5 percent—the worst since World War II. The United Nations’ International Labor Organization estimates that some 50 million workers will lose their jobs worldwide this year. There are an estimated 62,000 U.S. companies expected to close in 2009, and while official unemployment is at 7 percent in the US, when you add people no longer looking for jobs and part-time workers, joblessness is closer to 14 percent. The military-industrial-political elite are worried about the potential of increasing global insecurity. The answer inside the Obama Administration is to continue high defense/war spending to insure military control of both domestic and foreign instabilities.

The military, industrial, congressional, and administrative elite profit from defense spending, both financially and ideologically. Insider profit taking from pentagon spending is widespread in Washington. But perhaps more important is the belief that this global military machine is seen as necessary for the protection of US corporate interests and the American upper classes in an increasingly destabilized world. Given that belief, the Obama administration is unlikely to change the defense spending policies of the previous US administrations without significant disruptive pressure from anti-war activists and global empire resisters.


Peter Phillips is a Professor of Sociology at Sonoma State University and Director of Project Censored a media research organization. His 2006 study on the Global Dominance Group in the US is available on line at: http://www.projectcensored.org/articles/story/the-global-dominance-group/

Source : projectcensored via 911blogger