dimanche 20 avril 2008

ZERO - Enquête sur le 11 Septembre

Première française du film documentaire italien "ZERO - enquête sur le 11 Septembre" (ZERO - inchiesta sull'11 settembre)



ZERO est un film documentaire italien qui rompt le mur du silence, une enquête journalistique rigoureuse, composée d’interviews tournées dans le monde entier avec des témoins oculaires, rescapés, responsables des enquêtes, experts, techniciens, universitaires, proches des victimes. Trois narrateurs d’exception, Dario Fo (Prix Nobel de Littérature), Lella Costa et Moni Ovadia, accompagnent le spectateur dans un voyage qui met en évidence une version différente de la version officielle….

ZERO - Enquête sur le 11 Septembre
au cinéma Odyssée (3 rue des Francs Bourgeois) à Strasbourg, 
le mercredi 23 avril 2008 à 18 h 00 
suivie d’un débat avec le député européen Giulietto Chiesa.

Le film a fait l'objet d'une projection au Parlement Européen le 26 février 2008.
Plus d'information sur reopen911.info

jeudi 17 avril 2008

11-Septembre : un sauvetage numérique ?

Deuxième partie de l'excellente analyse du traitement du 11 septembre par les médias publiée sur Agoravox par Taïké Eilée. Particulièrement d'actualité après la diffusion par canal + du reportage de Stéphane Malterre, "Jeudi Investigation : Rumeur, intox : les nouvelles guerres de l’info", qui, sous couvert de traiter de la "désinformation", participe activement à l'entreprise de d'intoxication généralisée sur le 11-Septembre...


Les médias se sont souvent dévoyés dans leur traitement du 11-Septembre : d’abord, en adoptant une hiérarchie de l’information aberrante ; ensuite, en réduisant tous les insatisfaits de la version officielle à une bande d’aliénés. Savoir hiérarchiser l’information et ne jamais pratiquer l’amalgame et le simplisme constituent pourtant deux qualités obligées du journaliste. Ce qu’on peut qualifier de "naufrage médiatique" trouve néanmoins son point d’accomplissement dans un paradoxe : en effet, si les médias soutiennent globalement l’histoire officielle, ce sont pourtant leurs propres journalistes qui ont, ici ou là, contribué à en dynamiter des pans entiers. Internet, avec ses ressources inédites, permet de s’en rendre compte et de mesurer l’ampleur du désastre. Et peut-être aussi d’y remédier. Certains s’y emploient, comme le chercheur indépendant Paul Thompson.

Cet article est la suite de 11-Septembre : un naufrage médiatique, paru le 8 avril 2008 sur AgoraVox.



Internet et la bataille de la mémoire

Les médias de masse n’ont pas vraiment, c’est le moins qu’on puisse dire, poussé les gens à remettre en cause la "vérité établie" au sujet du 11-Septembre. Pourtant, près de la moitié des Américains voulaient en 2006 une nouvelle enquête sur les attentats (que 81 % d’entre eux considèrent d’ailleurs comme l’événement le plus important de leur vie). D’où une telle insatisfaction a-t-elle bien pu naître ? Peut-être de la fréquentation de ces lieux sur le Net, où de simples individus bénévoles récoltent patiemment et laborieusement toutes les informations - parfois surprenantes - qu’ils trouvent sur le 11-Septembre. Des informations sorties, bien souvent, tout droit des médias traditionnels, et même de médias de grand renom... mais qui ont réussi à passer plus ou moins inaperçues, perdues dans le flot d’informations (pas toujours essentielles) qui nous submergent chaque jour. Une info en chassant une autre, et le rythme de l’information s’accélérant sans cesse, le triomphe de l’oubli semblerait assuré...

Il serait assuré sans Internet et sa mémoire phénoménale, ses archives, ses liens par centaines, par milliers, qui permettent de retrouver et de relier entre elles des informations qu’on aurait sinon à jamais perdues... avant peut-être qu’un rat de bibliothèque, un historien, ne fasse le travail quelques années ou décennies plus tard. Internet permet de ne pas attendre cinquante ou cent ans pour réviser une histoire qui, d’évidence, nous ment (au moins dans certaines lignes). S’il ne suffit pas pour découvrir toute la vérité, le Net est une arme suffisante pour débusquer nombre de mensonges. D’autant que, si l’on en croit l’ancien analyste de la CIA Raymond McGovern, près de 80 % des informations - même sensibles - sont disponibles dans le domaine public (9/11 Press for Truth, 30e minute).

Si notre temps numérique paraît ainsi celui de la mémoire courte, de la mémoire en péril, de l’oubli instantané, il est aussi celui de la mémoire retrouvée, aussi rapidement qu’elle a été perdue. Le vagabondage, le papillonnage, l’errance hypertexte et hypermédia, auxquels prête naturellement le web, sont en effet à double facette : ils peuvent constituer tout aussi bien une ruine pour la mémoire qu’une chance unique pour sa survie et son intégrité ; aussi bien une aubaine pour les falsificateurs de l’histoire, que l’assurance de leur échec. La vigilance active des internautes connectés en réseaux est ce qui peut faire la différence ; l’activité de veille sur Internet, d’archivage et d’échanges est essentielle, que de simples individus ont d’ailleurs mis en œuvre dans le cas du 11-Septembre depuis que le doute a commencé à les tenailler.

Extraire les pépites de la boue : en quête des informations dissimulées

Paul Thompson est l’un de ces veilleurs ; il est peut-être le plus emblématique. Avec lui, la mémoire du 11-Septembre est sauve. Depuis mi-2002, ce chercheur indépendant alimente la base documentaire Complete 9/11 Timeline. Chronologie détaillée époustouflante du 11-Septembre et de son contexte, qui recense, thème par thème (et ils sont nombreux), la quasi totalité des informations parues dans les médias sur le sujet. Plus de 7000 articles y étaient déjà compilés en 2006, lors de la sortie du documentaire 9/11 Press for Truth, qui en est adapté. Voici ce que Paul Thompson y déclare (31e minute) et qui éclaire bien l’intérêt de son travail : "Quand j’ai commencé mes recherches, j’ai remarqué cet étrange phénomène : il y a beaucoup d’informations explosives qui sont sorties dans la presse, mais elles ont été étouffées. [...] On peut trouver une partie d’une information importante dans la presse et une autre partie dans un journal télévisé. Si vous assemblez toutes ces parties diffuses, vous obtenez un récit très différent du 11-Septembre." Et il poursuit (36e minute) : "On pouvait trouver un article à la Une, et un autre en milieu de journal. J’ai remarqué plusieurs fois que l’article du milieu était plus important que celui de la première page." Ce travail de patience s’apparente à la reconstitution d’un puzzle. Un puzzle dont il a fallu, au préalable, aller chercher minutieusement les pièces, une par une, les doigts dans la terre, et la loupe à la main, quêtant la plus petite des pépites. Avec d’autant plus de soin que les pièces les plus importantes s’avèrent souvent être aussi les moins visibles.

Voici un exemple d’information de toute première importance, quasi imperceptible, lancée en passant, comme si de rien n’était, dans un long et dense article du Figaro du 20 juillet 2007 intitulé "Pakistan : la Mosquée rouge, centre névralgique d’al-Qaida" (un peu comme un diamant qu’on jetterait dans une mare boueuse, rendant son éclat indétectable... ou presque). Au beau milieu de votre lecture, vous tombez sur ça : "En mai dernier, en pleine crise avec les dirigeants de la mosquée, le président Musharraf avait accepté de libérer un ex-responsable de l’ISI, Khalid Khawaja emprisonné depuis plusieurs semaines. Il était accusé d’avoir introduit dans les bâtiments de la mosquée des responsables d’al-Qaida et des armes ! Ce membre de l’ISI est celui qui servait d’instructeur pour les explosifs dans les camps d’al-Qaida, notamment à Shakar Dara. C’est lui qui avait manipulé Richard Reid, cet Anglais qui avait essayé de faire exploser l’avion du vol Paris-Miami [d’American Airlines] le 22 décembre 2001 à l’aide d’explosifs cachés dans ses chaussures." Combien de lecteurs auront été suffisamment estomaqués ici pour stopper net leur lecture et se demander pourquoi ces révélations ne font pas la Une de tous les journaux de la planète ? Car que nous dit-on ? Que les services secrets militaires du Pakistan - l’ISI - ont commandité un attentat-suicide dans un avion américain trois mois après le 11-Septembre ! Qu’un membre de la coalition antiterroriste - formée par les Etats-Unis au lendemain du 11-Septembre - a projeté de dégommer un avion américain ! Rien que ça ! N’est-ce pas absolument énorme comme information ? Les auteurs de ce papier ne mériteraient-ils pas davantage d’écoute que Marion Cotillard ? Si leur information est sûre, quel scoop ! quel tremblement de terre !

L’article est signé, précisons-le, par Roland Jacquard et Atmane Tazaghart. Le premier est "Président de l’Observatoire international du terrorisme, expert auprès des Nations-unies et du conseil de l’Europe, président du Conseil stratégique de la Lettre Sentinel. Il a publié différents ouvrages de référence sur le terrorisme islamiste : Au nom d’Oussama Ben Laden (Picollec, 2001), Les Archives secrètes d’Al-Qaïda (Picollec, 2002)". Le second est un "fin connaisseur de la nébuleuse islamiste qu’il suit quotidiennement pour le compte de la revue panarabe Al-Majalla" ; il est "spécialiste de Ben Laden et d’Al-Qaïda", et collabore avec France24. Pas assez glamour pour Marianne2  ?

Cette information sur l’implication des services pakistanais dans l’attentat manqué de Richard Reid est évidemment à mettre en perspective avec toutes les autres informations qui traitent du lien entre l’ISI et le 11-Septembre, et que j’avais commencées à mettre en lumière dans un autre article publié sur AgoraVox le 11 septembre 2007. Pour ceux que l’anglais n’effraie pas, Paul Thompson a consacré une conférence à ce sujet : à écouter ici.

L’aiguillon du journaliste

Avant d’énumérer d’autres informations tout aussi explosives, précisons un point important, touchant à la démarche et à l’ambition - limitée - que doit avoir le veilleur du web... s’il prend Pyrrhon comme guide.

"Le sceptique [...] ne conteste pas que tel objet lui paraisse blanc, ou que le miel lui paraisse doux. Mais le miel est-il doux ? l’objet est-il blanc ? Voilà ce qu’il ne sait pas." De même, nous ne savons pas, avec certitude, quelles sont les informations rapportées dans la presse qui sont vraies et celles qui ne le sont pas. La désinformation vient probablement se mêler à l’information, surtout dans une affaire comme celle du 11-Septembre, et ce n’est pas nous, petits citoyens sans moyens d’investigation autres que le Net, qui pouvons les démêler, et faire la part entre le vrai et le faux. L’ISI a-t-elle réellement commandité l’attentat de Richard Reid ? A-t-elle réellement financé Mohammed Atta et les pirates du 11-Septembre ? A-t-elle fait assassiner le commandant Massoud ? A-t-elle vraiment eu le projet de détruire le World Trade Center ? En bons sceptiques, nous devons dire que nous n’en savons rien. Nous constatons seulement que des journaux réputés, ou de grandes chaînes de télévision, ont livré - assez subrepticement - ces informations (voir mon précédent article). Et ces informations contredisent assurément la version officielle.

Nous constatons que ces informations sont de la plus grande importance, mais n’ont été que peu relayées. Une part infinitésimale de la population en a entendu parler. On peut alors se demander pourquoi. Deux possibilités s’offrent à nous : soit ces informations se sont avérées fausses, ou pas fiables du tout, et dans ce cas on s’attendrait à un correctif, à un démenti de la part des médias qui ont lancé ces "bombes" ; soit elles sont bel et bien confirmées, et alors on ne comprend pas pourquoi elles ne se diffusent pas partout, à tous les médias de la planète, pour accéder jusqu’à la Une du 20h. Au fond, ce que nous pouvons faire avec Internet, c’est mettre les médias face à leurs contradictions, c’est les aiguillonner, c’est leur demander de la cohérence, de la clarté, davantage de transparence.

Pour jouer ce rôle d’aiguillon, il faut, au préalable, avoir mené ce qu’on pourrait appeler une "enquête seconde", dont le terrain est le web principalement, après l’enquête première menée par les journalistes, sur le "vrai terrain". Cette enquête seconde consiste à prospecter le web, pour collecter et rassembler, thème par thème, les informations que les journalistes ont livrées de manière éparpillée, à la fois dans l’espace et dans le temps (un bout d’information dans un journal, un autre bout dans un autre, à six mois ou un an d’intervalle...). Les "journalistes citoyens" ne constitueraient-ils pas une aide précieuse pour des journalistes professionnels qui, par manque de temps ou pour d’autres raisons, ne font pas ce travail de synthèse pourtant essentiel ?

Aujourd’hui pourtant, un veilleur vigilant est snobé par les médias s’il fait ingénument remarquer que le Times of India, le Dawn, le Wall Street Journal, le Daily Excelsior, ou encore le London Times ont rapporté que, selon le FBI, le chef de l’ISI (en visite officielle à Washington le 11 septembre 2001) avait fait transférer 100 000 dollars au chef des pirates de l’air du 11-Septembre Mohammed Atta... et s’étonne que personne n’en parle... et demande pourquoi. Ces grands journaux ont-ils tous "dérapé" ? N’ont-ils fait que rapporter une rumeur ? Nous n’en savons rien ; même si des médias de premier plan se sont étonnés - entre 2004 et 2006 - que cette piste ne soit pas explorée : Asia Times, Guardian, Times of India, CBC News... Mais une chose est sûre : dans un monde où tout internaute peut accéder à la quasi totalité des sources d’information, les journalistes doivent changer de comportement ; ils doivent apprendre à rendre des comptes. Ils ne peuvent pas laisser sans réponse des lecteurs qui prennent la peine de les lire et ne comprennent pas la logique de ces lourds silences.

Précisons que cette implication pakistanaise n’est pas seulement évoquée dans quelques journaux que peu, manifestement, ont lus ; vous la retrouvez dans le best-seller de Bernard-Henri Lévy Qui a tué Daniel Pearl ?, que la plupart des (grands) journalistes ont lu, et dans le film Un Cœur invaincu avec Angelina Jolie, dont on a pu lire des critiques (très positives) un peu partout, sans qu’aucune, à ma connaissance, ne mette en exergue cette révélation.

La version officielle contredite par les médias

La question de la crédibilité de l’information se pose sur de nombreux autres sujets. En effet, la version officielle, jamais mise en doute globalement par les médias, est contredite sur de nombreux points, et pas des moindres, par des articles publiés dans les journaux les plus prestigieux du monde. Voici un échantillon très synthétique de ces informations, que peu de gens connaissent, et que nos journalistes médiatiques (mal informés ?) ignorent, ou traitent comme des hérésies.

Al-Qaïda seul responsable des attentats du 11-Septembre ?
Officiellement, l’organisation de Ben Laden a agi seule, sans soutien étatique. Même si l’on a supposé, du côté de la Maison Blanche, dès le 12 septembre 2001 (dixit Richard Clarke et George Tenet), une implication de Saddam Hussein... 

Version officielle contredite par les médias :
L’Arabie Saoudite - via ses services secrets - a appuyé au moins deux des pirates de l’air : Nawaf Alhazmi et Khalid Almihdhar étaient, en effet, en contact à San Diego avec deux Saoudiens, Omar al-Bayoumi et Osama Bassnan, probables agents du renseignement saoudien ; c’est le New York Times qui l’affirme, relayant le contenu des 28 pages du rapport du Congrès sur les attentats du 11-Septembre que la Maison Blanche a réussi à censurer. Bob Graham, président du Comité du renseignement du Sénat, a lui-même affirmé - sur PBS et au Sénat - que des Etats souverains "amis" des Etats-Unis avaient supporté "au moins quelques-uns des terroristes" du 11-Septembre, parlant même sur PBS de "preuve très convaincante", et se plaignant de la censure de George W. Bush. Ajoutée à l’implication du Pakistan, cette information suggère donc que deux pays alliés des Etats-Unis ont participé à l’organisation des attentats.

Le renseignement américain et la Maison Blanche ne savaient rien ?
Officiellement, ils n’ont reçu aucun avertissement avant le 11-Septembre d’une attaque terroriste à venir consistant à utiliser un avion de ligne détourné comme un missile.

Dès le 17 septembre 2001, le directeur du FBI Robert Mueller prétend qu’il n’a "eu connaissance d’aucun avertissement qui aurait indiqué ce type d’opération dans le pays". Le 26 septembre, le président Bush affirme que les terroristes "ont frappé d’une manière qui était inimaginable". Le 30 septembre, le Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, interrogé pour savoir s’il avait imaginé que le Pentagone puisse être attaqué à l’aide d’un avion commercial, répond, effarouché : "Oh mon Dieu, non. Ça n’aurait jamais traversé l’esprit de quiconque..." Le 17 octobre, le chef de l’état-major interarmées, le général Richard Myers, confesse : "Nous n’avions pas pensé à cela". Le 16 mai 2002, la Conseillère à la Sécurité nationale Condoleezza Rice déclare, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche qui restera dans l’histoire : "Je ne pense pas que quiconque aurait pu prévoir que ces gens prendraient un avion et le projetteraient dans le World Trade Center, prendraient un autre avion et le projetteraient dans le Pentagone, essaieraient de se servir d’un avion comme d’un missile, d’un avion détourné comme d’un missile." Le 22 mars 2004, elle écrit dans le Washington Post  : "Malgré ce que certains ont suggéré, nous n’avons reçu aucun renseignement nous indiquant que des terroristes se préparaient à attaquer notre patrie en se servant d’avions comme de missiles..." Le 8 avril 2004, elle affirme sous serment, devant la Commission d’enquête : "Les rapports de menaces que nous avons reçus au printemps et à l’été 2001 ne spécifiaient ni date, ni lieu, ni type d’attaque. [...] Il n’y avait pas d’informations sur de nouvelles menaces, elles ne concernaient aucun attentat à venir à l’intérieur des Etats-Unis." (9/11 Press for Truth, 41e minute).

Le 22 juillet 2004, le rapport de la Commission d’enquête offre sa version, exprimée pages 345 à 347 : la possibilité pour des terroristes d’utiliser un avion comme une arme avait été imaginée avant le 11-Septembre - ce qui va à l’encontre de la première version avancée par toute l’administration Bush - mais était jugée improbable, et aucune parade n’avait été suffisamment étudiée. Le rapport confirme qu’aucune alerte de ce type d’attaque n’a été reçue par les agences de renseignement.

Version officielle contredite par les médias :
Le renseignement américain avait été averti "depuis au moins 1994 et continuellement jusqu’à l’été 2001" (Associated Press) que des terroristes envisageaient d’utiliser des avions comme armes. Il savait qu’Al-Qaïda avait le projet d’un attentat de grande ampleur sur le sol américain durant l’été ou l’automne 2001 (AFP), consistant à détourner des avions de ligne pour les crasher (CBS News) dans des bâtiments symboliques (Frankfurter Allgemeine Zeitung), notamment le Pentagone et des gratte-ciel à New York (WorldNetDaily), dont le World Trade Center (Newsweek). De nombreux services de renseignement étrangers avaient apporté ce genre d’avertissements aux Etats-Unis dans les mois précédant le 11-Septembre : britanniques (Sunday Times), italiens (Los Angeles Times), allemands (FAZ), jordaniens (Christian Science Monitor), russes et bien d’autres encore (Fox News)... En avril 2000, un terroriste repenti, Niaz Khan, s’était même rendu au FBI pour raconter qu’il avait été entraîné les semaines précédentes au Pakistan par des disciples de Ben Laden pour détourner un avion de ligne et le crasher dans un building aux Etats-Unis (MSNBC). Le 10 juillet 2001, le directeur de la CIA George Tenet avait averti Condoleezza Rice : "Il va y avoir une attaque terroriste importante dans les prochaines semaines ou les prochains mois" et elle sera "spectaculaire" (Washington Post). George W. Bush fut averti au plus tard par le PDB du 6 août 2001.

Un attentat-suicide sur le World Trade Center avait même été simulé par le NORAD dès 1999 ! Un autre sur le Pentagone devait l’être en avril 2001, avant d’être finalement abandonné car jugé "trop irréaliste" par l’état-major des armées (Boston Globe). USA Today du 18 avril 2004 fit justement remarquer : "Dans les deux ans précédant les attaques du 11-Septembre, le NORAD conduisit des exercices simulant ce qui, selon la Maison Blanche, était inimaginable à l’époque..."

L’ancien directeur-adjoint de la CIA John Gannon apporta lui-même ce saisissant contre-pied à la version gouvernementale : "Si vous aviez demandé à n’importe qui si des terroristes pourraient utiliser un avion comme un missile, personne ne l’aurait exclu." Mise au point salutaire réalisée dès le 17 mai 2002 par CBS News. Quant au Wall Street Journal, il fit remarquer le 19 septembre 2002 : "Les services de renseignement étaient au courant de nombreuses menaces indiquant que des terroristes pourraient utiliser des avions comme des armes contre les Etats-Unis, bien que le gouvernement ait clamé après le 11-Septembre que les attaques contre le World Trade Center et le Pentagone étaient surgies de nulle part." Un membre de la Commission d’enquête, le démocrate Bob Kerrey, interpella même assez vivement le président Bush le 8 novembre 2004 sur CNN : "Vous saviez qu’ils [les terroristes] étaient aux Etats-Unis. Vous aviez été averti par la CIA. Vous saviez en juillet qu’ils étaient à l’intérieur des Etats-Unis. Vous avez été de nouveau informé par un briefing au mois d’août qu’il s’agissait d’une terrible menace. Et qu’avez-vous fait ? Rien, comme on a pu le constater à la Commission." Est-il besoin d’en rajouter ?

La sprinteuse Marion Jones a été condamnée à six mois de prison pour avoir menti aux enquêteurs fédéraux dans une affaire de dopage. Est-il question d’emprisonner George W. Bush au terme de son mandat, ainsi que son administration, pour avoir menti "au moins 935" fois entre 2001 et 2003 au sujet de la menace que représentait l’Irak ? et combien de fois au sujet du 11-Septembre ?

Des terroristes inconnus ?
Officiellement, le renseignement américain n’avait identifié que deux pirates de l’air avant le 11-Septembre : "Parmi les 19 pirates, seuls Khalid Almihdhar et Nawaf Alhazmi avaient été identifiés comme des menaces potentielles par la CIA [...]. Ni Mr. Alshehhi, ni Mr. Atta n’avait été identifié par les agences de renseignement américaines comme une menace potentielle, selon le rapport de la Commission" (New York Times).

Version officielle contredite par les médias :
Quatre futurs kamikazes - le leader Mohammed Atta et ses seconds : Marwan Alshehhi, Khalid Almihdhar et Nawaf Alhazmi - avaient été identifiés plus d’un an avant le 11-Septembre, par l’unité de renseignement militaire Able Danger, selon le New York Times. Plusieurs membres de cette unité top secrète ont témoigné de leur découverte, dont le lieutenant-colonel Anthony Shaffer, qui rapporta d’ailleurs à Fox News les pressions qu’un supérieur hiérarchique exerça sur lui pour qu’il n’enquête plus sur Atta.

Louis Freeh, directeur du FBI de 1993 à juin 2001, a écrit le 17 novembre 2005 dans le Wall Street Journal que le rapport de la Commission avait commis "une erreur embarrassante" en prétendant qu’Atta n’avait pas été identifié, ajoutant avec beaucoup de virulence : "La Commission a inexplicablement conclu que [l’identification d’Atta en 2000] n’était "pas historiquement importante". Cette conclusion stupéfiante - ajoutée à l’échec pour lancer une enquête sur Able Danger et pour l’incorporer aux conclusions du rapport - soulève de sérieux doutes quant à la crédibilité de la Commission, et, si les faits sont avérés, pourrait juste rendre la Commission historiquement insignifiante elle-même." Le 18 septembre 2006, le Ministère de la Défense rendit pourtant ce verdict étonnant : "Bien que nous ayons entendu quatre témoins qui prétendent avoir vu un graphique représentant Mohammed Atta et d’autres possibles terroristes ou "cellules" impliqués dans le 11-9, nous avons établi que leurs souvenirs n’étaient pas précis."

La CIA, de son côté, était sur les traces de Marwan Alshehhi à Hambourg dès mars 1999, selon l’hebdomadaire allemand Stern et la première chaîne de télévision publique allemande ARD ; mais aussi de Mohammed Atta dès janvier 2000, selon Focus, le Berliner Zeitung, et l’Observer  ; ce dernier journal afficha son étonnement : "La révélation qu’Atta était suivi par la police longtemps avant le 11-Septembre soulève la question de savoir pourquoi les attaques n’ont pas pu être empêchées par l’arrestation des terroristes". La CIA avait même fait interpeller Ziad Jarrah aux Emirats arabes unis, en janvier 2000 selon Stern, en janvier 2001 selon CNN et le Chicago Tribune. Notons que nous avons là trois des quatre pilotes du 11-Septembre : Atta était en effet aux commandes du vol 11 crashé sur la Tour Nord du WTC, Alshehhi aux commandes du vol 175 crashé sur la Tour Sud, Jarrah aux commandes du vol 93 crashé en Pennsylvanie. Ces identifications, ajoutées à celles de Khalid Almihdhar et Nawaf Alhazmi à Kuala Lumpur en janvier 2000, portent au nombre de cinq les terroristes repérés par le renseignement américain avant le 11-Septembre (notons que si l’on ajoute à ces cinq noms celui d’Hani Hanjour, pilote présumé du vol 77, crashé sur le Pentagone, nous tenons les six "leaders" des kamikazes ; les treize autres avaient un rôle plus secondaire dans l’opération).

Si cela ne suffisait pas... Le 23 août 2001, le Mossad livra à la CIA une liste comportant 19 noms de terroristes vivant aux Etats-Unis, et qui semblaient se préparer pour une attaque imminente. Coïncidence ou non, 19 est le nombre des pirates de l’air du 11-Septembre. Les 19 noms ont-ils été livrés ? Seuls quatre d’entre eux ont été donnés dans la presse : il s’agit de Nawaf Alhazmi, Khalid Almihdhar, Marwan Alshehhi et Mohammed Atta. De quelles sources d’information alternatives a bien pu sortir cette improbable révélation ? Der Spiegel, Die Zeit, BBC.

Une information d’autant plus intéressante que l’on sait que cinq Israéliens ont été arrêtés à New York le matin du 11-Septembre pour leur comportement suspect face aux Tours. Selon l’hebdomadaire juif Forward, "une enquête du contre-espionnage du FBI conclut qu’au moins deux d’entre eux étaient en réalité des agents du Mossad". Selon ABC News, l’un de ces agents déclara : "Notre but était de documenter l’événement". Le Monde nous avait aussi appris l’existence d’un vaste réseau d’espions israéliens - environ 120 - infiltrés aux Etats-Unis, se faisant passer notamment pour des étudiants en art, et dont certains semblaient suivre les terroristes du 11-Septembre ou, du moins, fréquentaient les mêmes lieux. Salon rapporta que les espions avaient vécu à proximité d’au moins dix des dix-neuf pirates de l’air.

Au lieu de s’exciter sur de fumeuses rumeurs antisémites, voici des informations a priori solides sur lesquelles des journalistes d’investigation auraient été bien inspirés de travailler.

En guerre à cause du 11-Septembre ?
Officiellement, les Etats-Unis sont en guerre en Afghanistan et en Irak à cause des attaques du 11-Septembre. Au sujet de l’Irak, George W. Bush lança le 18 juin 2005 : "Nous sommes partis en guerre parce que nous avons été attaqués..."

Version officielle contredite par les médias :
En mars 2005, la BBC révèle que la planification de la guerre en Irak a eu lieu dès les premières semaines du mandat de George W. Bush, soit en janvier 2001, pour des motifs principalement pétroliers. Eric Laurent, dans La Face cachée du pétrole, dira la même chose en 2006 : "L’administration Bush [...] a, dès son arrivée au pouvoir, en janvier 2001, planifié l’invasion de l’Irak. Une commission secrète sur l’énergie, créée par le vice-président Cheney en a arrêté tous les détails et le 11 septembre a servi de prétexte à l’intervention militaire. Des documents de travail que cette commission a été contrainte de rendre public, montrent une carte de l’Irak où, en mars 2001, huit zones d’exploitations ont été tracées, juste à côté de la frontière saoudienne."

Parmi les politiques ayant donné leur avis sur la question, n’en citons qu’un, l’ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter : "Je ne crois pas que nous ayons actuellement en tête de leur remettre [aux Irakiens] la responsabilité de l’approvisionnement en pétrole et de les laisser décider qui gère le pétrole [...]. Ce que je crois, c’est qu’il y a des gens à Washington actuellement, certains de nos dirigeants les plus haut placés, qui n’ont aucunement l’intention de retirer les forces militaires d’Irak et ils se projettent 10, 20, 50 ans dans l’avenir avec cette forte présence militaire. [...] La raison pour laquelle nous sommes allés en Irak était d’établir une base militaire permanente dans la région du Golfe et je n’ai jamais entendu un seul de nos dirigeants dire qu’il s’engageait auprès du peuple irakien sur le fait que dans dix ans il n’y aurait pas de base militaire états-unienne en Irak" (CNN, 1er février 2006). Une analyse qui fait écho à la préconisation du PNAC en septembre 2000 : "Les Etats-Unis ont cherché depuis des décennies à jouer un rôle plus permanent dans la sécurité régionale du Golfe. Alors que le conflit irrésolu avec l’Irak fournit la justification immédiate, le besoin d’une forte présence des forces américaines dans le Golfe dépasse le problème du régime de Saddam Hussein" (Reconstruire les défenses de l’Amérique, page 14). 

Concernant la guerre en Afghanistan, l’ancien secrétaire aux Affaires étrangères du Pakistan Niaz Naik a rapporté la tenue d’une réunion secrète, à la mi-juillet 2001 à Berlin, durant laquelle de hauts fonctionnaires américains lui firent part de plans pour mener des actions militaires contre le régime de Kaboul, et pour le renverser, s’il refusait leur plan de construction d’un pipeline sur leur sol ; l’un des Américains, Tom Simons (ancien ambassadeur des Etats-Unis au Pakistan), dit que les Taliban auraient à choisir entre un "tapis de bombes" - l’invasion - et un "tapis d’or" - le pipeline. L’opération militaire envisagée se déroulerait, selon la BBC, avant les premières neiges en Afghanistan, soit "à la mi-octobre au plus tard". Le 2 août 2001, les négociations, engagées en février 2001, entre Américains et Taliban se soldèrent par un échec cinglant (selon WSWS et l’Irish Times). Le 7 octobre débuta la guerre.

Ben Laden, l’homme le plus traqué du monde ?
Officiellement, Oussama Ben Laden est l’ennemi public numéro 1, réclamé "mort ou vif" par le président américain le 17 septembre 2001 ; il est d’ailleurs inscrit depuis juin 1999 sur la site des 10 criminels les plus recherchés par le FBI.

Version officielle contredite par les médias :
Selon Le Figaro et RFI, du 4 au 14 juillet 2001, Ben Laden se fait soigner dans un hôpital américain à Dubaï. Le milliardaire saoudien, qui souffre d’une affection rénale, est installé dans le très réputé département d’urologie du docteur Terry Callaway. Le 12 juillet, il reçoit la visite du chef d’antenne locale de la CIA, Larry Mitchell ! Selon Le Figaro, l’agent de la CIA "aurait même été informé sur d’éventuels attentats". Rappelons qu’au même moment, à Berlin, des diplomates font part à Niaz Naik du projet américain de bombarder les Taliban, à moins que ces derniers n’acceptent leur projet de pipeline, mais aussi et surtout "ne leur livrent Ben Laden" !

Le 6 avril 2002, le général Richard Myers, chef d’état-major et plus haut gradé de l’armée des Etats-Unis, lance sur CNN : "Le but n’a jamais été d’attraper Ben Laden", ajoutant toutefois que ce serait "souhaitable". Le 9 janvier 2005, A.B. "Buzzy" Krongard, ancien directeur exécutif et numéro 3 de la CIA, admet explicitement, dans le London Times, qu’il est préférable que Ben Laden demeure vivant et libre. Le journal note que "plusieurs officiels américains ont reconnu en privé qu’il serait mieux de garder Ben Laden cloué à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan plutôt que d’en faire un martyr ou de le traduire en justice. Mais Krongard est la figure la plus haut placée qui reconnaît publiquement que sa capture pourrait s’avérer contre-productive". Si l’on peut comprendre l’intérêt de ne pas faire de Ben Laden un martyr, on comprend nettement moins celui de ne pas le traduire en justice...

Pour se détendre un peu, on peut aller voir (à la fin de cette petite vidéo) la réaction, le 3 mars 2005 (deux mois après la déclaration de Krongard), du directeur de la CIA Porter Goss, lorsque George W. Bush lance à la presse que ses services essaient chaque jour d’obtenir des informations pour localiser Ben Laden ; appréciez la surprise mâtinée d’hilarité qui envahit son visage...

Si nous résumons les informations qui précédent, nous obtenons la version suivante : le Pakistan et l’Arabie Saoudite, deux pays alliés des Etats-Unis, ont soutenu les pirates de l’air du 11-Septembre ; le renseignement américain avait connaissance bien avant les attentats d’une mission-suicide à venir d’Al-Qaïda, et connaissait les principaux kamikazes ; les guerres d’Afghanistan et d’Irak étaient planifiées avant les attentats ; Ben Laden n’a jamais été sérieusement traqué. Version vraie ou fausse ? En tout cas, basée uniquement sur les grands médias. N’est-ce pas incroyable ? Ce travail systématique de mise en évidence des contradictions de la presse pourrait se poursuivre sur bien d’autres thèmes...

Limites de la presse, nécessité des veilleurs amateurs

Les médias fournissent l’essentiel des matériaux d’information, mais ne les exploitent pas toujours. Un exemple en est ce mensonge flagrant de George W. Bush, proféré à deux reprises, et qu’aucun journaliste n’a relevé : le 4 décembre 2001, puis le 5 janvier 2002, le président américain prétend avoir vu en direct le premier attentat sur les Twin Towers, alors qu’il était en visite dans une école en Floride. Or, aucune image de cet attentat n’a été diffusée en direct. Les seules images connues de l’événement proviennent du film des frères Naudet, et elles n’ont été confiées aux télévisions que quelques heures plus tard. George W. Bush a-t-il pu confondre le premier crash avec le second ? Même pas : les images existent, qui montrent son assistant Andrew Card venir lui annoncer à l’oreille ce second crash, qu’il ne voit pas non plus en direct à la télévision.

De même, sur un sujet très controversé, celui de la chute du WTC 7, on est étonné qu’aucun média n’ait demandé des explications à John Kerry, finaliste de l’élection présidentielle de 2004, après qu’il a déclaré qu’il pensait que ce bâtiment avait fait l’objet d’une démolition contrôlée (pour des raisons de sécurité). D’où peut bien lui venir cette idée parfaitement "hérétique", qui n’a jamais été envisagée par aucun officiel ?

Sans doute peut-on davantage comprendre le silence des médias sur une pièce du dossier qui tient particulièrement à cœur aux chercheurs du web ; j’ai nommé le fameux rapport du "think tank" néoconservateur PNAC : Reconstruire les défenses de l’Amérique. Ce document, paru en septembre 2000, et auquel a pris part le noyau dur de la future administration Bush, prône un certain nombre de réformes militaires visant à assurer l’hégémonie américaine au XXIe siècle. Une phrase a beaucoup fait gloser dans ce rapport, que je fais précéder ici par une autre qui en précise la portée ; page 13, on peut lire : "L’échec à se préparer aux défis de demain sera l’assurance que l’actuelle Pax Americana touchera rapidement à sa fin". Puis, page 51 : "Le processus de transformation, même s’il est porteur de changements révolutionnaires, sera probablement long, en l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur - comme un nouveau Pearl Harbor". La catastrophe d’un nouveau Pearl Harbor apparaît ici presque souhaitée ; sans elle, "l’actuelle Pax Americana" toucherait sans aucun doute "rapidement à sa fin". Rétrospectivement, ces lignes soulèvent une inévitable suspicion ; George W. Bush ayant lui-même qualifié le 11-Septembre, le soir même de l’attaque, de "Pearl Harbor du XXIe siècle", selon le Washington Post. Mais que peut faire ici la presse ? Toute question serait tellement pleine de sous-entendus... On peut comprendre qu’il ne soit pas aisé d’aller trouver un dirigeant de son pays pour lui demander si le 11-Septembre correspond bien au "nouveau Pearl Harbor" qu’il souhaitait à demi-mot un an plus tôt... Une telle question pourrait tenir lieu d’accusation. Mais le silence est-il pour autant la meilleure attitude ? Délicate question.

Il est également délicat, on peut l’imaginer, d’enquêter sur les exercices de simulation militaires qui avaient lieu le matin même du 11-Septembre, et qui semblent avoir favorisé l’action des terroristes en semant la confusion. Cette concomitance mériterait pourtant d’être abordée, d’autant que, parmi les exercices du jour, on trouvait des détournements d’avions, comme nous l’apprend Vanity Fair d’août 2006. Un autre exercice mené par le NRO (National Reconnaissance Office) visait à simuler le crash accidentel d’un petit avion sur l’une des tours de son quartier général, nous apprend Associated Press. Cette agence du Ministère de la Défense est située à 40 km du Pentagone et à 6,5 km de l’aéroport international Dulles de Washington, d’où décolla, 50 minutes avant le début de l’exercice, le Boeing qui s’écrasa... sur le Pentagone. "Bizarre coïncidence" selon le gouvernement américain, "incroyable coïncidence" selon le porte-parole du NRO...

Enfin, la presse montre parfois son étonnement face à certains faits, mais sans pouvoir faire grand chose de plus. Citons l’exemple du Washington Post du 30 septembre 2001 face à la prouesse technique exceptionnelle qu’aurait réalisée Hani Hanjour, le piètre pilote présumé du vol 77 : "Sans aucun doute, les qualités de pilote d’Hanjour étaient faibles. Il prit des leçons dans une école de pilotage de Scottsdale, dans l’Arizona, quatre ans auparavant, mais ses instructeurs lui demandèrent finalement de partir en raison de ses pauvres compétences [...]. Il y a à peine un mois, des instructeurs du Freeway Airport à Bowie volèrent avec lui et le jugèrent inapte à piloter un avion par lui-même. Mais le matin du 11-Septembre, alors que le vol 77 se détournait de sa route vers Los Angeles pour foncer sur Washington et le Pentagone, Hanjour est censé avoir exécuté ce qu’une haute source de l’aviation a qualifié de "virage soigné et coordonné"."

En reliant des appréciations publiées dans différents journaux, l’on obtient aussi des résultats surprenants. Ainsi, le Washington Post du 12 septembre 2001 notait : "Des sources de l’aviation dirent que l’avion était piloté avec une habileté extraordinaire, de sorte qu’il était hautement probable qu’un pilote entraîné était aux commandes, peut-être l’un des pirates." ABC News rapportait le témoignage d’un contrôleur aérien : "La vitesse, la manoeuvrabilité, la trajectoire qu’il a prise, nous avons tous pensé dans la tour de contrôle, nous tous, contrôleurs aériens expérimentés, qu’il s’agissait d’un avion militaire". Or, le New York Times rapporta de son côté qu’un instructeur de vol, qui connut Hanjour sept mois avant le 11-Septembre, le considérait comme "un très mauvais pilote", allant jusqu’à dire : "Il ne pouvait pas voler du tout". CBS News rapporta qu’alors qu’il fréquentait une école d’aviation dans l’Arizona, ses instructeurs le signalèrent "au moins cinq fois à la FAA", car ils le trouvaient si mauvais qu’ils considéraient qu’il ne devait pas conserver sa licence de pilote : "Je ne pouvais pas croire qu’il avait une licence commerciale avec le niveau qu’il avait", confia l’un d’eux. A la mi-août 2001, selon Gazette, ses compétences étaient encore si pauvres qu’on lui refusa la location d’un petit avion monomoteur - Cessna - sans d’autres entraînements au préalable. Il est à noter que, selon le rapport de la Commission, Khalid Shaikh Mohammed, le "cerveau" du 11-Septembre, confia à Hani Hanjour l’attentat contre le Pentagone, car il était le plus expérimenté des pilotes de l’opération (note 147, page 530).

Est-il possible, pour la presse et nous tous, d’aller plus loin que l’étonnement ? Sans doute pas, sans une très hypothétique nouvelle enquête officielle. Mais cet étonnement est déjà un acquis essentiel, et nous le devons à la coopération - certes non voulue par les premiers - des journalistes professionnels et des "journalistes citoyens", dont la figure de proue reste probablement Paul Thompson.

Pour une approche plus vivante du personnage, voici une interview qu’il accorda à Peter Coyote le 10 février 2007, et dans laquelle il revient sur sa démarche de "journaliste citoyen" :

 

lundi 14 avril 2008

We Are Change UK : 11 avril

Des membres de We Are Change UK ont rendu visite à l'Ambassade des Etats-unis ce 11 avril, en support à la campagne internationale, indépendante et citoyenne "Le 11 de chaque mois" de truthaction.org.

On a rencontré des réfugies Iraquiens et un grand nombre de policiers.



Members of We Are Change UK visited the United States Embassy in London this April 11th in support of the truthaction.org international autonomous grassroots campaign 'The Eleventh of Every Month'.

We encountered some Iraqi refugee's and a large number of police officers.


Source : 911Blogger

mardi 8 avril 2008

11 septembre 2001 : "Un naufrage médiatique"

Félicitations à l'excellent Tïké Eillée qui vient de publier sur Agoravox la meilleure analyse francophone sur le rapport des médias de masse au 11 septembre à ma connaissance. La force de son article est que sa qualité exceptionnelle illustre parfaitement son propos : le glissement du journalisme véritable (c'est-à-dire réellement indépendant) du champ des médias classiques à celui du Net dans le monde de l'après-11 septembre. De très nombreux journalistes "encartés" vont sans doute rêver longtemps d'avoir pu écrire un papier pareil...
Je partage complètement l'analyse que fait Tïké Eillée du brûlot de Redeker. Il ne suffit pas d'adosser le tampon "Philosophe" à la signature d'une tribune dans Le Monde pour que le lecteur croit entendre la voix de la Raison. Il suffit en revanche de parcourir les 200 commentaires de lecteurs générés par l'article pour se rendre compte que le discours a vécu. Redeker est un prof de philo plus connu pour ses soucis avec
un allumé de l'islam sur le web que pour la profondeur de sa pensée. Sa contribution au Monde n'était qu'une énième tentative de nous persuader que le simple fait de se poser des questions à propos de la version "officielle" du 11 septembre fait de chacun de nous un antisémite en puissance... Heureusement, il est clair que cette construction intellectuelle sans fondement trouve chaque jour un peu plus ses limites.
La thématique "conspirationnisme-révisionnisme-antisémitisme" est un jeu sémantique odieux —et insultant quand on sait qu'aux USA les gens les plus
impliqués dans la demande de vérité sur le 11 septembre sont pour beaucoup des proches de victimes— mais c'est un jeu qui semble aujourd'hui devoir faire long feu...





Un naufrage médiatique
Par Tïké Eillée

Le 11-Septembre n’est pas seulement un terrible attentat terroriste. C’est aussi un naufrage médiatique. Deux principaux griefs peuvent en effet être adressés aux grands médias : d’abord, leur tendance à occulter les remises en question sérieuses de la version bushiste des attentats, pour faire leurs choux gras de polémiques "people" très secondaires, en n’hésitant pas d’ailleurs à mener de véritables procès en sorcellerie contre les sceptiques ; ensuite - et surtout -, leur incohérence lorsqu’ils défendent machinalement l’histoire officielle et descendent tout aussi machinalement ceux qui s’en éloignent, alors même que la plupart des informations contredisant cette version émanent de leurs propres colonnes !

L’article qui suit traite du premier grief. Un second article portant sur le deuxième grief sera proposé dans quelques jours.



Une hiérarchie de l’information inversée

Le 29 février 2008, le site Marianne2 exhumait une vidéo vieille d’un an, où l’on entendait l’actrice française - nouvellement oscarisée - Marion Cotillard dire qu’elle croyait "plutôt" aux théories du complot, notamment sur le 11-Septembre. Une déclaration d’une poignée de secondes, faite à deux heures du matin dans les catacombes parisiennes, lors d’une interview à bâtons rompus. Presque tous les journaux diffusèrent cette "information". Marianne2 consacra même quatre articles (1-2-3-4) à cette pseudo-affaire ! En revanche, aucun grand média français ne relaya l’intervention au parlement japonais, le 11 janvier 2008, du député et membre du Parti démocrate Yukihisa Fujita, où il exprimait ses doutes sur le 11-Septembre et la "guerre contre le terrorisme". Une intervention surréaliste (à voir absolument !) d’une trentaine de minutes, photos du World Trade Center 7 et du Pentagone à l’appui, dans le deuxième pays le plus puissant du monde (économiquement), et allié des États-Unis. Pas un mot non plus de la projection du film Zéro enquête sur le 11-Septembre de l’eurodéputé italien Giulietto Chiesa, le 26 février 2008, dans l’enceinte même du Parlement européen à Bruxelles.

Pas un mot non plus de la révélation ou du lapsus (on ne sait) de Benazir Bhutto, deux mois avant sa mort, lorsqu’elle déclarait qu’Oussama Ben Laden avait été assassiné par Omar Sheikh, un homme lié aux services secrets pakistanais, et emprisonné depuis février 2002 pour son implication dans le meurtre du journaliste Daniel Pearl. Giulietto Chiesa en aura averti le public italien lors d’une émission de télévision sur la Rai (21e minute) en janvier 2008. Mais en France... on préfère discourir sur le "dérapage" de Marion Cotillard... qui parvient donc à éclipser l’ancien Premier ministre du Pakistan.

Formation qualifiante pour parler du 11/9 : Hollywood ou CIA ?

L’avis d’Éric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, compte également bien peu. Personne n’aura, en effet, jugé utile de relever son point de vue sur le 11-Septembre, qu’il confia en septembre 2004 au journaliste Bruno Fay : "Bush, dès le début, n’a pas pris conscience du danger [terroriste]. Soit parce qu’il est complètement passé à côté, soit, et je crois à cette théorie du complot, parce qu’ils voulaient absolument aller en Irak pour le pétrole." Quant à des vétérans de la CIA, quelle idée saugrenue aurait-on de vouloir rendre publiques leurs opinions "décalées" ? L’hypothèse du laisser-faire américain apparaît pourtant vraisemblable à Raymond McGovern, William Christison, Robert Baer ou encore Robert Steele ; ce dernier déclara : "Je suis obligé de conclure qu’on a au minimum laissé se produire le 11/9 pour avoir un prétexte à la guerre." Quelle que soit la justesse de leurs vues, ne devraient-elles pas davantage mobiliser la presse que le sentiment, plus ou moins étayé, d’une actrice de cinéma ? D’autant que ces anciens agents américains semblent tout à fait disposés à parler ; leurs déclarations sont réfléchies, pesées, elles n’ont pas été lancées imprudemment au cours d’une conversation qui portait sur tout autre chose, avant d’être récupérées sur le web par de petits Torquemada vicieux, dont tout le plaisir semble résider dans la dénonciation de l’hérétique, en vue de son châtiment public.

N’aurait-il pas été également utile de nous informer de cette initiative prise le 13 septembre 2004 par vingt-cinq vétérans de la CIA, du FBI, de la DIA, de la FAA et des douanes, d’écrire une lettre au Congrès pour se plaindre des nombreuses failles et omissions du rapport de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre - paru le 22 juillet 2004 - et proposer leur aide dans la perspective d’une nouvelle enquête ? Épisode probablement insignifiant...

De la désinformation jusque dans le "people"

Cet étrange traitement de l’actualité du 11-Septembre semble être le symptôme de la "pipolisation" croissante de l’information : l’avis d’une star de cinéma sur une question géopolitique intéresse davantage la presse que celui d’un parlementaire ou d’un expert en renseignement. Sans doute parce qu’on imagine que le premier attirera davantage le public (qu’on suppose friand d’information spectacle et frivole) que le second, forcément plus élaboré et difficile à suivre. Surtout, l’avis d’une jeune actrice est plus facile à ridiculiser que celui d’un politicien expérimenté ou d’un vieux loup des services secrets ; les médias - français en particulier - ayant pris le parti, semble-t-il, de ne traiter les remises en cause de la version bushiste du 11-Septembre que sous l’angle de la dérision, de la caricature et de l’insulte. Cotillard s’est ainsi vue traiter de "cruche", de "conne", et les idées qu’elle défendait - avant de se rétracter sous la pression - de "négationnistes" et de "cancer", dixit Bénédicte Charles (voir à 5min20) et Philippe Cohen (voir à 7min40), respectivement journaliste et rédacteur en chef de Marianne2. Dans cette logique de "pipolisation" de l’information (où le pire reste sans doute à venir), on attend en frémissant le nouveau scandale qui émanera des analyses géostratégiques de Steevy, Jean-Pascal ou Eve Angeli...

Notons au passage, dans ce registre très secondaire du "people", le vilain mensonge (ou la simple contrevérité) proféré par Timothy Gray, rédacteur en chef au Daily Variety, dans l’émission de Canal+ L’Édition spéciale du 4 mars 2008, lorsqu’il lança, très sûr de lui : "Je ne trouve pas un autre acteur qui aurait pu dire : "En fait le 11-Septembre c’est une arnaque !" Aucun acteur n’a jamais dit ça." Ce journaliste, qui doit sans doute puiser ses informations dans le Journal de Mickey, et que Didier Allouch, le correspondant de la chaîne cryptée à Hollywood, n’a pas été capable de reprendre, devrait pourtant savoir qu’une bonne centaine de personnalités du monde artistique et du spectacle, dont des acteurs, des réalisateurs, des chanteurs, des journalistes, des écrivains, ont affiché leurs doutes sur cette question, réclamant parfois la reprise de l’enquête ; parmi les plus célèbres, citons Sharon Stone, Charlie Sheen, Martin Sheen, David Lynch, Juliette Binoche, Ed Asner, Woody Harrelson (pour les acteurs et réalisateurs) ; Willie Nelson, Eminem, Matthew Bellamy (pour les chanteurs) ; Lou Dobbs, Robert Fisk (pour les journalistes) ; John Gray, Gore Vidal, Dario Fo - Prix Nobel de Littérature 1997, Ralph Nader (pour les écrivains). Marion Cotillard n’est donc pas vraiment ce qu’on peut appeler un cas isolé.

De l’art d’éviter les vrais experts et de caricaturer l’adversaire

On se souvient du même type de polémique qui avait touché Christine Boutin, suite à l’exhumation, par le site Prochoix de Caroline Fourest et Fiammetta Venner, d’un autre cadavre numérique. Le 19 juin 2007, une interview réalisée chez Karl Zéro en novembre 2006 revenait à la surface du web, provoquant un véritable tollé : celle qui n’était pas encore ministre de la Ville et du Logement de Nicolas Sarkozy y déclarait qu’il lui semblait "possible" que George W. Bush soit derrière les attentats du 11-Septembre. Elle répondait alors à une question d’Atmoh, responsable du site ReOpen911, qui milite pour la réouverture d’une enquête internationale sur les attentats (comme les vingt-cinq agents américains cités plus haut). Les réactions de la presse unanime n’ont pas tardé : les propos de Boutin furent jugés scandaleux, irresponsables, extrêmement choquants, et le journaliste Mohamed Sifaoui appela même à la démission de la ministre, qui se faisait, d’après lui, la complice involontaire des islamistes et des terroristes.

Dans le cas de Boutin, nous avons, certes, l’avis d’une parlementaire, mais qui ne semble pas connaître de près le dossier. Sur le site Patriots Question 9/11, on trouve quelques centaines d’experts (politiques, militaires haut gradés, vétérans du renseignement, universitaires), majoritairement américains, qui paraissent maîtriser sensiblement mieux le sujet. Mais d’eux, on ne parle guère. Peut-être parce qu’ils ne collent pas avec l’idée préconçue et étriquée que la presse s’est, en général, faite de ceux qu’elle nomme "les conspirationnistes", et qui ne sont parfois, et même bien souvent, que des sceptiques ; ainsi, selon Le Nouvel Observateur, "aux Etats-Unis", ce sont "les milieux ultraconservateurs de la droite religieuse" qui "avaient développé des thèses conspirationnistes à la suite des attentats du 11-Septembre 2001." Et d’ajouter, très perspicace : "Christine Boutin, députée des Yvelines, est connue pour son engagement très catholique" ; tout s’explique... Mais, selon Marianne2, "le propos de Marion Cotillard est significatif d’une forme de dérive qui affecte les rangs de la gauche depuis quelques années"... On s’y perd un peu. De gauche ? De droite ? Ultraconservateurs ? Altermondialistes forcenés ? Libération réalise la synthèse en parlant de "militants d’extrême gauche et d’extrême droite [qui] se retrouvent au coude à coude avec les islamistes".

Pyrrhon bientôt mis à l’index ?

En tout cas, les sceptiques sont souvent assimilés par la presse à des membres d’une secte ; ainsi, Marianne2, qui ne fait pas dans la nuance, les qualifie en bloc d’"adeptes de Thierry Meyssan". On aurait donc affaire à un groupe homogène d’individus, pensant exactement la même chose, et soumis à un gourou ou maître à penser. Dans l’Antiquité, il y avait certes la secte (dans un sens non péjoratif) des sceptiques ; c’étaient les disciples de Pyrrhon, dont Victor Brochard nous rappelle comment ils aimaient à se dénommer : "Les disciples de Pyrrhon se donnent le nom de zététiques parce qu’ils cherchent toujours la vérité ; de sceptiques, parce qu’ils examinent toujours sans jamais trouver ; d’éphectiques, parce qu’ils suspendent toujours leur jugement ; d’aporétiques, parce qu’ils sont toujours incertains, n’ayant pas trouvé la vérité." Les sceptiques du 11-Septembre diffèrent des Anciens en ce qu’ils ne désespèrent pas de trouver la vérité. Parfois même, reconnaissons-le, ils croient l’avoir trouvée plus ou moins. La diversité d’opinion existe bien évidemment chez eux, comme dans n’importe quel groupe, surtout lorsqu’il comporte plusieurs millions d’individus.

Mais la presse a - trop souvent - ce fâcheux défaut de simplifier, pouvant aller jusqu’à la diffamation pure et simple. En témoigne cet article caricatural du Monde Ddiplomatique de décembre 2006, qui pare les sceptiques de toutes sortes de noms très respectueux et tempérés (n’est-ce pas ?) : "occultisme", "hébétement", "ratiocinations interminables", "théorie du complot", "instinctivement", "animosité", "vide théorique et stratégique", "fariboles", "absurdité", "adeptes du complot", "foi absolue", "postulat raciste", "fantasme", "infantilisme", "illuminé", "obsessions", "régression de la conscience". Mon Dieu ! mais qu’attendez-vous pour aller chercher la camisole de force ? On se demande si, dans ces mots, on nous parle encore d’hommes et de femmes, ou bien plutôt de bêtes sauvages, ou de mutants dégénérés tout droit sortis d’un livre de Stephen King ! Ce portrait tracé à grands traits du sceptique post-11-Septembre, auquel on peut rajouter l’épithète "porteur d’un cancer mental" (en hommage à Bénédicte Charles et Philippe Cohen), a de quoi faire réfléchir à deux fois avant de faire part de ses penchants philosophiques...

L’accusation de "révisionnisme" est la plus récurrente et la pire, comme nous l’explique, certes dans un autre contexte, Serge Halimi, journaliste au Monde diplomatique ; en octobre 2000, il avait très vivement et intelligemment réagi, dans la revue Syndikat, aux attaques dont il faisait l’objet suite à la sortie de son livre L’Opinion, ça se travaille, sur la guerre au Kosovo. Voici un bref extrait de son interview :

"Votre éditeur écrit : « Le recours à l’accusation de révisionnisme, la référence à la Shoah deviennent l’outil principal du discrédit, le dernier moyen inventé par les dominants pour museler les critiques ». [...] Qu’en pensez-vous ?

Serge Halimi : Dans le cas du Kosovo, il s’est produit quelque chose de très inquiétant : une fois qu’un certain nombre de journalistes (peu nombreux) ont voulu établir la matérialité des faits, donc rétablir la vérité, expliquer que, contrairement à ce qu’on nous disait il y a un an, il existait un certain nombre d’éléments d’information qui nous obligeaient à adopter un nouveau regard sur les événements que nous vivions, eh bien, au lieu d’accueillir cette démarche professionnelle avec allégresse, en disant « Après tout, enquêter est le propre du travail du journaliste, de la responsabilité de l’intellectuel », on a présenté cette volonté de réviser les faits à la lumière de ce qu’on avait appris comme la marque d’un « révisionnisme », terme très chargé puisqu’il est associé à la démarche de ceux qui prétendent nier la réalité du judéocide nazi en prétendant qu’il n’a jamais existé. Or, c’est le travail de l’historien, du journaliste, de l’universitaire, de « réviser » les faits à mesure que s’améliore la connaissance de ces faits. En opérant un glissement délibéré et indigne sur le terme de « révisionnisme », on a essayé de nous interdire de revenir sur ce qu’on savait de la guerre du Kosovo, quels étaient les vrais chiffres, quelle était la réalité, et dans quelles conditions l’opération s’était réellement déroulée. Dès que le mot « révisionniste » a été employé, on a cherché à faire croire que nous étions des « faurissonniens » (du nom de cet ancien universitaire qui a nié le génocide), donc proches de l’extrême droite. Ce procédé, auquel se sont prêtés un certain nombre de médias considérés comme respectables, est proprement répugnant. Il devrait disqualifier définitivement les malheureux qui s’y sont livrés. Le travail de journaliste, notre travail, c’est de réviser en permanence un certain nombre de notions tenues pour exactes à la lumière d’enquêtes qui nous permettent tantôt de les confirmer, tantôt de les nuancer, tantôt de les contredire."

L’anti-philosophe

Leçon élémentaire, mais que tous n’ont pas retenue quelques années plus tard... à commencer par Robert Redeker, consternant de bêtise dans Le Monde du 29 mars 2008 (cf. la critique de Paul Villach), qui se croit obligé de revenir sur les propos de Marion Cotillard, et veut à tout prix nous livrer son analyse du discours "conspirationniste" ; le voici donc qui fustige un "usage dément du principe du doute", consistant à ne "rien croire de ce qui nous est dit" et à "[postuler] que la vérité est l’exact contraire de la vérité affirmée et attestée", et en lequel il "reconnaît la logique négationniste". Tout cela est beau. Mais de qui parle Robert Redeker ? Qui donc se dresse systématiquement contre toutes les vérités établies pour en prendre l’exact contre-pied ? Quel est ce malade mental dont il nous entretient ? Daignerait-il nous le dire ? Est-ce la seule Marion Cotillard qu’il vise ? A-t-il donc passé de longues heures en sa compagnie pour sonder son âme, avant de se permettre une attaque aussi violente ? Ou alors, parle-t-il d’un groupe ? Est-ce à dire qu’il ait commis une étude sociologique poussée sur ce groupe ? Et pourrait-il nous en faire profiter ? La vérité, c’est que Robert Redeker se bat contre une idée, l’Idée platonicienne du Conspirationniste qu’il s’est forgée, l’être pur et idéal, archétypal, qu’il a imaginé. Redeker parle de l’idée de "conspirationnisme", et quiconque peut et doit même l’applaudir des deux mains pour sa description si juste de cette idée pure qu’il contemple et qu’il craint... Il a raison Robert : le "conspirationnisme", tel qu’il le décrit, c’est mal, c’est dangereux. L’ennui, c’est qu’il ne décrit personne de concret, et j’imagine que le fou dont il nous parle (car c’est un fou ! un type qui doute de tout et croit à tous les coups l’exact contraire de la vérité établie) n’existe pas, Dieu merci, sauf cas clinique rare...

Robert Redeker ne fait, en définitive, que reprendre à son compte la piteuse démarche que la plupart des journaux français ont employée pour traiter des remises en cause de la version officielle du 11-Septembre : amalgame de tous les sceptiques (alors qu’on attendrait précisément d’un philosophe de la nuance, de la finesse), négation de leurs différences, de leurs identités spécifiques - de leur humanité même : être homme, c’est en effet être unique et reconnu comme unique, pas assimilé à une chose interchangeable, un numéro indifférent dans une série ; puis construction d’un idéal-type du "conspirationniste" ; étude dans le vide de la psychologie de ce fantôme et des théories qu’il brode ; et, au final, oubli systématique du réel, de la réalité du 11-Septembre, des faits problématiques que les journalistes, lorsqu’ils font consciencieusement leur travail, ont rapportés (et que Redeker - mais les connaît-il ? - qualifie de "détails insignifiants") ; et, par un irrépressible besoin dont on ne perçoit pas la cause, sinon dans la vanité, écriture d’un papier caricatural, haineux, qui énerve tout le monde, réjouit certes les imbéciles, exacerbe les tensions, au lieu d’œuvrer à une bonne compréhension entre des êtres qui ont des points de vue - heureusement ! - différents.

Redeker franchit même la ligne rouge : "La négation du caractère terroriste des événements du 11-Septembre voit les juifs (appelés Américano-sionistes) derrière la manipulation. Nier l’événement du 11-Septembre, c’est affirmer la culpabilité américano-sioniste. [...] Les versions contemporaines de la "théorie du complot" se coulent dans une matrice : Les Protocoles des sages de Sion." Serge Halimi a déjà apporté la meilleure des réponses à tous ceux qui usent et abusent du négationnisme et de l’antisémitisme comme moyens terroristes pour museler l’adversaire : "Ce procédé [...] est proprement répugnant. Il devrait disqualifier définitivement les malheureux qui s’y sont livrés." Prose répugnante. Tout est dit. Par ailleurs, on serait curieux de savoir qui nie le caractère terroriste du 11-Septembre... Quel groupe significatif ? Là encore, on baigne en plein délire, en plein fantasme. Robert Redeker s’indigne de ce que certains verraient (de manière encore incroyablement simpliste) "les juifs derrière la manipulation" ; on aimerait lui demander s’il s’indigne de la même manière quand certains grands journaux mettent en cause l’Arabie saoudite ou le Pakistan. Est-ce "conspirationniste" ou non d’accuser ces deux pays ? Ou n’y a-t-il "conspirationnisme" que si l’on affirme "la culpabilité américano-sioniste" ? Enfin, Redeker peut-il comprendre que l’on puisse vouloir réviser ou amender l’Histoire (au vu d’un certain nombre d’informations rapportées), sans avoir de théorie (globale) à défendre ? En n’étant pas un dogmatique qui se cache derrière un faux scepticisme ? En n’ayant aucun coupable tout trouvé à dénoncer ? Est-ce seulement concevable pour lui ?

L’opinion publique instrumentalisée

La dénonciation du "révisionnisme" post-11-Septembre ne recule devant aucun procédé ; Marianne2 se réfugie ainsi derrière l’opinion des Américains, dont on nous dit qu’ils sont "assez peu portés à la plaisanterie sur le 11-Septembre", voulant sans doute dire par là qu’ils ne supportent pas qu’on remette en question la version des attentats avancée par l’administration Bush. Pourtant, selon une enquête de l’institut Zogby du 17 mai 2006, 45 % d’entre eux estiment qu’il faut réenquêter sur le 11-Septembre, et 55 % jugent négativement le traitement des attentats par les médias. Ne plaisantons pas, en effet... D’après un autre sondage de l’institut Zogby du 6 septembre 2007, 51 % des Américains veulent une enquête du
Congrès sur les actes du président Bush et de son vice-président Cheney avant, pendant et après les attentats. Un autre sondage a été réalisé par le New York Times et CBS News, du 5 au 8 octobre 2006, sur la bonne foi de l’administration Bush lorsqu’elle affirme qu’elle ne s’attendait pas aux attaques du 11-Septembre. Résultats : 53 % des Américains pensent qu’elle cache quelque chose, 28 % qu’elle ment (+ 20 % par rapport à un précédent sondage de mai 2002) ; seuls 16 % pensent qu’elle dit la vérité. Les Américains "assez peu portés à la plaisanterie" dont parle Marianne2 seraient-ils ces 16 % restants ? Près de la moitié, sans virer dans la "conspirationnite" aiguë, aspirent à de l’information de meilleure qualité, à l’image du célèbre et très réputé grand reporter anglais Robert Fisk : "Je suis de plus en plus troublé par les inconsistances dans la version officielle du 11-Septembre", écrivait-il le 25 août 2007 dans l’Independent, reprenant à son compte nombre des arguments techniques avancés par les sceptiques, et que la presse, en général, exècre.

***

La critique - sévère - des médias qui précède doit être tempérée. Elle doit être tempérée par un hommage rendu aux journalistes du monde entier qui ont fait correctement leur métier dans cette affaire, c’est-à-dire qui ont préféré rapporter des faits et nous informer véritablement, plutôt que nous ennuyer avec leurs billets d’humeur, dans ce jeu si facile et si vain du commentaire général, schématique et abstrait, qui prend toujours bien soin d’éviter le réel. Car ils existent bien, ces journalistes, souvent américains, mais aussi britanniques, indiens, allemands, israéliens, parfois français, qui ont écrit l’info brute, dure comme le roc - pas évanescente comme une analyse psychologisante à la Redeker -, quitte à contredire une histoire trop prématurément figée dans le marbre. Ces journalistes et les informations qu’ils ont publiées, ici ou là, de façon éparpillée et peu visible, ont été assez naturellement oubliés. Par le plus grand nombre en tout cas. Internet et ses journalistes citoyens (on peut aussi les appeler, plus humblement, ses veilleurs) ont rendu possible le retour à la surface de ces informations gênantes sur le 11-Septembre, qui ne collent pas avec l’histoire communément admise. Des informations collectées qui n’ont pas pour but, précisons-le, du moins est-ce mon point de vue, de démontrer une théorie déjà ficelée... et d’accuser un coupable désigné a priori... de préférence américain ou juif (pour reprendre les coupables "obligés" dont parle Robert Redeker). Non, ces informations ont tout bêtement pour but de nous rapprocher de la réalité, complexe et récalcitrante (qui ne veut pas se donner toute seule), sans que nous n’ayons déjà la moindre idée certaine de ce qu’est cette réalité. Lee Hamilton lui-même, vice-président de la Commission d’enquête, a reconnu en 2006 que son rapport n’était qu’une "première version de l’histoire" du 11-Septembre, et prédit que "les gens enquêteront sur le 11/9 durant les cent prochaines années", et "découvriront des choses que [la Commission] a manquées." Certains, comme on le voit, n’hésitent pas à se montrer plus royalistes que le roi...

La mise en évidence du paradoxe médiatique, consistant pour les médias à accepter sans broncher et à relayer une histoire que leurs propres journalistes ont contribué à dynamiter, fera l’objet du second volet de cet article. Il sera intitulé : 11-Septembre : un sauvetage numérique ?

Voici, pour patienter, une petite allégorie marine :

Le galion Médias avait ses cales pleines de lourdes informations, et même de quelques caisses explosives. Insensiblement, il prit l’eau et sombra dans la mer. Ses cargaisons se déversèrent dans l’immensité et allèrent se terrer dans les fonds marins. Une poignée de pirates, désolés de cette perte, revêtirent leur scaphandre pour aller explorer les trésors perdus. Ils les remontèrent généreusement pour les rendre à leurs propriétaires, qui n’en voulurent point. Troublés par ce manque de reconnaissance, ils édifièrent sur leur terra incognita redoutée, appelée Net, un objet monstrueux fait de tous les trésors récoltés, qui effraie les rescapés du galion Médias lorsqu’ils le croisent, et leur fait immanquablement détourner le regard.

Source : Agoravox

jeudi 3 avril 2008

Ted Olson's Report of Phone Calls from Barbara Olson on 9/11: Three Official Denials


By David Ray Griffin

Late in the day on 9/11, CNN put out a story that began: “Barbara Olson, a conservative commentator and attorney, alerted her husband, Solicitor General Ted Olson, that the plane she was on was being hijacked Tuesday morning, Ted Olson told CNN.” According to this story, Olson reported that his wife had “called him twice on a cell phone from American Airlines Flight 77,” saying that “all passengers and flight personnel, including the pilots, were herded to the back of the plane by armed hijackers. The only weapons she mentioned were knives and cardboard cutters.”
2


Ted Olson’s report was very important. It provided the only evidence that American 77, which was said to have struck the Pentagon, had still been aloft after it had disappeared from FAA radar around 9:00 AM (there had been reports, after this disappearance, that an airliner had crashed on the Ohio-Kentucky border). Also, Barbara Olson had been a very well-known commentator on CNN. The report that she died in a plane that had been hijacked by Arab Muslims was an important factor in getting the nation’s support for the Bush administration’s “war on terror.” Ted Olson’s report was important in still another way, being the sole source of the widely accepted idea that the hijackers had box cutters.3

However, although Ted Olson’s report of phone calls from his wife has been a central pillar of the official account of 9/11, this report has been completely undermined.


Olson’s Self-Contradictions

Olson began this process of undermining by means of self-contradictions. He first told CNN, as we have seen, that his wife had “called him twice on a cell phone.” But he contradicted this claim on September 14, telling Hannity and Colmes that she had reached him by calling the Department of Justice collect. Therefore, she must have been using the “airplane phone,” he surmised, because “she somehow didn’t have access to her credit cards.”4 However, this version of Olson’s story, besides contradicting his first version, was even self-contradictory, because a credit card is needed to activate a passenger-seat phone.

Later that same day, moreover, Olson told Larry King Live that the second call from his wife suddenly went dead because “the signals from cell phones coming from airplanes don’t work that well.”5 After that return to his first version, he finally settled on the second version, saying that his wife had called collect and hence must have used “the phone in the passengers’ seats” because she did not have her purse.6


By finally settling on this story, Olson avoided a technological pitfall. Given the cell phone system employed in 2001, high-altitude cell phone calls from airliners were impossible, or at least virtually so (Olson’s statement that “the signals from cell phones coming from airplanes don’t work that well” was a considerable understatement). The technology to enable cell phone calls from high-altitude airline flights was not created until 2004.7


However, Olson’s second story, besides being self-contradictory, was contradicted by American Airlines.


American Airlines Contradicts Olson’s Second Version



A 9/11 researcher, knowing that AA Flight 77 was a Boeing 757, noticed that AA’s website indicated that its 757s do not have passenger-seat phones. After he wrote to ask if that had been the case on September 11, 2001, an AA customer service representative replied: “That is correct; we do not have phones on our Boeing 757. The passengers on flight 77 used their own personal cellular phones to make out calls during the terrorist attack.”8


In response to this revelation, defenders of the official story might reply that Ted Olson was evidently right the first time: she had used her cell phone. However, besides the fact that this scenario is rendered unlikely by the cell phone technology employed in 2001, it has also been contradicted by the FBI.


Olson’s Story Contradicted by the FBI


The most serious official contradiction of Ted Olson’s story came in 2006 at the trial of Zacarias Moussaoui, the so-called 20th hijacker. The evidence presented to this trial by the FBI included a report on phone calls from all four 9/11 flights. In its report on American Flight 77, the FBI report attributed only one call to Barbara Olson and it was an “unconnected call,” which (of course) lasted “0 seconds.”9 According to the FBI, therefore, Ted Olson did not receive a single call from his wife using either a cell phone or an onboard phone.



Back on 9/11, the FBI itself had interviewed Olson. A report of that interview indicates that Olson told the FBI agents that his wife had called him twice from Flight 77.10 And yet the FBI’s report on calls from Flight 77, presented in 2006, indicated that no such calls occurred.


This was an amazing development: The FBI is part of the Department of Justice, and yet its report undermined the well-publicized claim of the DOJ’s former solicitor general that he had received two calls from his wife on 9/11.


Olson’s Story Also Rejected by Pentagon Historians


Ted Olson’s story has also been quietly rejected by the historians who wrote Pentagon 9/11, a treatment of the Pentagon attack put out by the Department of Defense.11


According to Olson, his wife had said that “all passengers and flight personnel, including the pilots, were herded to the back of the plane by armed hijackers.”12 This is an inherently implausible scenario. We are supposed to believe that 60-some people, including the two pilots, were held at bay by three or four men (one or two of the hijackers would have been in the cockpit) with knives and boxcutters. This scenario becomes even more absurd when we realize that the alleged hijackers were all small, unathletic men (the 9/11 Commission pointed out that even “[t]he so-called muscle hijackers actually were not physically imposing, as the majority of them were between 5’5” and 5’7” in height and slender in build”13), and that the pilot, Charles “Chic” Burlingame, was a weightlifter and a boxer, who was described as “really tough” by one of his erstwhile opponents.14 Also, the idea that Burlingame would have turned over the plane to hijackers was rejected by his brother, who said: “I don't know what happened in that cockpit, but I'm sure that they would have had to incapacitate him or kill him because he would have done anything to prevent the kind of tragedy that befell that airplane.”15



The Pentagon historians, in any case, did not accept the Olson story, according to which Burlingame and his co-pilot did give up their plane and were in the back with the passengers and other crew members. They instead wrote that “the attackers either incapacitated or murdered the two pilots.”16


Conclusion

This rejection of Ted Olson’s story by American Airlines, the Pentagon, and especially the FBI is a development of utmost importance. Without the alleged calls from Barbara Olson, there is no evidence that Flight 77 returned to Washington. Also, if Ted Olson’s claim was false, then there are only two possibilities: Either he lied or he was duped by someone using voice-morphing technology to pretend to be his wife.
17 In either case, the official story about the calls from Barbara Olson was based on deception. And if that part of the official account of 9/11 was based on deception, should we not suspect that other parts were as well?


The fact that Ted Olson’s report has been contradicted by other defenders of the official story about 9/11 provides grounds for demanding a new investigation of 9/11. This internal contradiction is, moreover, only one of 25 such contradictions discussed in my most recent book, 9/11 Contradictions: An Open Letter to Congress and the Press.


NOTES


1 This essay is based on Chapter 8 (“Did Ted Olson Receive Calls from Barbara Olson?”) of David Ray Griffin, 9/11 Contradictions: An Open Letter to Congress and the Press (Northampton: Olive Branch, 2008).



2 Tim O’Brien, “Wife of Solicitor General Alerted Him of Hijacking from Plane,” CNN, September 11, 2001 (http://archives.cnn.com/2001/US/09/11/pentagon.olson).


3 This was pointed out in The 9/11 Commission Report, 8.


4 Hannity & Colmes, Fox News, September 14, 2001 (http://s3.amazonaws.com/911timeline/2001/foxnews091401.html).



5 “America’s New War: Recovering from Tragedy,” Larry King Live, CNN, September 14, 2001 (http://edition.cnn.com/TRANSCRIPTS/0109/14/lkl.00.html).


6 In his “Barbara K. Olson Memorial Lecture,” delivered November 16, 2001
(
http://www.fed-soc.org/resources/id.63/default.asp),
Olson said that she “somehow managed . . . to use a telephone in the airplane to call.” He laid out this version of his story more fully in an interview reported in Toby Harnden, “She Asked Me How to Stop the Plane,” Daily Telegraph, March 5, 2002 (
http://s3.amazonaws.com/911timeline/2002/telegraph030502.html).



7 I discussed the technical difficulties of making cell phone calls from airliners in 2001 in Debunking 9/11 Debunking: An Answer to Popular Mechanics and Other Defenders of the Official Conspiracy Theory (Northampton: Olive Branch, 2007), 87-88, 292-97.



8 See the submission of 17 February 2006 by “the Paradroid” on the Politik Forum (http://forum.politik.de/forum/archive/index.php/t-133356-p-24.html). It is quoted in David Ray Griffin, 9/11 Contradictions: An Open Letter to Congress and the Press (Northampton: Olive Branch, 2008), 75.



9 United States v. Zacarias Moussaoui, Exhibit Number P200054 (http://www.vaed.uscourts.gov/notablecases/moussaoui/exhibits/prosecution/flights/P200054.html). These documents can be more easily viewed in “Detailed Account of Phone Calls from September 11th Flights”
(http://911research.wtc7.net/planes/evidence/calldetail.html).


10 FBI, “Interview with Theodore Olsen [sic],” “9/11 Commission, FBI Source Documents, Chronological, September 11,” 2001Intelfiles.com, March 14, 2008,
(
http://intelfiles.egoplex.com:80/2008/03/911-commission-fbi-source-documents.html).



11 Alfred Goldberg et al., Pentagon 9/11 (Washington DC: Office of the Secretary of Defense, 2007).


12 O’Brien, “Wife of Solicitor General Alerted Him of Hijacking from Plane.”


13 9/11 Commission Staff Statement 16
(
http://www.9-11commission.gov/staff_statements/staff_statement_16.pdf).



14 Shoestring, “The Flight 77 Murder Mystery: Who Really Killed Charles Burlingame?” Shoestring911, February 2, 2008 (http://shoestring911.blogspot.com/2008/02/flight-77-murder-mystery-who-really.html).


15 “In Memoriam: Charles ‘Chic’ Burlingame, 1949-2001,” USS Saratoga Museum foundation (available at http://911research.wtc7.net/cache/planes/analysis/chic_remembered.html).


16 Alfred Goldberg et al., Pentagon 9/11 (Washington DC: Office of the Secretary of Defense, 2007), 12.


17 Of these two possibilities, the idea that Ted Olson was duped should be seriously entertained only if there are records proving that the Department of Justice received two collect calls, ostensibly from Barbara Olson, that morning. Evidently no such records have been produced.


This article is based on Chapter 8 of Dr. Griffin's new book, "9/11 Contradictions: An Open Letter to Congress and the Press," (Northampton: Olive Branch, 2008).


This book reframes the central events of 9/11 as a series of 25 internal contradictions. The only way that its readers will be able to continue to accept the official story is to accept mutually contradictory accounts.


"9/11 Contradictions" may have the best chance of any of DRG's books (or indeed any book) of opening up a new investigation into 9/11.


David Ray Griffin is a frequent contributor to Global Research. Global Research Articles by David Ray Griffin

Source : globalresearch.ca

mercredi 2 avril 2008

USA : de l’état d’urgence à l’état d’exception permanent

Par Jean-Claude Paye

Le 11 Septembre n’aura été qu’un prétexte pour suspendre temporairement, puis définitivement, de nombreuses libertés publiques et individuelles aux États-Unis. Le sociologue Jean-Claude Paye analyse le renouvellement du Patriot Act, les dispositions maintenues et celles qui ont été amendées. Il montre que les procédures dérogatoires adoptées dans la panique des attentats de New York et Washington sont devenues permanentes sans soulever d’amples contestations. Cette évolution ne prendra pas fin avec le mandat de George W. BUsh, elle n’est d’ailleurs pas fondamentalement remise en cause par les candidats à sa succession.




Le renouvellement du Patriot Act a permis d’inscrire dans la durée des mesures qui, lors de leur première adoption en 2001, furent justifiées par une situation d’urgence. Les dispositions d’exception prises par le gouvernement états-unien, après les attentats du 11 septembre 2001, se fondent sur le vote du Congrès stipulant : « que le Président est autorisé à utiliser toutes les forces nécessaires et appropriées contre les nations, organisations ou personnes qui ont planifiés, autorisés, commis ou aidés les attaques terroristes survenues le 11 septembre 2001…. » [1]



C’est ainsi que le Patriot Act autorise l’incarcération, sans procès ni inculpation, pour une durée indéterminée d’étrangers soupçonnés de terrorisme, tout en installant une surveillance généralisée de la population. Certaines de ces mesures de contrôle sont permanentes, d’autres furent votées pour une période de quatre ans. Ces dernières, contenues dans 16 articles, venaient à expiration fin 2005 [2]. Pour pouvoir être prolongées, elles devaient faire l’objet d’un vote des deux Chambres autorisant leur réinstallation.


Le Patriot Act Reauthorization


Si le Patriot Act fût voté très rapidement, ce ne fût pas le cas de son renouvellement. Le président George Bush ne put signer « The Patriot Act Improvement and Reauthorization Act [3] que le 9 mars 2006. C’est au niveau du Sénat que la résistance s’est organisée, des sénateurs ayant même pratiqué la procédure du « flibustier », qui consiste à prendre et garder la parole pour empêcher tout vote. Pourtant, si ce processus interminable a permis, pour la première fois, une discussion parlementaire sur le contenu et les enjeux de la loi, le projet gouvernemental finira par être adopté. Les dispositions contenues dans le Patriot Act ont pour effet d’augmenter considérablement les pouvoirs de l’exécutif et principalement ceux du FBI. Les quelques aménagements apportés, à travers la procédure de renouvellement de la loi, sont loin de rétablir l’équilibre en faveur du pouvoir judiciaire. Les opposants au Patriot Act voulaient installer des mesures de contrôle garantissant les libertés individuelles, tandis que le gouvernement voulait profiter de ce vote pour augmenter les prérogatives du FBI. Les discussions se déroulèrent pendant une dizaine de mois, mais le gouvernement est parvenu à éviter que les dispositions permanentes soit réinstallées avec des contrôles judiciaires contraignants et a fait transformer 14 des mesures temporaires, adoptées en 2001 comme procédures d’urgence, en dispositions permanentes.



Est prolongé, l’article 213, une procédure permanente qui installe des techniques d’enquêtes très intrusives, dénommées « sneak and peek ». Il autorise le FBI à pénétrer dans un domicile ou un bureau en l’absence de l’occupant. Durant cette enquête secrète, les agents fédéraux sont autorisés à prendre des photos, à examiner le disque dur d’un ordinateur et à y insérer un dispositif digital d’espionnage, dénommé « lanterne magique ». Une fois installé, ce système enregistre toute activité informatique, sans que celle-ci soit transmise sur le Net. Cette possibilité existe déjà dans la procédure criminelle classique, mais elle est alors soumise à l’autorisation d’un tribunal et les agents doivent notifier immédiatement la procédure à la personne concernée. Avec le Patriot Act, la notification fut reportée à trois mois ou plus, si un tribunal l’autorise. De plus, le gouvernement avait la possibilité de reporter indéfiniment celle-ci pour des raisons de « sécurité nationale ». L’accord, pris lors de la procédure de renouvellement, fut de fixer impérativement ce délai à 30 jours [4].


Une autre procédure permanente est prorogée, celle installée par la clause 505, qui élargit les possibilités, accordées au FBI et à des administrations, d’obtenir des « lettres de sécurité nationale », une forme de citation administrative donnant accès à des données personnelles, médicales, financières, aux données des agences de voyage, de location de voitures et des casinos, ainsi qu’aux fichiers de bibliothèques [5]. Avant le Patriot Act, les « lettres de sécurité nationales » étaient limités aux cas de personnes « en liaison avec un pouvoir étranger ». La section 505 étend la capacité du FBI d’obtenir une telle autorisation en dehors de ce cadre. Le champs d’utilisation de cette procédure est ainsi largement étendu à toute activité criminelle. Lors des débats parlementaires, il est apparu que le gouvernement utilise 30 000 « lettres de sécurité nationale », chaque année depuis les attentats du 11 septembre. [6]


Un état d’urgence permanent


Les mesures contenues dans les articles 212 et 214 étaient temporaires et sont devenues permanentes. L’article 212 autorise les compagnies de téléphone et les fournisseurs d’accès Internet à divulguer, au gouvernement, le contenu et l’enregistrement des communications, si ces compagnies estiment qu’elles présentent un danger de mort ou qu’elles constituent une « injure grave. » Il n’y a pas de contrôle judiciaire, tel qu’un examen par un tribunal des résultats de la transmission d’informations par l’opérateur. Il n’y a pas non plus de notification de cette transmission à la personne concernée. Ces informations pourront être utilisées dans des enquêtes criminelles et pas seulement en matière de terrorisme.



La section 214 facilite l’obtention par le FBI, dans le cadre du Foreign Intelligence and Security Act de 1978, des données de connexions électroniques entrantes et sortantes. Cette saisie ne nécessite pas de mandat judiciaire. Avant le Patriot Act, le gouvernement devait prouver que la personne surveillée était un agent d’une puissance étrangère. Maintenant, il doit simplement signifier que l’information saisie est en « relation » avec une enquête relative au terrorisme. Le caractère vague de cette qualification permet de justifier n’importe quelle recherche.


L’article 209 est également devenu permanent. Il élargit la capacité de se saisir légalement de messages vocaux. Avant le Patriot Act, capturer de tels messages sur un répondeur installé dans un domicile nécessitait un mandat judiciaire. Les messages vocaux envoyés par un fournisseur de services nécessitait l’ordonnance d’un tribunal. De telles autorisations offrent plus de protections qu’un simple mandat de recherche qui est accordé sur sur la notification qu’« présomption raisonnable permet de penser qu’un délit va être commis ».


La section 209 amende la loi afin de traiter les messages vocaux comme de simples messages électroniques. Ainsi, la possibilité de saisie a été considérablement étendue. Tout procureur a la possibilité, a tout moment, d’accorder une telle autorisation. Si la saisie est effectuée sur des messages envoyés, et non sur un répondeur placé dans un domicile, elle peut être effectuée sans notification à la personne concernée.


L’article 218, devenu également permanent, autorise des recherches secrètes, sans notification, dans un domicile ou un bureau, si il y a une une « présomption raisonnable » de penser que le domicile ou le bureau contienne des informations relatives à l’activité d’un agent d’une puissance étrangère, sans qu’il y ait nécessairement la preuve ou l’indice d’un délit. Les agents obtiennent un mandat d’une cour secrète, mise en place par le FISA [7] Avant le Patriot Act, les agents fédéraux devaient certifier que l’objectif premier de la recherche portait sur l’obtention de renseignements en rapport avec l’étranger. L’article 218 abaisse ce standard, puisque les agents doivent seulement déclarer que la saisie d’informations en connexion avec l’étranger est un « objectif significatif » de la recherche. [8]



L’article 207 porte de 30 jours à 6 mois, avec des possibilités de renouvellement pouvant aller jusque un an, le temps pendant lequel des connections, en matière de renseignement en liaison avec l’étranger, peuvent être utilisées, avant qu’une autorisation doive être demandée à un tribunal. Cette disposition est aussi devenue permanente, tout comme celle contenue dans l’article 216, qui permet, à un juge fédéral ou à un magistrat d’une autre juridiction, de délivrer un un mandat permettant d’enregistrer les données, entrantes et sortantes, d’une connection électronique, mandat qui ne précise pas le n° IP concerné et qui peut être délivré partout sur le territoire états-unien.

Il s’agit d’un véritable un chèque en blanc donné aux agents fédéraux. Pour obtenir l’autorisation, l’agent doit simplement certifier que l’information recherchée est « pertinente dans la recherche d’un crime en exécution ». Le juge doit délivrer l’autorisation, dès réception de l’attestation, même si il n’est pas d’accord avec la procédure engagée.


Identité entre travail de renseignement et enquête criminelle


La procédure de renouvellement du Patriot Act a aussi permis de prolonger pour quatre ans la section 6001 de l’Intelligence Reform and Terrorism Prevention Act of 2004, qui autorise une surveillance de personnes isolées, soupçonnées d’être des terroristes [9] Ces individus sont désignés comme « loups solitaires ». Ils feraient partie du terrorisme international, mais agiraient seuls. Cet article redéfinit la notion « d’agent d’un pouvoir étranger » en incluant, dans celle-ci, les personnes engagées dans « le terrorisme international » ou dans des « activités terroristes en préparation ». Ainsi, pour être considéré comme un agent d’une puissance étrangère, il n’est plus nécessaire d’être en liaison avec un tel pouvoir. Cette disposition s’applique aux personnes ne disposant pas de la nationalité américaine.



Sont prolongées pour une nouvelle période de quatre ans, les mesures contenues dans les articles 215 et 206 du Patriot Act. La section 215 permet, moyennant une autorisation secrète d’un tribunal, au FBI d’avoir accès aux données médicales, aux comptes bancaires, aux données d’emprunt des bibliothèques ou de « toute chose tangible », sans qu’il soit nécessaire, pour les enquêteurs, de montrer que cette recherche porte sur des faits en connexion avec le terrorisme ou avec une puissance extérieure. Si le FBI doit préciser que l’ordonnance est demandée pour une enquête en matière de renseignement extérieur ou de terrorisme, il ne doit pas établir une qu’il existe une « présomption raisonnable » de l’existence d’un rapport entre les enregistrements demandés et une puissance étrangère.

Les personnes concernées ne pouvaient parler à personne à propos de cette action. L’accord intervenu leur permet de mettre en question cette procédure après un délai d’un an. Il y est ainsi introduit un processus formel de contestation qui n’existait pas auparavant. Cependant, le gouvernement a la possibilité d’empêcher cette procédure pour des raisons de sécurité nationale [10]


Quant à l’article 206, il autorise l’utilisation de connexions « nomades ». Les agents du FBI n’ont pas besoin d’identifier le suspect pour obtenir l’autorisation d’installer leur dispositif de surveillance des communications. Est installée une connexion « sous couverture » à l’ensemble des téléphones installés dans le voisinage de la personne ciblée ou à ceux de ses relations, sans qu’il soit nécessaire de montrer que l’individu surveillé utilise ces appareils. Cela explique pourquoi, un tel dispositif est appelé connexion « John Doe ». Ne devant pas nommer la personne devant être surveillée, le gouvernement peut légalement surveiller le téléphone de n’importe quel individu, sans avoir à montrer que ce dernier est en relation, d’une manière ou d’une autre, avec une puissance étrangère, avec le terrorisme ou même en rapport avec une quelconque activité criminelle.

Avant le Patriot Act, les connexions « nomades » étaient utilisables uniquement dans des investigations criminelles, y compris en matière de terrorisme, mais n’étaient pas permises dans des investigations en matière de renseignement. L’enquête criminelle comprend une série de mesures de sauvegarde en matière de protection de la vie privée. Une telle connexion doit spécifier l’identité de la personne surveillée ou le téléphone posé sous surveillance. Pour passer d’un appareil à un autre, le gouvernement doit s’assurer que l’objectif identifié par le mandat utilise actuellement cet appareil. Avec le Patriot Act, les connexions nomades, qui passent d’un appareil à un autre, sont autorisées en matière de renseignement, comme enquêtes sous FISA, sans inclure ces mesures de protection.


Le Patriot Act, notamment à travers les articles 206 et 215, généralise, à l’ensemble des matières criminelles, des dispositions établies, en matière d’espionnage, par le Foreing Intelligence Surveillance Act de 1978. Cette dernière loi, donne dans ces matières des pouvoirs exceptionnels à l’administration, en soustrayant ses actes à un véritable contrôle judiciaire, autre que l’autorisation, préalable et sans suivi, de tribunaux d’exception, souvent secrets.



Le Patriot Act estompe la différence entre enquête criminelle et travail de renseignement en permettant au FBI de conduire des recherches sous le Titre III (matière criminelle) et d’obtenir les autorisations nécessaires sous les procédures et avec les garanties réduites du FISA. Il a aussi créé des autorisations permanentes pour l’échange d’informations entre agences de renseignement et services de police, permettant de dépasser les barrières administratives empêchant de telles connexions. L’article 905 autorise le ministre de la Justice (Attorney Général) à saisir le directeur du National Intelligence afin de fournir des preuves obtenues par des procédures de renseignement, telles les recherches sous couverture, à une procédure judiciaire. L’article 504 autorise le transfert de renseignements FISA vers les divisions criminelles. [11] Le département de la Justice a admis avoir envoyé environ 4 500 dossiers FISA vers la division criminelle. Le nombre de poursuites engagées est inconnu [12].


Le renouvellement du Patriot Act permet d’inscrire dans la durée des mesures qui, lors de leur première adoption en 2001, furent justifiées par une situation d’urgence. En devenant permanentes, ces mesures de surveillance intrusives deviennent la base d’un nouvel ordre politique qui donne à l’administration des prérogatives revenant au pouvoir judiciaire. Cependant, contrairement à la première version, votée par la Chambre en juin 2005, la forme juridique adoptée reste celle de l’état d’exception permanent et non directement celle de la dictature. La résistance du Sénat a permis de garder et d’introduire quelques possibilités formelles de contrôle et de recours judiciaires, sans que celles-ci entament réellement les prérogatives du FBI et du gouvernement.


Jean-Claude Paye

Jean-Claude Paye est sociologue.


Derniers ouvrages publiés : La Fin de l’État de droit, La Dispute 2004 ; Global War on Liberty, Telos Press 2007





[1] Authorization for Use of Military force, Pub. L. 107-40, &&1-2, 115 Stat. 224.


[2] « USA Patriot Act Sunset », Electronic Privacy Information Center.



[3] H.R. 3199, version finale.


[4] Sen.John E. Senunu, « Patriot Act deal balances liberty, security, Washington Memo, February, 12, 2006.


[5] « National Security Letters and your Privacy », ACLU.



[6] Idem.


[7] Le Foreign Intelligence and Security Act de 1978 établit une Cour spéciale chargée d’autoriser des opérations de surveillance « ’d’agents d’un pouvoir étranger’. Il s’agit d’un Cour secrète composée de 11 magistrats désignés par le ministre de la Justice. Source : Electronic Privacy Information Center.


[8] « Memo to interested Persons Outlining What Congress Should Do About the Patriot Act Sunsets », ACLU, March, 28, 2005.



[9] Intelligence Reform and Terrorism Prevention Act of 2004 ; « Lone Wolf » Amendement to the Foreign Intelligence Surveillance Act.


[10] « Conyers calls Patriot Act reauthorization ’dangerous’ », February, 28, 2006,


[11] Kate Martin, « Why Section 203 and 905 Should be Modified », American Bar Association’s Patriot Debates,



[12] Oversight answers, submitted by Jamie E. Brown, Acting Assistant Attorney General, May 13, 2003, on file with the House Judiciary Committee.



Reprise Voltaire via Reopen911-News

mardi 1 avril 2008

Dick Cheney arrêté par l'armée US et la police de Washington


Par Pascal Premier
AFP - Mardi 1er avril, 03h57

WASHINGTON (AFP) - Le vice-président américain Dick Cheney vient d'être arrêté dans son bureau de la Maison-Blanche au terme d'une opération menée conjointement par les services spéciaux de l'armée US (US Army Special Service Division) et la police de Washington (UWPD). L'opération militaire aurait été préparée de longue date et portait le nom de code "April Fool's".

Selon les porte-paroles de l'armée US et la police de Washington, les charges retenues à l'encontre du vice-président Cheney porteraient sur des accusations de "haute trahison" et "crimes de guerre tombant sous le coup des droits US & internationaux".

Le vice-président Cheney a été emmené "pour interrogatoire" dans une base de l'armée de l'air américaine (USAF) dont le nom et la localisation n'ont pas été rendus publiques.

Le président Bush a réuni un conseil de crise à la Maison-Blanche et a laissé entendre qu'il "s'adresserait aux Américains au terme de cette réunion" dont la durée n'a pas cependant pas été précisée.

La situation du pays est à l'heure actuelle des plus floues, de nombreux spécialistes craignent que certains états-majors de l'armée US ou le président Bush lui-même ne prennent l'initiative d'une proclamation de la loi martiale dans les heures à venir.

Source : AFP