
Qu'on ne s'y trompe pas, l'assaut conduit par le Gouvernement Sarkozy contre le "piratage sur Internet" n'a pas grand-chose à voir avec la protection du droit d'auteur et la création artistique, mais bien avec la mise en place d'un début de filtrage - et donc de contrôle - de la Toile.
En imposant aux fournisseurs d'accès Internet (FAI) un filtrage technique (afin de repérer les téléchargements), c'est un principe vital de l'Internet que le Gouvernement Français va ébranler : celui de la "Neutralité de réseaux", qui veut que les FAI ne soient jamais autre chose que des "robinets" techniques, offrant un débit maximal de flux d'informations sans jamais mettre leur nez dedans, donc sans filtrer. Pour les questions juridiques, des archivages existent, qui permettent sur requête aux forces de l'ordre de tracer et d'identifier les auteurs de délits. Mais ce qui fonctionne en matière criminelle n'est pas utilisable en matière de téléchargement, ne serait-ce qu'en raison du nombre massif de "pirates"...
La neutralité des réseaux est un principe et un idéal garant de la liberté d'accès à l'information, à la connaissance et à quantité de services que seul Internet peut offrir aux plus pauvres, aussi bien dans un Occident riche que dans le reste du monde.
Permettre aux sociétés commerciales que sont les fournisseurs d'accès Internet de commencer à filtrer brise un tabou et ouvre la porte au filtrage commercial de la Toile qui, au grès des alliances entre groupes de communication et FAI aboutirait à l'apparition d'un web à deux vitesses, avec des contenus "à la carte", plus ou moins de vitesse et surtout plus ou moins de contenu, de plus ou moins bonne qualité, en fonction de vos moyens...
Enfin, la privatisation intense de la sécurité et du renseignement au cours de ces dernières années a rendu les frontières entre les services étatiques et les officines privées très poreuses... Ce sont donc bien les libertés civiles fondamentales auxquelles le gouvernement Sarkozy s'attaque à travers la loi HADOPI, sous le prétexte fallacieux de défendre la création artistique...
Alors la question se pose : comment résister ?
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Obsolète avant même d’être voté, Hadopi est représentatif du climat liberticide ambiant, de la considération gouvernementale envers les jeunes (des pompes à fric) et de la collusion entre le législateur et des industries discographiques et audiovisuelles qui, si elles s’appliquaient à elle-mêmes la logique néo-libérale qu’elles défendent, devraient disparaitre puisque ayant systématiquement refusé de s’adapter aux nouvelles technologies. Les majors ont le même discours culpabilisant et répressif au sujet d’Internet depuis 1993.
Tu m’étonnes : Une galette DVD coute entre 1 et 20 centimes à fabriquer, elle est vendue entre 9 et 30 euros. Qui sont les voleurs ?
J’ai demandé à Grand François, cinéaste largement spolié par les producteurs bien avant la création d’internet, ce qu’il pensait de la loi Hadopi.
Passons du Black-Out au Burn-out.
Hadopi se combat d’une façon simple : En téléchargeant massivement.
Vidéo et texte de Seb Musset
Via Bob34 sur AgoravoxTVLire aussi sur PC Impact : Le filtrage, cheval de Troie du projet de loi antipiratage





